Société Marseillaise de Crédit, depuis 1865 75 Rue Paradis, 13006 Marseille
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La faillite du Crédit mobilier influera dans la création du Crédit lyonnais (1863), de la Société générale (1864) mais aussi celle de la Société marseillaise de crédit autorisée par Napoléon III lui même par décret impérial du 2 octobre 1865 sous le nom de « Société marseillaise de crédit industriel et commercial et de dépôts ». Les statuts ont été reçus par maître Pascal, notaire à Marseille. Figurent au rang des deux fondateurs : Albert Rostand, banquier (fils de Bruno Rostand, frère d’Alexis-Joseph Rostand) et Étienne Émilien Rey de Foresta. La banque très innovante avec notamment ses Camions Banque sur les plages du Sud aura été la première en France à installer en 1968 à Marseille une caisse de retrait automatique inaugurée notamment par un de ses jeunes employés de l’époque…Fernandel.

Société marseillaise de crédit, 75 rue Paradis, Marseille

Siège historique du 75 rue Paradis

A son lancement le capital de départ est de 40 000 actions de 500 francs chacune (soit 20 millions de francs-or). Au rang des administrateurs, on trouve alors Henry Bergasse, Paul Henri Daru, Joseph Grandval, Jean-Baptiste Pastré (de la Maison Pastré frères), Jules Charles-Roux, etc…. C’est en 1871 qu’Albert Rey installe la banque dans un très bel hôtel particulier du 75 rue Paradis, toujours son siège social de nos jours. Cet immeuble de 1865 est signé de l’architecte Léon Verdier.

L’expansion rapide de Marseille et son port fait déjà de la banque la seizième capitalisation boursière française en 1890. En 1956 la Société marseillaise de crédit innove avec les Camions Banque sillonnant les plages. Cette initiative va durer près de 20 ans avec 400 collaborateurs et 60 véhicules impliqués. Fernand Raynaud en était un des clients.

Puis la banque installe des Stations Banque dans les stations-services, avant de lancer les premiers distributeurs automatiques de billets.

Société marseillaise de crédit, 75 rue Paradis, Marseille

Première caisse de retrait automatique de France à Marseille

La banque est nationalisée en février 1982. Entre 1989 et 1992, Denis Bonnasse vend sa société de bourse à la Société marseillaise de crédit qui cède le contrôle de la société de bourse marseillaise Blisson Bonnasse à la Banque Pallas.

La Société marseillaise de crédit est privatisée en 1998 puis rachetée par le CCF qui devient HSBC France. Vendue en 2008 au Groupe Banque populaire, elle est rachetée en 2010 par le Crédit du Nord (groupe Société générale).

En avril 2012 la Société marseillaise de crédit intègre le système informatique du groupe Crédit du Nord. En 2015 la banque comptait 172 agences et 1400 employés.


Focus sur Albert Rostand, un des deux fondateurs de la banque

 

Société marseillaise de crédit, 75 rue Paradis, Marseille

Créés en 1956, les Camions Banque de la SMC partaient à la rencontre des clients et touristes, en sillonnant les plages

Albert Bruno Marie Rostand est le fils de Bruno Rostand (1780-1860). Il embarque en 1836 pour la Syrie et le Levant, fait le tour des correspondants de la maison de négoce familiale en Grèce, Turquie, Égypte et Chypre, et ne rentre à Marseille qu’en 1839 pour prendre part à la direction des affaires familiales.

Il convainc en 1845 son père de créer la société Rostand et Cie dans le but d’exploiter une ligne de bateaux à vapeur entre Marseille et Constantinople pour concurrencer les paquebots-postes de l’État, dont le service n’était pas satisfaisant.

Trois navires à vapeur en fer et à roues à aubes sont alors construits dans le chantier naval de La Ciotat, permettant ainsi à la nouvelle société d’assurer des lignes bimensuelles à partir de 1846. Il constitue avec son père la Compagnie des bateaux à vapeur du Levant en 1849.

Il devient membre du conseil municipal de la ville de Marseille en 1849.

Société marseillaise de crédit, 75 rue Paradis, Marseille

Hall du siège rue Paradis, autrefois remplis de guichets (voir onglet photos)

En 1851, Albert Rostand propose à Ernest Simons de s’associer pour créer une puissante compagnie maritime de messageries. Cette nouvelle compagnie est créée sous le nom de Messageries nationales (avant de prendre celui de Messageries impériales, puis de Compagnie des messageries maritimes en 1871). Albert, membre du conseil d’administration, en dirige l’exploitation.

Avec la Maison Pastré frères (dont Eugène Pastré), il fonde la Société marseillaise de crédit en 1865, ainsi que la Société des docks et entrepôts de Marseille (qu’il préside) et la Compagnie des services maritimes des messageries neuves.

Occupé par la vie parisienne, avec son épouse Élisa Chancel (belle-sœur par alliance de Jules Charles-Roux), il renonce à son siège au conseil municipal de Marseille en 1860.

Il se consacre alors aux activités bancaires et s’associe au banquier Léon Gay dans la banque Gay, Rostand et Cie.

Il préside également la Banque franco-égyptienne jusqu’en 1880 et la Société financière et commerciale du Pacifique, et siège notamment au conseil d’administration du Crédit industriel et commercial (CIC), de la Caisse d’épargne, de la Banque Gay-Bazin, de la Banque de Savoie…


SOURCES Wikipédia & cotemagazine.com
PHOTOS Google Maps & www.smc.fr

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