Les Anciennes Usines Picon, le Marseillais Amer 9 Boulevard National, 13001 Marseille
7507
Arrondissement : 1er

D’origine marseillaise Le Picon ? cet amer de couleur caramel qui accompagne traditionnellement la bière notamment dans l’Est et le Nord ? et bien en partie oui ! Les usines, sa superbe verrière Eiffel, les appartements des cadres et des employés, les garages techniques et sa salle de bal (toujours existante) se trouvaient dans de superbes immeubles occupant tout un pan de quartier entre le Boulevard National, la Rue du Coq, la rue de la Rotonde et la rue des Abeilles. Une partie des façades , encore estampillées « Picon », ont commencé à être entièrement rénovées depuis mai 2018. Le Picon est élaboré à base de zestes d’oranges frais et séchés puis macérés dans une solution d’alcool puis mis en distillation. Le Picon nécessite également des racines de gentiane et du quinquina, tous deux macérés également. Du sirop de sucre et du caramel sont ajoutés par la suite. 

Les Anciennes Usines Picon, MarseilleLa famille Picon quitte la province de Gênes où elle était implantée pour Marseille en 1815. Là, le jeune Gaétan Picon (1809-1882) devient apprenti dans une distillerie.

Plus tard, engagé dans l’armée en Algérie, il attrape comme tant de ses camarades une « fièvre maligne » ; il invente alors une mixture à base de zestes d’orange, de quinquina et de gentiane macérés dans de l’eau-de-vie présentant des propriétés fébrifuges et désaltérantes.

Fixé à Philippeville (renommée Skikda) en 1832, puis à Alger, il améliore sa formule et la commercialise, à partir de 1837, comme apéritif sous le nom d’amer africain.

Les Anciennes Usines Picon, MarseilleEn 1862 eut lieu l’Exposition universelle de Londres. Le gouvernement invita les industriels français à y prendre part. Le sous-préfet de Philippeville, Jean-Baptiste Nouvion, ne manqua pas d’insister auprès de Gaétan Picon dans ce sens.

Ces manifestations n’étant pas encore entrées dans les mœurs, il fit la sourde oreille. Ce que voyant, le sous-préfet entêté prit sur lui, à l’insu du fabricant, d’expédier une caisse d’amer africain à Londres.

Le produit, appartenant alors aux apéritifs de catégorie Bitter (amer), est couronné d’une médaille de Bronze lors de l’Exposition universelle de Londres en 1862, ce qui fera sa fortune. Gaétan Picon, rentré en métropole, créa sa première usine de fabrication du Picon (titrant à l’époque 21°), désormais appelé ainsi, à Marseille.

Les Anciennes Usines Picon, MarseilleL’entreprise donna ainsi son nom au quartier qui l’entoure mais également à la gare SNCF de Picon-Busserine située dans le 14e arrondissement de la cité phocéenne. L’usine n’utilisant que les écorces d’oranges, les fruits pelés étaient revendus à des maraîchères les proposant du coup à un prix très concurrentiel.

Quelques maisons marseillaises ont fait un effort particulier en réalisant un stand individuel lors de la gigantesque Exposition Coloniale de Marseille de 1906 : Rivoire et Carret (pâtes alimentaires), Noilly Prat (vermouth) et Amer Picon qui a réalisé un pavillon de style oriental car son apéritif, rendu célèbre par Pagnol avec le fameux problème des tiers, est fabriqué à partir d’écorces d’oranges.

Selon le réglement de copropriété de l’immeuble Picon, il est indiqué que le 24 mars 1904, Honoré Picon à cédé tous les droits lui appartenant dans la société en liquidation Picon & Compagnie et par conséquent tous les droits lui appartenant dans l’immeuble.

De nos jours, le Picon peut être mélangé au vin blanc alors que traditionnellement il est à la bière, ce mélange est plutôt apprécié en Belgique francophone. Depuis 1989, le Picon titre 18°.

