Rue Armand Bédarride, Grand Orient & Street-Art Rue Armand Bédarride, 13006 Marseille
4473
Arrondissement : 6ème

Cette petite rue très discrète qui relie le Cours Julien au Cours Lieutaud par un grand escalier est peut-être la plus intéressante de Marseille en matière de Street-Art avec une explosion de couleurs et des créations de qualité imaginées par de grands noms du graff…c’est aussi ici que siège la grande maison de la maçonnerie marseillaise ainsi qu’une salle de concert, L’Arthémuse

Rue Armand Bédarride MarseillePas un centimètre carré de mur n’aura échappé aux inspirations d’une multitudes d’artistes street-art, tels que, en autre, le crew NPK, Bebar, Freaks The FabLala Saïd Ko, Nhobi, Russ…de très belles créations à découvrir dans l’onglet « Photos » de cette fiche.

Quant à Armand Bédarride, à qui la rue rend hommage, ce n’était pas un artiste de rue, loin de là, mais un avocat et franc-maçon né au Pré-Saint-Gervais le 24 avril 1864 et mort à Marseille le 5 décembre 1935. En effet la rue qui s’appelait autrefois Piscatoris (nom d’un vallon marseillais), sera renommée du fait de la présence d’une loge maçonnique des membres du Grand Orient.

Elle siège ici au n°24 de la rue dans une ancienne fabrique de tuile. La Loge compte cinq temples, un au premier étage, quatre au second. Au rez-de-chaussée, la « salle humide » (lieu traditionnel de discussion du projet franc-maçon), ornée de fresques, accueille le bar et la salle à manger.

Rue Armand Bédarride MarseilleCet édifice a remplacé l’historique temple maçonnique à l’angle de la rue Crudère et du cours Julien, sur l’emplacement de l’actuel Espace Julien…il est renommé pour être au XVIIIème siècle l’un des plus richement décorés au monde.

Le déménagement dans la rue Bédarride date de la seconde moitié du XIXème siècle. Excepté lors de leur expropriation de ce local, en 1940, les francs-maçons l’ont toujours occupé.

Armand Bédarride, après de solides études classiques à Paris, s’installe à Marseille en 1882 et s’inscrit au barreau de la ville.

Très jeune, il participe activement au mouvement laïque et social.

Il collabore également à plusieurs journaux, revues politiques artistiques et maçonniques. En 1896 il est élu conseiller municipal de Marseille et adjoint au Maire, réélu en 1900.

Rue Armand Bédarride MarseilleInitié à la loge « La Réunion des Amis choisis » le 29 avril 1891, il s’implique dès que possible dans la gestion de l’obédience. Il est ainsi conseiller de l’ordre du Grand Orient de France de 1904 à 1907 puis de 1910 à 1913.

Or en 1904 éclate l’affaire des fiches, une opération de fichage politique et religieux des officiers, réalisée par le Grand Orient à l’initiative du général André, ministre de la Guerre. Le scandale, qui entraîne la démission du Ministre et du gouvernement Combes, est aussi un tournant dans la vie d’Armand Bédarride.

Il est attaqué par La Gazette du Midi, l’organe légitimiste marseillais, Le Soleil du Midi et Le Figaro, qui l’accuse d’avoir rédigé 26 fiches, sur lesquelles figure son nom. Parmi elles, celle du colonel Couilleau, commandant le 141e RI, lequel provoque en duel Armand Bédarride, qui refuse car, dit-il, il n’est pas l’auteur de cette fiche.

Dès lors, Bédarride est l’objet d’une campagne de diffamation qui lui vaut d’être radié du barreau en décembre 1904.

Bien que réhabilité en Cour de cassation et réintégré au printemps 1905, il ne retrouve pas sa prospérité professionnelle et ses ambitions politiques sont ruinées. En fait, l’affaire des fiches a peut-être brisé la carrière politique d’Armand Bédarride.

Rue Armand Bédarride MarseilleÀ partir de 1923, il devient un auteur maçonnique prolixe. On lui doit d’abord des articles, puis des livres d’instruction régulièrement réédités jusqu’à nos jours.

La maçonnerie n’est pour lui ni un marchepied, ni un syndicat de recommandation mutuelle, mais plutôt un foyer d’études humanistes : « tout ce qui est humain intéresse le sage qui veut collaborer au bien de tous ». Cela autorise les maçons à s’éclairer entre eux sur la conduite à tenir dans la vie profane. Bédarride fustige donc l’égoïsme sous toutes ses formes et aboutit à une apologie de la fraternité. Il a aussi été membre de la Société des Philalèthes (Philalethes Society)

Au n°5 de la rue se trouve L’Arthémuse, l’ancienne salle du bas du Mundo Kfé…la salle de concert accueille un club de Jazz privé ouvert aux adhérents en soirée…mais aussi des formations musicales, théâtrales, des scènes ouvertes, des expositions et d’autres événements. (voir une vidéo de concert dans l’onglet vidéo).


SOURCES Wikipédia, l’Express, l’Arthémuse
PHOTOS Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com
VIDÉO Sylvie Goubet

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