Statue Honoré Daumier par Antoine Bourdelle Place du Mazeau, 13002 Marseille
5282
Arrondissement : 2ème

Cette statue du sculpteur Antoine Bourdelle (1861-1929) commandé par la ville de Marseille rend hommage à Honoré Daumier né dans la Cité phocéenne en 1808. C’était un graveur, peintre et sculpteur français. Dessinateur prolifique, auteur de plus de quatre mille lithographies, il est surtout connu pour ses caricatures d’hommes politiques et ses satires du comportement de ses compatriotes français au xixe siècle. 

Statue Honoré Daumier par Antoine Bourdelle, Hôtel Dieu à MarseilleLa valeur de sa peinture a aussi été reconnue, bien qu’à titre posthume seulement.

Il est considéré de nos jours peut-être comme l’un des plus grands peintres français du xixe siècle.

Il a changé la perception que nous avons sur l’art de la caricature politique.

Daumier est né à Marseille le 26 février 1808 de Marc Louis Daumier et de Cécile Catherine Philippe. Son père était un vitrier que les aspirations littéraires ont amené à monter à Paris en 1814 pour tenter de faire publier ses poésies.

En 1816, le jeune Daumier et sa mère le suivent à Paris. Honoré Daumier montre une prédisposition pour la carrière artistique, vocation dont son père tente vainement de le détourner, en le plaçant d’abord chez un huissier.

En 1822, il devient le protégé d’Alexandre Lenoir.

Statue Honoré Daumier par Antoine Bourdelle, Hôtel Dieu à Marseille

Daumier par le photographe Nadar

L’année suivante, Daumier entre à l’Académie Suisse. Il fait ses premiers pas dans le domaine de la lithographie chez l’éditeur Belliard, puis produit des plaquettes pour les éditeurs de musique, ainsi que des illustrations pour des publicités. Il travaille dans l’anonymat pour les éditeurs, en imitant le style de Charlet

En 1829, il rencontre Charles Philipon pour qui il fait ses premiers dessins pour la revue La Silhouette.

En 1830 il commence une carrière de caricaturiste politique, en faisant des lithographies pour la revue satirique La Caricature où il connaît le succès pour ses portraits charge des politiciens de la monarchie de Juillet.

En 1832 à cause de sa caricature de Louis-Philippe représenté en Gargantua, il est condamné à six mois de prison qu’il purge à Sainte-Pélagie.

Il continue son activité de caricaturiste politique jusqu’en 1835, date de la loi de sur la censure de la presse et de la cessation de parution de La Caricature.

Il commence par se consacrer à la satire des mœurs bourgeoises qu’il poursuivra jusqu’en 1848. Il fait la connaissance la même année du marchand d’art Adolphe Beugniet qui vient d’ouvrir une galerie au 10, rue Laffitte et qui deviendra un ami intime. Ce dernier lui achètera nombre de dessins. Daumier lui dédicacera l’un de ses tableaux en remerciement.

Daumier expose une de ses premières peintures Le Meunier, son fils et l’âne au Salon de 1849. Suivront plusieurs tableaux dans un style proche du réalisme social de Gustave Courbet, il fait aussi plusieurs toiles sur le thème de Don Quichotte.

À partir de 1865, Daumier connaît des difficultés financières, il quitte Paris pour vivre avec sa femme à Valmondois dans une maison au centre du village que Corot a mis à sa disposition en 1865, sur l’insistance d’un de ses amis, le sculpteur Adolphe-Victor Geoffroy-Dechaume. Il fait encore des caricatures politiques dans les années 1870, mais perd progressivement la vue. En 1877 il reçoit une pension de l’État.

Avant de perdre entièrement la vue, il compose sa dernière lithographie, les Châtiments. Ses peintures n’ont jamais été estimées de son vivant: un an avant sa mort elles sont regroupées (au nombre de 94) avec 200 dessins pour une exposition chez Durand-Ruel, que préside Victor Hugo.

La Bourgeoisie et les classes moyennes n’appréciaient guère la façon dont Daumier les ridiculisait, elles l’ont persécuté et se sont toujours refusées à voir en lui autre chose qu’un caricaturiste.

