Le Pouce de César Rond-Point Pierre Guerre, 13008 Marseille
7480
Arrondissement : 8ème

César Baldaccini, dit César (1921-1998), travaille sur le thème du pouce dès le milieu des années 1960 : il présente un, agrandi, pour la première fois en 1965. En 1988, il réalise un Pouce en bronze doré – même si la patine doré tend aujourd’hui à s’estomper – d’une hauteur de six mètres et pesant plus de quatre tonnes ; celui-ci est envoyé en Corée pour être présenté au Parc des Olympiades de Séoul. Ce même Pouce est ensuite exposé à la Vieille Charité, en 1993, lors d’une rétrospective de l’œuvre de César. Lors de l’ouverture du MAC (Musée d’Art Contemporain) en 1994, il trouve enfin sa place définitive dans le paysage urbain marseillais, au milieu du rond-point Pierre Guerre, à seulement vingt mètres du dit musée.

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Il existe trois autres exemplaires de cette taille, un à Séoul, un au Plessis-Robinson et un troisième qui a été acheté aux enchères par un particulier en 2007 (1 200 000 €).

Il existe une version de douze mètres installée place Carpeaux, à la Défense. Enfin, on trouve des versions plus petites notamment dans le hall d’entrée d’Acropolis (le palais des Congrès de Nice) ou dans le MAC lui-même.

César Baldaccini, dit César est un sculpteur, né le 1er janvier 1921 à Marseille et mort le 6 décembre 1998 à Paris. Il fait partie des membres des Nouveaux réalistes, mouvement né en 1960. Il est également le créateur du trophée en bronze de la cérémonie des césar du cinéma français.

Ses parents, Omer et Leila Baldaccini, italiens d’origine toscane, tenaient un bar à Marseille, où César est né en 1921 dans le quartier populaire de la Belle-de-Mai, au no 71 de la rue Loubon, dans le centre. « Je suis fondamentalement un autodidacte absolu », dira-t-il. Il travaille d’abord chez son père, avant de suivre en 1935 les cours de l’École des Beaux-Arts de sa ville natale avec son condisciple Raymond Normand puis, en 1943, de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris avec Michel Guino, Albert Féraud, Daniel David et Philippe Hiquily, comme lui dans l’atelier de Marcel Gimond.

Il occupe un atelier dans un ancien bordel de la « rue de l’Échaudé », dont les chambres, à la suite de la loi Marthe Richard, avaient été attribuées à des étudiants.

cesar-marseilleDès 1947, il travaille le plâtre et le fer. En 1952, à Trans-en-Provence, il fait ses premiers essais de soudure et ses premières sculptures en ferrailles, en utilisant des matériaux de récupération peu coûteux : ses moyens sont alors toujours modestes, ainsi par manque d’argent pour s’offrir du marbre, César va récupérer dans les décharges de ferraille les matériaux de ses premières sculptures ; des tubes, des boulons, des vis, qui deviennent des insectes, ou se retrouvent dans les courbes puissantes de la Vénus de Villetaneuse.

En 1954, il expose à la galerie Lucien Durand et obtient le prix « collabo » pour une sculpture intitulée Le poisson réalisée à Villetaneuse ; ville où il travaillera une douzaine d’années, grâce à l’aide d’un industriel local, Léon Jacques. En 1956, il participe à la biennale de Venise ; ensuite à la biennale de São Paulo et à la Documenta II en 1959.

En 1961, il se rapproche de Marino di Teana, et rejoint le groupe des Nouveaux réalistes, mouvement fondé par le critique d’art Pierre Restany2, comprenant notamment Mimmo Rotella, Niki de Saint Phalle et Gérard Deschamps. En 1968, il créera à la Manufacture nationale de Sèvres, un Cendrier en porcelaine édité en 50 exemplaires. Réalisé en porcelaine à couverte nacrée semi-mat, il représente un moule en plâtre utilisé pour la production des pièces, et a été produit à partir d’un modèle original en aluminium.

Les Compressions

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Le Pouce à Coblence

À partir de 1960, César centre ensuite son travail sur la technique de la « compression dirigée », qui devient sa marque de fabrique : à l’aide d’une presse hydraulique, il compresse des objets divers. La vicomtesse de Noailles lui offre sa première voiture, une Zil soviétique toute neuve, la seule à Paris.

César la renvoie compressée et plate comme une omelette et ayant perdu 90 % de son volume, d’autres automobiles vont aussi subir le même sort.

Cet acte d’appropriation se veut un défi à la société de consommation et le rapproche des Nouveaux réalistes, dont il fait partie aux côtés de son ami Arman, auquel son nom est souvent associé.

À la Fondation Cartier en 1986 il présente ainsi une compression monumentale de Peugeot 205 Turbo 16 accidentées dans des rallyes automobiles (les Championnes). Ce sont les voitures de Jean Todt compressés comme des galettes de maïs. À la Biennale de Venise, il présente une montagne de compressions, œuvre monumentale de 520 tonnes.

En 1998, sa Suite milanaise est une série réalisée avec des voitures Fiat neuves qui, une fois compressées, sont passées dans les chambres à peinture de l’usine Fiat de Turin, aux couleurs de la gamme de l’année.
Il compresse toutes sortes de matériaux : tissus, papiers, et même bijoux en or que les femmes du monde lui apportent et qu’il rend compressés en cube à porter autour du cou.

A Marseille on retrouve des œuvres du sculpteur sur la corniche Kennedy avec le Mémorial des Rapatriés d’Algérie et au MAC.


SOURCES marseillesculptee.blogspot.fr & Wikipédia
PHOTOS Google Street View

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