Société des Blancs de Zinc de la Méditerranée 137 Boulevard de Pont de Vivaux, 13010 Marseille
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Spécialisé dans la fabrication de peinture à façon, les origines de Somefor (Société Méridionale de Formulation) remontent au 19ème siècle, avec la création en 1893 de la société des Blancs de Zinc de la Méditerranée, entreprise familiale qui produit de l’oxyde de zinc et naturellement du « blanc broyé », ancêtre de la peinture. Son siège art déco des années 1930, seul vestige de l’usine qui aura été conservé, cache de belles surprises. Le reste du site accueille aujourd’hui des résidences et des commerces.

societe-des-blancs-de-zinc-de-la-mediterranee-marseilleSomefor naît de cette structure en 1990, et poursuit sa croissance en évoluant sur les marchés professionnels et grand public, aussi bien en France qu’à l’international. Somefor a acquis son savoir-faire dans le développement et la fabrication de peintures à marque de distributeurs.

Il est difficile de dater précisément la construction des bâtiments qui composaient l’usine des blancs de Zinc. Un arrêté préfectoral du 2 janvier 1894 autorise Messieurs Laugier et Cartouche à créer une usine d’oxyde de zinc principalement utilisé par l’industrie pharmaceutique, même si la production de peinture est attestée dès 1902. Cette usine était exploitée par la Société des Blancs de Zinc de la Méditerranée dont Eugène Chabaury prend le contrôle en 1894.

La société cesse son activité en 1990. Le site est alors repris par la SOMEFOR qui se consacre à la production de peinture pour le bâtiment. Les bâtiments d’origine étaient probablement situés à l’est du site et se présentaient sous la forme de halles accolées dont les faîtages coupés de lanterneaux était orientés est-ouest.

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Partie de l’usine aujourd’hui détruite


Les premiers bureaux se trouvaient immédiatement à droite en entrant dans le site. On les distingue sur les photographies anciennes. Il s’agit de deux petites constructions de plans quasi carré. Les principaux bâtiments de production de l’usine ne semblent pas devoir dater des dernières années du 19e siècle, mais bien plutôt du début du 20e siècle, peut-être de l’immédiat après-guerre.

Ils sont visibles sur une campagne de photographie aérienne du 9 novembre 1923. Le bâtiment des bureaux est un peu plus récent. La plus grande part des bâtiments d’origine sont encore visibles sur une photographie aérienne de 1948 et ils sont remplacés sur celle de 1960 par une nouveau bâtiment orienté nord-sud.

Les bâtiments de production n’ont que peu été modifiés par la reprise du site par la SOMEFOR en 1994, même si les installations industrielles ont elles été profondément renouvelées pour correspondre à la nouvelles activité développée sur place.


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Partie de l’usine aujourd’hui détruite

L’usine s’étend sur une parcelle de 55000 m2. Elle est située entre la rivière Huveaune et le boulevard de Pont-de-Vivaux. Le bâtiment des bureaux est à gauche en entrant et les différents bâtiments de production sont répartis au nord de ce dernier.

Dans l’angle nord-est se trouvaient encore début 2015 les derniers vestiges de l’usine d’origine, avec trois halles couvertes d’un lanterneau orientées est-ouest. Immédiatement au sud a été édifié un autre bâtiment en forme de halle, mais celui-ci est orienté nord-sud.

Les principaux bâtiments de production étaient à l’ouest de ces halles. Construits en béton, ils alignaient des rangées de sheds : 8 pour le plus grand, au sud, et 4 pour le second, au nord. Ce dernier était traversé en son milieu par un vaisseau nord-sud lui aussi couvert d’un lanterneau.

Les sheds présentent de part et d’autre de ce vaisseau des longueurs asymétriques. Ces deux bâtiments, qui abritaient des fosses, reposaient sur une forêt de fins piliers de béton entretoisés.


Le Siège

Le bâtiment des bureaux est le dernier construit sur le site. Il n’était toujours pas édifié lors de la prise de vue aérienne du 13 août 1926, et il faut sans doute le dater de la même époque que le tableau monumental qui orne sa cage d’escalier (1929). La date portée de la ferronnerie de la porte d’entrée, 1893, n’est qu’un rappel de la création de la société.

Le bâtiment des bureaux est construit en béton armé et comporte un rez-de-chaussée, un étage carré et un étage de combles. Il est couvert d’un toit terrasse au milieu duquel perce une verrière à charpente métallique destinée à faire passer la lumière à travers l’étage de comble pour éclairer la coupole de pavés de verre située au-dessus du palier du premier étage. L’étage de combles est en retrait par rapport aux élévations.

Il est entouré d’un brisis à forte pente percé de lucarnes et couvert de tuiles plates. En plan, le bâtiment dessine un T très compact, proche du carré. La barre du T correspond à la façade orientée à l’est qui compte cinq travées. Sa travée centrale forme un avant-corps. Au rez-de-chaussée de cet avant-corps se trouve la porte d’entrée en ferronnerie. Ses motifs typiques de l’Art Déco portent la date 1893.

Au premier étage, l’avant-corps comporte un balcon massif supportant deux lanternes en ferronnerie. Au-dessus du balcon, la lucarne de l’étage de comble est encadré en parties basses et hautes par une mosaïque à dominante bleue portant l’inscription E. CHABAURY et Cie et des motifs végétaux.

Cette inscription en mosaïque se retrouve à l’arrière du bâtiment, sous la lucarne centrale de l’élévation ouest.

Les quatre élévations comportent un soubassement en pierres de taille hachurées. Les baies du premier niveau et du niveau de combles sont à linteau, et celles du second niveau sont en arc segmentaire. L’élévation sud donnant sur la rue a elle aussi bénéficié d’un traitement particulier.

La pointe de la barre du T forme un avant-corps qui a lui aussi été doté d’un balcon et d’une large inscription en mosaïque bleue : SOCIÉTÉ DES BLANCS DE ZINC DE LA MÉDITERRANÉE.

societe-des-blancs-de-zinc-de-la-mediterranee-marseille-9A l’exception de l’élévation nord qui donne directement sur les bâtiments de production, les élévation de ce bâtiment ont en outre été agrémentées d’éléments de décor circulaires en céramique qui viennent ponctuer les rythmes des travées. Des frises en céramique renforcent les lignes des appuis des fenêtres ou celles des couvrements des baies.

A l’intérieur, le vestibule donne dans l’axe de la porte sur le premier et court degré de l’escalier qui dessert les parties arrières du rez-de-chaussée sans que ce léger décalage au sol ne se perçoive dans les niveaux d’élévation.

De ce palier, l’escalier devient tournant à trois volées droites doublées et séparées de repos, la volée centrale aboutissant au grand palier du premier étage qui dessert les différents bureaux. Le sol de ce palier est orné d’une vaste mosaïque à motifs floraux et les pavés de verre de son plafond sont multicolores : bleus, verts, jaunes et blancs.



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