Compagnie Nouvelle d’Édition Cinématographique Phocéa Parc Athéna, 13013 Marseille
1837
Arrondissement : 13ème

Marseille et le cinéma…une histoire plus ancienne qu’on ne le pense ! Sur le territoire du quartier de la Croix-Rouge était située sous le 1er Empire la propriété la Bastide des Lauriers, racheté en 1906 par le poète Paul Barlatier, directeur du journal Le Sémaphore, fondateur de l’Automobile club de Marseille et d’un club d’aviation, qui y fit construire en 1908 le théâtre en plein air Athéna. Il ferma en 1914 mais reste toujours visible au cœur du Parc Athéna. Tout à côté sont ouverts en octobre 1916 les studios de prises de vues cinématographiques Phocéa à la renommée nationale qui subsistèrent jusqu’à l’avènement du cinéma parlant en 1930. Il ne reste aujourd’hui plus aucune traces des studios si ce n’est peut-être sur de vieilles pellicules centenaires.

Le théâtre Athéna de nos jours, les studios se trouvaient juste à côté sur le domaine de Paul Barlatier

Si les studios se trouvaient à l’époque en pleine campagne marseillaise, le siège social de Phocéa avait élu domicile en centre-ville au 36 rue de Rome. Quant au siège commercial et central il s’était fixé sur Paris au 8 rue de la Michodière.

La Phocéa avait pour objet le tournage de films de voyages, de documentaires mais aussi de pièces comiques et dramatiques. Elle gérait également l’achat de lieux de tournage pour leurs mise en location. Phocéa s’occupait également de l’acquisition et la cession de droits d’auteurs.

Le nom de Paul Barlatier reste lié à ceux de Vorins, Marodon et Champavert qui, dans les années vingt, œuvrent dans le giron de la société d’édition marseillaise Phocéa-Film pour développer la production locale.

Réalisateur et scénariste depuis 1918, Barlatier dirige la section Lauréa-Film et met en scène, dans les studios marseillais de la Croix-Rouge, plusieurs drames, dont le plus représentatif est sans doute Hors de la boue.

Dans ce film, un souteneur et sa protégée recueillent une petite orpheline qu’ils maltraitent, jusqu’au jour où celle-ci les amène à comprendre que le salut est dans le travail. « Travail, travail, rédemption » martèle alors un intertitre. Barlatier s’assure, en 1923, l’aide de collaborateurs pour mettre en scène ses scénarios.

Avec G. Mouru de Lacotte, Barlatier réalise en 1923 Âmes corses, et, avec Charles Keppens, Mes pt’its (1924) et la Course à l’amour, comédie tournée entre Nice et Évian. Dans la même veine, il signe également quelques courts métrages comme le Trésor, qu’interprète Georges Péclet.

En 1924, alors que disparaît la société Lauréa-Film, Paul Barlatier semble cesser toute activité dans la mise en scène d’oeuvres de fiction.

Actions de la Compagnie Nouvelle d’éditions cinématographiques

Charles Burguet est quant à lui le fondateur en 1912 des Films Azur à Nice, qui a perduré jusqu’en 1914. En 1916-17, il entre au Film d’art et se fait un nom. Avec René Le Somptier il réalise en 1919 l’une des plus célèbres bandes de l’art muet : la Sultane de l’amour.

Ce vrai triomphe permet à son jeune réalisateur, après un autre film très remarqué, l’Ours, de rejoindre la Phocéa à Marseille. Il y rencontre Suzanne Grandais, alors jeune ingénue, fraîche et souriante, surnommée « la Mary Pickford à la française ».

Ensemble, ils tournent Gosse de riche (1920) une comédie enlevée, bien supérieure aux films français habituels et enchaînent avec l’Essor, un serial en dix épisodes, chargé d’aventures et de riches inventions formelles qui en font une véritable réussite.

Malheureusement, le film est plus connu pour le drame du 28 août 1920…un grave accident de voiture, à la fin du tournage. Si Burguet en a réchappé, Grandais et l’opérateur Marcel Ruette en sont morts.

La jeune actrice avait pourtant reçu une lettre anonyme menaçante, mais n’y avait prêté aucune attention.

Les studios de prises de vues cinématographiques Phocéa subsistèrent jusqu’à l’avènement du cinéma parlant en 1930Aux États-Unis, le cinéma parlant provoque une chute de la production. Un producteur raconte alors « on dut réduire le nombre des films, qui tomba de 900 ou 1000 au temps du Muet, à 5 ou 600 avec le Parlant. On abaissa en même temps le prix de revient moyen des productions, et les grandes compagnies, qui éditaient un programme par semaine, multiplièrent le nombre des films « B », films réalisés en peu de temps, avec un petit budget ».

Car le pari commercial du cinéma sonore n’était alors pas gagné. Le tout-parlant risquait en effet de faire perdre leurs succès aux productions, et cela est valable aussi bien pour les films américains que pour les films européens…en effet en tant que films muets, le marché étranger était ouvert moyennant la confection peu coûteuse d’intertitres en langue propre au pays, mais une fois le cinéma parlant en place, il fallut commencer à trouver de coûteuses solutions de doublage et franchir une nouvelle barrière culturelle.


SOURCES Wikipedia & journals.openedition.org & CIQ Croix Rouge
PHOTOS Archives & Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com

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