Pourtant, son universalité est incontestable: Daumier est le premier grand artiste contemporain à se pencher sur le sort des opprimés en dénonçant les raisons profondes de leur misère matérielle et morale.

En 1878 est organisée dans la galerie Durand-Ruel la première exposition rétrospective de ses œuvres. Il meurt le 10 février 1879 ; un an plus tard, son corps est exhumé du cimetière de Valmondois pour être transféré à Paris au cimetière du Père-Lachaise, où il repose aux côtés de ses amis Jean-Baptiste Corot et Charles-François Daubigny, dans la 24e Division.

La ville de Marseille lui a rendu hommage en érigeant au pied de l’Hôtel-Dieu ce buste en bronze.


Caricatures politiques

Statue Honoré Daumier par Antoine Bourdelle, Hôtel Dieu à Marseille

Gargantua. Caricature de Louis-Philippe (1831)

En 1828, Daumier réalise ses premières lithographies pour le journal La Silhouette. En 1830, durant le règne de Louis-Philippe, lorsque Charles Philipon lance le journal humoristique, La Caricature, Daumier rejoint son équipe, qui comptait aussi Achille Devéria, Auguste Raffet et Grandville, et commence sa série de dessins satiriques, en prenant pour cible la bourgeoisie, la corruption des magistrats et l’incompétence du gouvernement. En 1831 il y fait publier sa célèbre caricature de Louis-Philippe Ier Les Poires.

Entre 1830 et 1835 Honoré Daumier réalise des bustes en terre crue colorée (dont 36 sont conservés au musée d’Orsay à Paris) caricaturant les principaux personnages politiques du début de la Monarchie de Juillet. Ces bustes servaient à l’artiste à réaliser ses lithographies destinées à être publiées dans la Caricature.

Ses caricatures lui apportent une immédiate célébrité, mais lui valent également des ennuis avec la justice. Sa caricature de Louis-Philippe intitulée Gargantua, où tel un ogre le roi avale tout l’or rassemblé en imposant le peuple, pour le défèquer en autant de nominations politiques et rétributions au profit de la classe privilégiée, conduit Daumier à la prison Sainte-Pélagie pour une peine de six mois de détention en 1832.

Peu de temps après, La Caricature cesse de paraître, mais Philipon offre un nouveau champ d’action à Daumier en fondant Le Charivari, journal qui joue un rôle important dans la vie politique de l’époque, et est spécialement dirigé contre Louis-Philippe.

Daumier produit pour Le Charivari des caricatures sociales, dans lesquelles il tourne en ridicule la société bourgeoise personnifiée par la figure de Robert Macaire, héros d’un mélodrame populaire. Dans une autre série, L’histoire ancienne, il s’en prend au pseudo-classicisme de l’art pendant cette période. Il se fait aussi le témoin de certains événements tragiques ou de scènes fortes se déroulant à Paris (Rue Transnonain, 15 avril 1834, Le Ventre législatif).

À la suite de l’adoption des lois sur la censure en 1835, Daumier renonce à la satire politique pour se tourner vers la caricature de mœurs, genre dans lequel il excelle (Les Gens de Justice, Les Bons Bourgeois).

En 1848, Daumier lance une nouvelle série politique, toujours par l’intermédiaire du journal Le Charivari, qu’il quitte en 1860, avant d’y revenir en 1864.


Illustrations

Dès la parution de l’édition Furne de La Comédie humaine en 1845, il participe à l’illustration des romans d’Honoré de Balzac, notamment Le Père Goriot, Ferragus. Il avait déjà collaboré avec Grandville et Henry Monnier à l’illustration de la revue La Chronique de Paris (1836), créée par Balzac.


Sculptures

Statue Honoré Daumier par Antoine Bourdelle, Hôtel Dieu à Marseille

Autoportrait, Institut d’art de Chicago.

