Villa La Roseraie, réalisation majeure du rocailleur Gaëtan Amoletti 6 Rue Pierre Mouren, 13007 Marseille
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Arrondissement : 7ème

Construite autour de 1890/1900 dans le quartier d’Endoume cette étonnante « villa » qui s’apparente plutôt à un grand cabanon comporte de nombreux éléments architecturaux inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du 28 octobre 2015…les façades et toitures de la maison, la terrasse et la partie du jardin qui comporte encore des ouvrages de rocaille, le mur de clôture en faux rocher et la porte d’entrée sur la rue…des réalisations signée du rocailleur Gaëtan Amoletti.

Selon Marie-Odile Giraud, chargée d’études documentaires à la C.R.M.H, le vieux quartier rural de Marseille, Endoume ne fut vraiment urbanisé qu’à partir de 1863, date d’achèvement de la promenade de la Corniche et du désenclavement des quartiers du bord de mer.

L’agrément de l’endroit attirait rapidement beaucoup de monde et, pour embellir leur maison, les nouveaux habitants  eurent souvent recours à d’habiles ouvriers rocailleurs qui, par la réalisation de décors en ciment, transformaient de banals murs de clôture et de façades en « mur à histoires ».

Rue Pierre Mouren, la villa La Roseraie fut décorée par le rocailleur Gaëtan Amoletti, né à Endoume en 1860, issu d’une lignée de maçons d’origine génoise.

Mort en 1911, il a laissé plusieurs maisons et jardins signés dans son propre quartier, dont La Roseraie, considérée par Michel Racine comme l’une de ses réalisations majeures, par ailleurs particulièrement bien conservée.

Les deux façades de la maison font appel à des registres ornementaux bien différents.  La façade sur jardin, avec ses panneaux sculptés de trophées et de compositions végétales est visiblement inspirée des décors de gypseries du XVIIIe siècle.

Rigoureusement ordonnancé par un cadre architectural rustique utilisant toute la palette des représentations du faux bois, elle imite un décor intérieur.

Cette composition constitue la toile de fond de la terrasse, conçue comme un prolongement de l’habitation, en fait une salle- à- manger en plein air.

La façade sur rue et le mur de clôture se réfèrent à un autre vocabulaire d’imitation cher aux rocailleurs, celui de l’architecture feinte, avec le thème particulièrement apprécié de la fausse fenêtre.

Dans le modeste jardin en amphithéâtre, c’est l’imitation de la nature qui s’illustre : portes abritées sous un faux rocher, bassin surmonté d’un petite grotte, grand banc de forme courbe réalisé en faux rondins.



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