Statue de Frédéric Mistral Place Théo Lombard, 13008 Marseille
4301
Statue de Frédéric Mistral
Arrondissement : 8ème

C’est sur la place Théo Lombard que l’on trouve depuis 2010 un petit monument avec son buste en hommage à Frédéric Mistral, écrivain et lexicographe français de langue d’oc né le 8 septembre 1830 à Maillane dans les Bouches-du-Rhône. La statue du prix Nobel de littérature, réplique d’un buste de Constant Roux de 1934, aura été vandalisée dès 2012 avant sa restauration en 2013.

Constant Roux et le buste original

On peut contempler dans le Parc Longchamp, un buste du poète, façonné par Louis Botinelly (1883-1962), juché sur une colonne de pierre et inauguré en 1932. Celle de la place Théo Lombard est bien plus récente datant de 2010.

Depuis 1997, à l’emplacement de la statue se trouvait une stèle posée au sol, à la mémoire du célèbre avocat Théo Lombard, avec cette inscription “Maître Théo Lombard 1908-1989 – Docteur en Droit – Adjoint au Maire de Marseille – Chevalier de l’Ordre de Malte”. 

La place ayant été réaménagée pour un parking, la stèle de Théo Lombard a été déplacée et posée à l’entrée de l’immeuble de l’Etat Civil. Aujourd’hui à l’entrée de la place s’élève une colonne de marbre noir sur laquelle repose un petit buste en pierre reconstituée.

C’est une réplique du buste réalisé en 1934 par le sculpteur marseillais Constant Roux (1865-1942), dont un multiple se trouve au Muséon Arlaten à Arles et deux autres au musée des arts et traditions populaires de Château Gombert.

Il est gravé en lettres d’or, à l’arrière de la colonne, une phrase, traduite en français, extraite du discours que fit Mistral le 25 novembre 1882, au cercle artistique, aujourd’hui, lycée Montgrand : “Je souhaite, mes chers amis, que Marseille, si hospitalière, devienne la capitale de l’empire du soleil.

Entre les mois de janvier et juin 2012, le chapeau de Mistral est endommaé, sa barbiche n’existe plus et son visage, amputé de son nez ! Les angles du buste sont également cassé et un “graf” s’ajoute près de l’épaule droite.

En début du mois de septembre 2013, les services culturels et techniques ont remplacé le buste de Frédéric Mistral. A Marseille, il existe deux avenues Frédéric Mistral. Une dans le 13ème arrondissement et l’autre dans le 8ème.


Portait par Félix Auguste Clément

Mistral est un fils de ménagers aisés (François Mistral et Adélaïde Poulinet, par lesquels il est apparenté aux plus anciennes familles de Provence : Cruvelier, Expilly, Roux nés Ruffo di Calabria, elles-mêmes très étroitement apparentées entre elles ; marquis d’Aurel). Mistral porte le prénom de Frédéric en mémoire « d’un pauvre petit gars qui, au temps où mon père et ma mère se parlaient, avait fait gentiment leurs commissions d’amour, et qui, peu de temps après, était mort d’une insolation ».

Frédéric Mistral a eu trois demeures successives à Maillane, le mas du Juge, la maison du Lézard et celle qui est connue sous le nom de Museon Frederi-Mistral.

Le mas du Juge, un domaine de 25 hectares, situé entre Maillane et Saint-Rémy, devint propriété de la famille Mistral en 1803. Après la mort de son père Antoine, en 1827, François Mistral en hérita. Le père du futur poète était alors veuf de Louise Laville. De ce mariage était né Louis, demi-frère de Frédéric Mistral.

Le 26 novembre 1828, François Mistral, veuf depuis 1825, se remaria avec Adélaïde Poullinet, fille du maire de Maillane. C’est de cette union que naquit le 8 septembre 1830, Joseph-Étienne-Frédéric Mistral, dont toute l’enfance et la jeunesse se passèrent au mas du Juge.

