Prison Saint-Pierre, Direction de l’APHM 80 Rue Brochier, 13005 Marseille
6279

La prison Saint-Pierre est une ancien centre de détention inauguré en 1864 au 80 rue Brochier. Il a été désaffecté après l’ouverture de la prison des Baumettes en 1932. La prison a repris du service pendant l’occupation pour l’internement des juifs et des résistants puis servi de bâtiments annexes pour l’assistance publique des hôpitaux de Marseille. Depuis 1993, ce lieu est devenu l’administration centrale de cet organisme, La nef centrale, les ailes Sud-Est, Sud ont été conservées, restaurées et incluses dans le nouveau bâtiment.

La nef en 1990

La construction de la prison débute en 1861. Près de quatre années de travaux seront nécessaires à sa réalisation de la bâtisse dessinée par l’architecte du département des Bouches du Rhône Auguste Martin (1818-1877) à qui l’on doit également la réalisation du Palais de Justice de Marseille en 1862 mais également la Place de la Préfecture en 1866.

L’architecte s’est inspiré d’un nouveau modèle pénitentiaire appliqué en France et rapporté par Alexis de Tocqueville et Gustave de Beaumont, deux magistrats, d’un voyage d’observation aux Etats-Unis. En effet, dans les années 1830, l’État recherche à réformer ses prisons jugées obsolètes voire inadaptées à la société de l’époque.

L’édifice adopte ainsi le modèle dit pennsylvanien, un plan radiant d’où partent du quartier central quatre bâtiments composés de deux étages. La prison ouvrira ses portes en 1864 pour les fermer en 1932 à l’ouverture de la Prison des Baumettes.

La nef de nos jours

Pendant la seconde Guerre Mondiale, la prison fut réouverte pour l’internement des juifs et des résistants dont le Pasteur Marcel Heuzé ou encore le critique littéraire juif Benjamin Crémieux.

Nombreux d’entre eux sont torturés en ce lieu et beaucoup sont déportés vers d’autres prisons ou camps de concentration. Une plaque commémorative fut installée sur l’un des murs de la prison en mémoire de ces tragiques événements.

En janvier 1945, après la libération, la prison sert de centre pour 711 internés dont de nombreuses femmes…des Françaises arrêtées pour collaboration mais aussi des civiles allemandes et italiennes avec des enfants en bas-âge. On y trouve aussi 209 mineurs allemands âgés de 14 à 18 ans.

Après la seconde guerre mondiale, la prison perdit définitivement sa fonction carcérale.

En 1957 un acte de vente de l’ensemble des bâtiments est passé par le département et l’Assistance publique.

Le site en 1990

On y installa en 1993 la direction générale de l’APHM en conservant la nef centrale.

Cette direction a pour missions la stratégie, le pilotage et le contrôle, l’expertise et l’appui, ainsi que le développement des ressources humaines de l’AP-HM.

Elle conserve les missions de gestion nécessitant un suivi centralisé du fait de leur nature ou de leur caractère réglementaire (par exemple les commissions administratives paritaires).

Le pilotage de l’institution est assuré, sous l’autorité de la Directrice Générale, par un comité de direction resserré.


SOURCES Association des Amis du Patrimoine Médical de Marseille & criminocorpus.hypotheses.org & La Marseillaise & AP-HM
PHOTOS Marx, Jean & Denante, Sylvie (c) Monuments historiques & Mappy.fr

Avis
Soyez le premier à donner votre avis !
Laisser votre avis
VOTRE NOTE:

Laisser un commentaire

Autres fiches