Daumier a également produit des sculptures qui, modelées en terre, sont pour la plupart des éléments de travail pour ses gravures. Comme pour Degas et Meissonier entre autres, l’édition de ces œuvres en bronze est posthume car le caricaturiste ne se considérait pas comme sculpteur. Ces sujets qui sont en fait des esquisses, étaient d’ailleurs « inéditables » au milieu du xixe siècle.

Ils le deviennent à la fin de ce même siècle et surtout au début du suivant ; d’où les éditions posthumes du Ratapoil et des Émigrants, puis de la série des 36 Célébrités du juste milieu, soit donc 38 modèles reconnus de sa main aujourd’hui.

Alors qu’il y a depuis 1904 un catalogue raisonné sur les estampes de Daumier qui fait autorité, le Loys Delteil, il faut attendre 1952 pour que soit publié un premier ouvrage sur les sculptures de l’artiste avec le catalogue de Maurice Gobin (ed. Pierre Cailler).

Puis en 1979, s’ajoutent deux catalogues simultanés et complémentaires, le premier de la galerie Sagot-Le Garrec qui inventorie 36 bustes des Célébrités du Juste Milieu, et le second par la galerie Marcel Lecomte, pour les petites figurines auxquelles s’ajoutent le Ratapoil et les Émigrants.

Parmi ces trois ouvrages, le premier et le dernier ont été récemment infirmés dans leurs conclusions, puisque dans la plus récente et la plus importante monographie jamais publiée sur le caricaturiste (Daumier, 1808-1879, RMN, 1999), ne sont retenues comme étant du sculpteur que les 36 bustes-charges, le Ratapoil et Les Émigrants.

Les autres sont écartées, car on ne peut en trouver trace dans la littérature, les inventaires et les catalogues d’expositions d’époque. Parfois signées « hd » contrairement aux précédentes, elles surgissent ex nihilo au cours du xxe siècle, sans recherche de paternité sérieuse sinon que de les identifier dans les estampes. Elles semblent d’ailleurs d’une veine différente, ressemblant davantage à des retours sur des estampes, qu’à des études pour celles-ci. Enfin et surtout, elles font penser aux esquisses telles qu’on pouvait les faire dans la première moitié du xxe siècle.

Œuvres sculptées de Daumier :

Ratapoil, une représentation de l’opposition politique au Prince Napoléon, futur Napoléon III.
Célébrités du Juste Milieu, série des 36 bustes-charges.
Les Emigrants, bas-relief.


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Don Quichotte, vers 1868, Neue Pinakothek, Munich.

Œuvre peinte

En plus de sa prodigieuse activité dans le domaine de la caricature — la liste des planches de lithographies réalisées par Daumier et compilée en 1904 ne comporte pas moins de 3 958 numéros – il était également et surtout peintre : on recense plus de cinq cents tableaux qui lui sont attribués dont la plupart ne sont pas datés.

Son style diffère de son travail graphique, il est difficile de reconnaître le créateur de Robert Macaire, des Bas bleus, des Bohémiens de Paris, et des Masques, dans les tableaux du Christ et ses Apôtres (Rijksmuseum d’Amsterdam) ou, dans son Bon Samaritain, son Don Quichotte et Sancho Panza, son Christ moqué, ni même dans les esquisses de la collection Ionides de South Kensington.

Daumier est l’un des premiers peintres qui ait abordé des sujets réalistes, quand bien même son style en est fort éloigné ; l’on pourrait parler de réalisme intériorisé : « Il est plus un réaliste d’intention qu’un réaliste de fait, et cette étiquette, qui lui est fréquemment apposée, n’est généralement due qu’à l’énoncé de ses œuvres. (…) Contrairement à Courbet, il prend toujours du recul par rapport à la réalité, lui imposant l’empreinte profonde de son individualité. »

Sa peinture, restée souvent confidentielle, mais néanmoins connue des plus grands, n’a guère rencontré de succès jusqu’à l’année qui a précédé sa mort, en 1878, lorsque Paul Durand-Ruel a accueilli ses œuvres dans ses galeries pour démontrer l’étendue du talent de celui qui fut surnommé le « Michel-Ange de la caricature ».