Frédéric Mistral, prix Nobel de littérature à la une du magazine Le Petit Journal, en 1904

Mistral va, dès l’âge de sept ans, à l’école de Maillane. Il y pratiqua lou plantié (école buissonnière), comme il le narre dans ses Memòri e raconte, où au chapitre IV, il part cueillir des fleurs de glai (iris d’eau) pour sa mère. Puis, en 1839, il est inscrit au pensionnat de Saint-Michel-de-Frigolet. Il n’y resta que deux ans, cet établissement ayant fermé, et fut placé au pensionnat Millet d’Avignon. En 1845, il fut logé au pensionnat Dupuy, il fit connaissance de Joseph Roumanille.

Durant cette période, il suivit ses études au Collège royal d’Avignon, dans l’actuelle rue Frédéric-Mistral, et passa, en 1847, son baccalauréat à Nîmes. Reçu bachelier, il fut enthousiasmé par la révolution de 1848 et se prit d’admiration pour Lamartine. Ce fut au cours de cette année qu’il écrivit Li Meissoun (Les Moissons), poème géorgique en quatre chants, qui resta inédit.

Sa famille le voyant bien devenir avocat, il étudia le droit à Aix-en-Provence de 1848 à 1851, où il sortit de la faculté avec sa licence en droit.

Il se fait alors le chantre de l’indépendance de la Provence, et surtout du provençal, « première langue littéraire de l’Europe civilisée ». C’est au cours de ses études de droit qu’il apprit l’histoire de la Provence, jadis État indépendant.

Émancipé par son père, il prit alors la résolution « de relever, de raviver en Provence le sentiment de race […] ; d’émouvoir cette renaissance par la restauration de la langue naturelle et historique du pays […] ; de rendre la vogue au provençal par le souffle et la flamme de la divine poésie ». Pour Mistral, le mot « race » désigne un « peuple lié par la langue, enraciné dans un pays et dans une histoire “.

La maison du Lézard en 1914

Frédéric et sa mère furent contraints de quitter le mas du Juge, en 1855, après la mort de François Mistral. Celui-ci revenait à Louis, le fils aîné. Ils durent s’installer dans une petite maison familiale, au sud du village, qui leur avait été attribuée dans le partage d’hoirie. Frédéric lui donna, en 1903, le nom de maison du Lézard après avoir fait installer un cadran solaire orné de ce petit reptile. C’est là qu’il termina Mirèio, commencé au mas du Juge, et qu’il écrivit Calendau.

Mistral reçoit le prix Nobel de littérature en 1904, conjointement à José Echegaray. Il consacrera le montant de ce prix à la création du Museon Arlaten à Arles.

Frédéric Mistral y habita jusqu’en 1875, année ou il put emménager dans la maison qu’il avait fait construire à Maillane, juste devant la maison du Lézard. Un an plus tard, le 27 septembre 1876, il épousait à Dijon, Marie Louise Aimée Rivière. Ce fut ici qu’ils vécurent. La maison devint, après la mort du poète, le 25 mars 1914 et celle de sa veuve, le 6 février 1943, le Museon Frederi Mistral.

Dans son testament du 7 septembre 1907, Mistral avait légué à sa commune de Maillane, sa maison « avec les terrains, jardin, grille, murs, remise et constructions qui l’entourent ou en dépendent… avec les objets d’art, les tableaux, les gravures, les livres et la bibliothèque qu’elle contient, afin qu’on en fasse le musée et la bibliothèque de Maillane, et aussi les meubles qui sont dans la maison à condition qu’ils n’en soient pas enlevés ». Il spécifiait en outre que la commune n’entrerait en possession qu’après la mort de son épouse.

Le Museon est classé monument historique depuis le 10 novembre 1930, son mobilier depuis le 10 février 1931, ce qui a permis à cette demeure de conserver l’aspect qu’elle avait du vivant de Frédéric Mistral.

Frédéric Mistral avait orné son ex-libris d’un blason personnel formé d’une cigale d’or sur un champ d’azur chantant sous le soleil, associée à sa devise Lou soulèu me fai canta (Le soleil me fait chanter.


SOURCES Wikipédia & Agence Rol — Bibliothèque nationale de France & conservatoire-documentaire-culturel-frederic-mistral.fr
PHOTOS Google Street View & Archives

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