Statue de Louis Braille par Raoul Emily Parc Puget, 13007 Marseille
4015
Arrondissement : 7ème

Inaugurée le 19 octobre 1952 cette statue situé au cœur du Jardin de la Colline Puget est un hommage des aveugles de Provence à leur bienfaiteur Louis Braille. Le texte présent sur cette oeuvre, réalisée par le sculpteur Raoul Emily, est également décliné en braille. 

Statue de Louis Braille par Raoul Emily, Jardin de la Colline Puget MarseilleLouis Braille, né le 4 janvier 1809 à Coupvray, près de Paris, et mort le 6 janvier 1852, est l’inventeur du système d’écriture tactile à points saillants, à l’usage des personnes aveugles ou fortement malvoyantes : le braille.

C’est en 1821 que Louis Braille assiste à la présentation faite par Charles Barbier de La Serre à l’Institution royale des jeunes aveugles de son système de sonographie. Immédiatement, il veut y apporter quelques améliorations. Cependant, une grande différence d’âge sépare les deux inventeurs et, malgré son succès à l’Institut, personne ne fait attention à Louis.

D’autre part, Barbier, qui avait un caractère entier, n’accepte pas que l’on touche au principe de son invention : représenter des sons, comme la sténographie, et non l’alphabet.

Le dialogue n’a sans doute pas été facile entre le jeune écolier et l’inventeur, chevronné et sûr de lui ; il est probable aussi que Barbier, n’étant pas aveugle, ne ressentait pas la lecture par les doigts. Cela n’a pas empêché Braille de poursuivre la mise au point de son propre système, auquel il travaillait avec acharnement, surtout le soir et la nuit.

Statue de Louis Braille par Raoul Emily, Jardin de la Colline Puget Marseille

L’alphabet final de Louis Braille, selon Pierre Henri (1952)

Après quelque temps, son travail est presque au point, vers 18252. C’est en 1827 (Braille a alors dix-huit ans) que cette écriture reçoit pour la première fois la sanction de l’expérience : la transcription de la « grammaire des grammaires ».

En 1829 parait, imprimé en relief linéaire qui est encore l’écriture officielle à l’institution, l’ouvrage intitulé Procédé pour écrire les paroles, la musique et le plain-chant au moyen de points, à l’usage des aveugles et disposés pour eux, par Louis Braille, répétiteur à l’institution Royale des Jeunes Aveugles.
C’est le « véritable acte de naissance du système braille ».

Ce premier alphabet n’est pas exactement celui que nous connaissons, mais sa partie principale – les quatre premières séries – est la même qu’aujourd’hui ; il comporte, outre les points, un certain nombre de traits lisses qui disparaîtront rapidement. Dans son exposé, Braille décrit la « planchette » et le « stylet » mais ne dit pas comment réaliser les traits lisses. On ne connaît pas les règles que Braille s’est fixées pour établir la première série de signes, dont les autres découlent.

Ce que l’on sait, c’est que Braille a été très attentif à écarter les signes qui auraient pu prêter à confusion car trop proches les uns des autres.

Statue de Louis Braille par Raoul Emily, Jardin de la Colline Puget MarseilleMalgré ses défauts de jeunesse, ce système est d’ores et déjà supérieur à celui de Barbier. Le plus grand avantage du système de Braille est que c’est un alphabet, calqué sur celui des voyants. Il donne donc un accès réel et complet à la culture. Il est beaucoup plus facile à déchiffrer car ses caractères sont de moitié moins hauts (six points maximum au lieu de douze) et peuvent être facilement enseignés à tout aveugle. De plus, il demande très peu d’entraînement, sans déplacement du doigt.

Bien que Barbier ait toujours refusé de se déjuger, il reconnaît la valeur de la méthode de Braille, ce qui encourage ce dernier à apporter des innovations à son écriture, telles que la notation musicale ponctuée qui est devenue de nos jours ce que l’on nomme la « Notation musicale braille internationale ». Par la suite, l’emploi du braille ne fait que se développer mais il faut plus de vingt-cinq ans pour qu’il soit officiellement adopté en France.

Le braille connaît cependant quelques difficultés, et notamment, entre 1840 et 1850, une « crise du braille » à la suite du renvoi et de la mise à la retraite prématurée d’un maître de l’Institut qui avait fortement soutenu Braille, accusé de corrompre la jeunesse par l’enseignement de l’histoire. Son successeur commence par essayer de limiter l’usage du braille à la musique. Il n’y réussit pas vraiment et, finalement, à partir de 1847, le braille reprend son ascension.


SOURCES Wikipédia
PHOTOS Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com & Archives

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