Liste des peintures de Daumier volées ou perdues
Pendant la deuxième guerre mondiale un grand nombre de toiles fut détruit ou volé. Une liste se trouvant à l’adresse www.daumier.org, élaborée à partir de recherches récentes (2011), donne des renseignements sur une centaine de peintures disparues, soit 6 % environ de l’œuvre peint.


Œuvres majeures
Entre 1830 et 1835, il réalisa environ 1 000 gravures sur bois et 4 000 lithographies, principalement pour des journaux libertaires, dont les plus connues sont :

Gargantua (1831), une caricature lithographique de Louis-Philippe Ier qui lui valut six mois de prison
Une caricature sculpturale de Charles Philipon (1833), journaliste et directeur de La Caricature et du Charivari
Le Wagon de troisième classe (1864), une peinture qui dénonce la pauvreté
Les amateurs d’estampes, Musée national des beaux-arts d’Alger, Alger


Héritage
Charles Baudelaire a dit de lui qu’il était : « l’un des hommes les plus importants, je ne dirai pas seulement de la caricature, mais encore de l’art moderne. »

Une exposition de ses œuvres a eu lieu à l’École des beaux-arts en 1900.

L’un des premiers exégètes est le critique allemand Eduard Fuchs.

En 2009, les œuvres de Daumier se retrouvent dans la plupart des grands musées d’art, y compris le Louvre, le Metropolitan Museum of Art et le Rijksmuseum. Il est connu pour une série d’œuvres, comprenant un grand nombre de peintures (29) et de dessins (49), illustrant la vie de Don Quichotte, un thème qui l’a fasciné pendant la dernière partie de sa vie.

Le 200e anniversaire de la naissance de Daumier a été célébré en 2008 par un certain nombre d’expositions en Asie, en Amérique, en Australie et en Europe.


Antoine Bourdelle

Statue Honoré Daumier par Antoine Bourdelle, Hôtel Dieu à Marseille

Bourdelle dans son atelier avec la danseuse américaine Grace Christie (1925)

Né à Montauban le 30 octobre 1861 et mort au Vésinet le 1er octobre 1929…Après des études au sein de l’Académie des beaux-arts de Toulouse, il suit ensuite peu de temps les cours de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris où il a pour maître Falguière.

Il décide de quitter l’École des Beaux Arts en 1886. Pour vivre, il dessine et vend ses dessins au bureau des vendeurs d’arts parisiens Goupil & Cie ; il travaille aussi chez Théo van Gogh le frère de Vincent.

En 1893, il entre comme praticien dans l’atelier de Rodin et participe au concours pour le monument aux morts de la guerre de 1870 à Montauban sa ville natale.

La première maquette de ce monument est présentée en 1896. Les membres du comité chargé du projet l’accueillent très défavorablement. Finalement, il obtient cette commande en 1897 grâce à l’intervention de Rodin.

Bourdelle quitte Rodin en 1908. Il voyage en Pologne et reçoit la commande du Monument à Mickiéwicz auquel il va travailler jusqu’à sa mort. Il exécute le buste d’Ingres, Beethoven dans le vent, Beethoven aux deux mains et le Bélier couché.

En 1910, il s’insère dans le projet du Théâtre des Champs Elysées (aujourd’hui, au numéro 15 de l’avenue Montaigne) lancé, quelques années plus tôt, par Gabriel Astruc.

Pendant deux ans il s’occupera de la décoration intérieure et extérieure de ce Temple dédié aux Arts.

Le 7 mai 1929, Antoine Bourdelle, malade, va se reposer dans la maison de son ami le fondeur Eugène Rudier au 18 route des Bouleaux au Vésinet, près de Paris. Pendant plusieurs semaines, Antoine Bourdelle fut si faible que l’on ne put lui montrer les lettres adressées par son ami André Suarès.

Il se rétablit en juillet, put travailler et recevoir André Suarès, qui vint le visiter plusieurs fois au cours de l’été. Mais à la fin septembre, il rechute et meurt le 1er octobre 1929.


SOURCES Wikipedia
PHOTOS Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com & Archives Wikipédia & Agence de presse Meurisse

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