Square Yves Montand
1807
Arrondissement : 1er

Dès les années 1930, un square avec des bacs de sable pour les enfants a été construit au centre de la place Jean Jaurès, aujourd’hui cet espace rend hommage par son nom à Ivo Livi dit Yves Montand. On y trouve une parcelle de verdure, et ses bougainvilliers, fermée au public et une aire de jeux le tout sous le regard bienveillant de la statue du chanteur et comédien mort le 9 novembre 1991 à Senlis et dont l’histoire est étroitement liée à la ville de Marseille.

En 1923, Yves Montand n’a que deux ans lorsque sa famille fuit l’Italie fasciste et émigre vers la France. Les Livi s’installent au sein des quartiers pauvres de Marseille. Le père d’Ivo crée une petite fabrique de balais. Ses deux aînés quittent rapidement l’école pour gagner leur vie : Lydia devient coiffeuse, et son frère Julien serveur de café, et fervent militant communiste.

L’enfance d’Ivo est difficile matériellement ainsi que moralement. Il est en effet considéré comme un « immigré rital ». C’est à cette époque qu’il se passionne pour le cinéma et notamment pour les comédies musicales américaines, en particulier celles de son idole Fred Astaire et ses numéros de claquettes.

Par décret du 8 janvier 1929, la famille Livi obtient la nationalité française et Ivo devient Yves. En 1932, son père Giovanni se voit contraint de déposer le bilan de la fabrique familiale de balais. Yves a onze ans et est nettement plus grand que la moyenne des enfants de son âge lorsqu’il falsifie ses papiers pour se faire engager dans une fabrique de pâtes (la loi interdit le travail avant l’âge de quatorze ans).

Il sera encore livreur, puis serveur, avant d’être à quatorze ans apprenti dans le salon de coiffure pour dames où travaille sa sœur Lydia, et passe avec succès un CAP de coiffeur. Il travaille par la suite sur les docks de Marseille.

En 1938, à l’âge de dix-sept ans, il décroche une place de « chauffeur de salle » dans un cabaret de music-hall de Marseille. Par la suite, il participe à un spectacle dont la première partie accueille des débutants. Il chante Trenet, C’est la vie, Boum, Chevalier, On est comme on est et se livre à des imitations de Fernandel et de personnages de Walt Disney.

L’organisateur le prend sous son aile et lui conseille de se trouver un nom de scène. Yves Livi devient Yves Montant – orthographié alors avec un t – pseudonyme choisi en souvenir de sa mère. En effet, par un mélange d’italien et de français, elle lui disait, afin qu’il monte à leur appartement : « Ivo, monta ».

Yves travaille son jeu de scène avec Francis Trottebas – alias Berlingot – et prend des cours de chant avec Marguerite Francelli à partir de l’été 1937. Le débutant, de temps à autre, décroche quelques engagements ; sur scène, il est accompagné au piano par Mado, la fille de son professeur de chant. Ses galas le conduisent parfois jusqu’à Narbonne et Toulouse et, au début de 1940, son nom attire le public. Montand ambitionne alors de passer à l’Alcazar de Marseille. Pour cela, il a besoin d’un répertoire original. Hubert Melone, alias Charles Humel, un auteur-compositeur aveugle, lui écrit deux chansons : Y’a du swing partout, qu’il n’enregistrera jamais, et Dans les plaines du Far-West, qui sera son premier vrai succès3

Le 21 juin 1939, Yves Montand est sur la scène de l’Alcazar, le public est conquis par son tour de chant qui mêle aux reprises des créations originales. La guerre éclate et remet tout en cause pour celui qui ambitionnait de monter à Paris tenter sa chance. Délaissant sa carrière, Montand se retrouve manœuvre aux Chantiers de Provence. Un emploi qu’il finit par perdre et, ne retrouvant pas de travail. Il décide de chercher des engagements comme chanteur.

Il passe dans des cafés, des cabarets modestes, des cinémas où il chante durant l’entracte. Il trouve un emploi de docker et chante encore parfois le dimanche. Berlingot, en janvier 1941, lui permet de reprendre à plein temps la chanson. Yves Montand se produit une seconde fois à l’Alcazar et obtient un triomphe. Il est remarqué par le producteur Émile Audiffred, qui prend en charge sa carrière. Avec lui le chanteur suit des cours de danse et affine son jeu de scène, et lui présente Reda Caire pour travailler sa façon de chanter. Audiffred le fera chanter à Lyon en première partie de Rina Ketty.

À Marseille, il obtient un nouveau succès avec son passage au Théâtre de l’Odéon. Il chante à Aix, Nice, Toulon… Émile Audiffred, monte la revue Un soir de folie dont Yves est la vedette. Envoyé aux chantiers de la jeunesse créés par Vichy, il y reste presque une année durant, puis reprend la scène. En cette période, malgré l’occupation, il gagne assez bien sa vie, mais doit régulièrement prouver que son nom Livi ne dissimule pas en fait celui de Lévy. Risquant enfin d’être envoyé en Allemagne, afin d’éviter le service du travail obligatoire (STO), il décide, en accord avec Émile Audiffred, de partir pour Paris…lire la suite de sa  biographie


TEXTES Wikipédia & Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com
PHOTOS Anne-claire R.

 

Dominique Milherou
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