Tour Paul, le Lazaret des Catalans Plage des Catalans, 13007 Marseille
6911
Arrondissement : 7ème

Tour Paul, Lazaret des Catalans, Plage des Catalans, MarseilleLa Tour Paul, construite en 1558 est le deuxième Lazaret de Marseille, appelé aussi « Infirmerie Vieille ». C’est ici qu’étaient mis en quarantaine et soignés les marins et les voyageurs susceptibles d’être atteints de maladies contagieuses comme la lèpre, la peste ou le choléra…on y entreposait également, pour être traitées, les marchandises contaminées. 

Plus tard après 1720, elle fût  « la fidèle compagne » des pêcheurs catalans venus s’installer dans cette anse dite de Saint-Lambert, décor des premières amours de Mercedes et d’Edmond Dantes du Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas (1845).

Ce fut l’agrandissement du port à partir du milieu du xixe siècle qui entraîna la destruction du premier lazaret fondé à Marseille en 1526 et qui fonctionna pendant plus de deux siècles.

Peu de temps avant, entre 1823 et 1828, fut bâti sur l’île Ratonneau le lazaret de l’Hôpital Caroline. Il présentait l’avantage d’être plus éloigné de la ville et répondait en outre mieux aux prescriptions de l’hygiène.

Un port de quarantaine ne tarda pas à être établi entre les îles Pomègues et Ratonneau par la construction de la Digue du Berry.

Tour Paul, Lazaret des Catalans, Plage des Catalans, Marseille458 ans après sa construction, en 2016, le Lazaret semblait de plus en plus fragilisé par le temps mais aussi peut-être par les travaux de réaménagement de la plage des Catalans

Lancée par Jean-Noël Beverini en mars 2016, la pétition Sauvons ensemble la Tour des Catalans a atteint rapidement le cap de dix mille signataires.

Une action qui aura eu le mérite d’inciter la mairie en avril a accélérer les procédures de rénovation, une étude de maîtrise d’œuvre a été rendue fin 2016 pour des travaux à l’horizon 2020-2022.


Tour Paul, Lazaret des Catalans, Plage des Catalans, Marseille

Le Lazaret en 1855

Le mot « lazaret », désignant un hôpital, tirerait son origine du nom de « Lazare », protagoniste d’une parabole de l’évangile selon Luc.

En effet, pour enseigner la charité, Jésus invente l’histoire du pauvre Lazare et du mauvais riche : le pauvre, couvert d’ulcères et mourant de faim, vit dans la rue, à la porte de la demeure du riche.

Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche, qui faisait bombance, mais personne ne lui en donnait. Le pauvre mourut et, dit Jésus, il fut emporté au Ciel. Le riche mourut aussi et on l’enterra.

Mais, dans l’Au-delà, il se retrouva en Enfer et connut souffrances et tourments car il ne s’était pas préoccupé du sort du misérable qui était à sa porte !

Tour Paul, Lazaret des Catalans, Plage des Catalans, Marseille

Le Lazaret en 1891

Au Moyen-Âge, ce Lazare légendaire si populaire, dont la geste était racontée dans les sermons, les fresques, la statuaire et les vitraux, a été « canonisé, » devenant ainsi « saint Lazare ».

Comme il était malade et couvert d’ulcères, il est devenu le patron des ladres : d’où, à cette époque, les nombreuses ladreries et maladreries où vivaient à l’écart, cantonnés et reclus, les lépreux, qui éloignaient les gens avec leur crécelle ou leur clochette, car la lèpre était autrefois supposée contagieuse.

Cette maladie était alors tellement répandue que toutes les villes avaient leur maladrerie et, encore aujourd’hui, tous les lieux-dits « Saint Lazare » font allusion à d’anciennes léproseries disparues.

Tour Paul, Lazaret des Catalans, Plage des Catalans, MarseilleCe saint Lazare imaginaire, inventé pour le besoin d’un conte, a très vite été confondu avec un autre saint Lazare, bien réel, lui, qui aurait été le frère de Marthe et Marie et l’ami de Jésus.

Enfin, saint Lazare (ou saint Ladre) était quelquefois appelé « le Bon Malade » (sans doute par corruption du mot « maladre » ? ou par opposition au « mauvais riche » ?) : et c’est ainsi que sont parfois désignés les lépreux dans les vieux textes.

Le premier État à instituer la quarantaine par la loi, pour le bon fonctionnement des hôpitaux et ainsi prévenir la contagion potentiellement liée à son commerce, est la République de Venise, au xve siècle : sur décision du Senato le premier lazaret est fondé sur une île, appelée depuis Lazzaretto Vecchio, à proximité de la ville-État, en 1423.

Tour Paul, Lazaret des Catalans, Plage des Catalans, Marseille

Le Lazaret en 2016

Un décret du duc Charles III (2 avril 1562) autorise « les bons malades de la Madelaine encore qu’ils ne soient de la paroisse de Nancy ou de Saint-Dizier à participer aux aumônes qui se distribuent les dimanches, jeudis et vendredis de chaque semaine ». Dans les campagnes il existe encore des sources portant le nom de « fontaines du Bon Malade » et qui devaient être réservées jadis aux lépreux.

Étaient désignés comme ladres, aussi, les avares, car l’avarice (ou ladrerie) était considérée comme la « lèpre de l’âme ».

Outre la lèpre (contre laquelle on invoquait saint Ladre), l’autre grand fléau du Moyen-Âge était la peste. Le patron des pestiférés est saint Roch : d’où le nom d’hôpital Saint-Roch donné à des établissements de soin aux pestiférés.

Pour des raisons analogues, d’autres établissements ayant même destination furent placés sous le vocable de Saint-Louis, comme ce fut le cas à Paris, ce roi étant supposé mort de la peste devant Tunis (il serait en fait mort d’un érysipèle).


SOURCES Wikipédia & lefigaro.fr & Change.org
PHOTOS Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com & Archives (via twitter David Coquille)

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  • 14 avril 2016 aà 08:49

    Comme d'habitude, passionnant, étonnant et en l'occurrence "édifiant" ce qui est le minimum pour une tour. Merci aussi d'avoir relayé l'initiative de M BEVERINI à l'origine de la pétition sur change.org pour sauvegarder et réhabiliter la Tour Paul. A Bientôt. Amicalement, Eric MARION

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