Depuis 1995, le Picon s’est diversifié, on retrouve désormais deux apéritifs différents. L’original : le Picon bière, qui accompagne la bière. Le Picon club, à consommer en cocktail avec du vin blanc sec. En 2003, la marque écoulait 70 % de son stock dans le Nord et l’Est de la France. La production totale s’élevait à quatre millions de bouteilles.

Le terme « Picon » est une marque commerciale distribuée par Moët Hennessy Diageo, coentreprise des groupes LVMH et Diageo.

Quant à l’immeuble marseillais il accueille aujourd’hui de nombreux logements, des entreprises et le Consulat du Niger. La salle de bal se trouvait en 2019 dans un appartement de particuliers…des professeurs de danse ! Les anciens garages permettant de réparer les camions de livraison de Picon appartiennent à présent à des propriétaires privés.


Immeuble Picon et sa verrière Eiffel à Marseille

Immeuble Picon et sa verrière Eiffel

Picon au cinéma

Dans le film pré-code Le dernier vol (1931), du réalisateur allemand William Dieterle, qui raconte les aventures d’un groupe d’aviateurs américains noyant leurs angoisses dans les bars parisiens à l’issue de la Première Guerre mondiale, Richard Barthelmess (jouant le rôle de Cary) commande deux Picon citron pour lui et Helen Chandler (jouant le rôle de Nikki). Devant la surprise de la jeune femme, il ajoute : « Très rafraîchissant ! Pour rire et s’amuser ».

Dans le film Marius (1931) de Marcel Pagnol, on assiste à la préparation d’un Picon-Curaçao-Citron dans la fameuse scène du « verre à quatre tiers » avec Raimu et Pierre Fresnay.

Dans Un singe en hiver (1962) de Henri Verneuil, Gabriel Fouquet (Jean-Paul Belmondo) s’enivre au Picon-bière dans un café de Tigreville, près de Deauville. C’est le départ d’une course au rêve et à l’ivresse entre Fouquet et le patron de son hôtel, Albert Quentin, interprété par Jean Gabin.

Dans le film Le Père Noël est une ordure (1982), de Jean-Marie Poiré, Zézette, le personnage joué par Marie-Anne Chazel, accuse son amant Félix d’avoir bu trop de Picon-bière.


Picon dans la chanson

Exposition Coloniale de Marseille de 1906, Pavillon Picon

Exposition Coloniale de Marseille de 1906, Pavillon Picon

Dans le poème Père nourricier de Camille François, mis en musique par Bourvil, sur son disque Bourvil récite 9 poèmes de Camille François (1957), un père s’adressant à son bébé exprime son désir de boire du Picon : « Ce que je veux, c’est porter la culotte. Boire le Pernod, le Picon citron. Jouer au billard, à la belote. Oh ! Nom d’une pipe, c’est l’heure du biberon ».

Dans sa chanson Pochtron ! sur l’album Morgane de toi (1983), le chanteur Renaud consacre quelques vers au Picon : « Le Picon-bière, c’est redoutable. Même les Belges y s’y aventurent pas. Ça vous fait glisser sous la table. Comme un rat ».

Patricia Kaas, dans la chanson Elle voulait jouer cabaret tirée de son premier album studio Mademoiselle chante… (1988), évoque « Un fond de Picon-bière qui rend à moitié fou ».

Mano Solo, dans la chanson Soir de retour , extraite de son deuxième album studio Les années sombres (1995), dépeint une soirée dans un bar de Pigalle où l’on boit du Picon-bière : « Et tout glisse au Noctambules, un Picon-bière, le même que dans la France entière ».

Dans sa chanson Le Moucheron , extraite de l’album Qu4tre (1999), Thomas Fersen narre l’histoire d’un jeune homme désœuvré se désaltérant d’un Picon : « Autant aller prendre un pot. Pour procurer du repos. À mes pieds, à mon cerveau.Oui, mais voilà qu’à nouveau. Un moucheron. Tourne en rond. Tourne en rond. Dans mon Picon ».


SOURCES Wikipédia
PHOTOS Google Street View & Publicité Picon & Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com

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