Phare du Planier Île du Planier, Marseille
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Phare du Planier
Arrondissement : 8ème

Figurant dès l’origine parmi les phares importants de Méditerranée, Planier a traversé toute cette histoire, du charbon à la cellule photoélectrique, en passant par l’éclairage à l’huile, dans des tours de plus en plus élevées, puisque l’îlot est occupé par un phare depuis le Moyen-Age. Le phare que nous connaissons est le cinquième et remplace celui de 1881 détruit par les Allemands en août 1944. Situé à 15 km de Marseille, sur l’île de Planier, il est inscrit en tant que Monument historique par arrêté du 2 septembre 2002.

L’objectif de la signalisation maritime consiste depuis l’origine à créer des routes maritimes fiables, balisées par des établissements toujours plus visibles, afin de guider une navigation de plus en plus importante.

Les récifs, à peine immergés, qui entourent l’îlot ont été à l’origine de nombreux naufrages. L’îlot est en effet réputé auprès des plongeurs pour ses fonds marins et ses épaves, notamment le Chaouen, un cargo de nationalité marocaine échoué le 21 février 1970, et un Messerschmitt Bf 109, un avion de chasse abattu le 7 mars 1944.

L’important trafic maritime de Marseille imposera la construction de phares toujours plus hauts dans cette zone.

Dès 1320, Robert d’Anjou fit bâtir une tour à feu. En 1774, une tour cylindrique en pierres de 5,85 m de diamètre et de 9 m est reconstruite (élévation de 13 m au-dessus de la mer). Le feu de bois est remplacé par un feu réverbère de 14 lampes à huile (Tourtille-Sangrain).

phare-du-planier-rade-de-marseille-ile-du-planier-architectes-Arbus-Crillon-9Si l’histoire des phares se confond avec celle de la navigation, ce n’est qu’à la fin du XVIIe siècle que la France et l’Angleterre se distinguent dans la construction des phares.

Parmi les grandes dates de l’histoire française des phares figure la création par Napoléon Ier du service des Phares et Balises, dirigé par Augustin Fresnel, et toujours en charge des 148 phares français.

En 1825 est lancé un vaste programme d’éclairage des côtes de France.

En 1829, le phare est remplacé par une autre tour cylindrique en pierre de taille de 36 m de hauteur (40 m au-dessus de la mer). C’est un feu de premier ordre à éclats longs blancs toutes les 30 secondes.

phare-du-planier-rade-de-marseille-ile-du-planier-architectes-Arbus-Crillon-7En 1881, il est de nouveau remplacé par une nouvelle tour cylindrique en pierre de taille de 59 m de hauteur (63 m au-dessus de la mer). C’est un feu électrique, 3 éclats blancs séparés par un éclat rouge. L’ingénieur Augustin Fresnel veilla à la construction de ce phare en l’équipant de ses lentilles qui rendront l’édifice visible à 40 kilomètres. Ce troisième phare fut détruit en août 1944 par les troupes allemandes.

En 1945 un feu provisoire est installé sur un pylône.

Une partie des 170 phares démolis ou gravement endommagés pendant la guerre sera reconstruite à l’identique. Mais la reconstitution du réseau est aussi l’occasion de mettre en oeuvre une nouvelle génération d’édifices, pour lesquels les ingénieurs sollicitent volontiers le concours des architectes et privilégient les reconstructions en béton.

phare-du-planier-rade-de-marseille-ile-du-planier-architectes-Arbus-Crillon-18Le cabinet Arbus et Crillon engage au contraire à partir de 1947 une construction en pierre de taille sur structure béton du phare et de ses annexes. En même temps est construite une résidence destinées aux gardiens du phare et leurs familles.

Allumé le 25 août 1959, le phare de Planier coûta 576 millions de francs 1959. Il fut financé sur les crédits du plan Marshall ; le chantier, jugé trop coûteux, demeura inachevé.

L’ensemble se compose du phare proprement dit, haute tour-colonne de plus de 70 m, et de bâtiments annexes qui se caractérisent par leur élévation ordonnancée et par la mise en oeuvre très soignée de leur maçonnerie en pierre appareillée.

Sur le plan technique, l’actuel phare de Planier n’est pas le plus remarquable. En revanche, le choix du matériau, d’une architecture à la fois éclectique et « néo-visionnaire », la mise en scène du phare et plus encore de ses annexes, comme une place ordonnancée au milieu de la mer, produisent un ensemble monumental tout à fait spectaculaire.

Cet engagement des architectes, à contre-courant de la modernité de l’époque, manifeste une volonté de se situer dans l’esprit des grands projets marseillais, réalisés ou pas, des places de Puget aux abords de la cathédrale, en passant par le Frioul.

Premier contact avec Marseille pour quiconque arrivait du large, cet édifice emblématique bénéficie de l’attachement des Marseillais, des « gens de mer » et du monde de l’art. C’est le seul phare en activité protégé comme monument historique sur la côte méditerranéenne française.


Phare actuel

Le phare du Planier est une tour cylindrique en pierre de taille avec une plateforme carrée portant la lanterne. De grands bâtiments annexes, sur deux niveaux, abritent les logements de gardiennage et les locaux techniques.

Il dispose d’une ancienne sirène à 3 cornets. Depuis août 1959, c’est un feu à éclat blanc toutes les 5 secondes. À l’occasion des 30 ans de l’émission Thalassa, le phare est mis à l’honneur parmi 30 autres et Florence Arthaud en était marraine.

Après l’automatisation du phare en 1986 et le départ des gardiens, l’île abrite une auberge et un centre de plongée. En 2004, les Affaires maritimes font toutefois fermer ces activités. Les bâtiments de l’île sont depuis à l’abandon, malgré plusieurs projets comme l’ouverture d’une maison d’artistes, d’un hôtel ou d’un nouveau centre de plongée.

Dans le cadre d’une action de prévention et de préservation de la qualité du milieu maritime, une opération conjointe des services de l’État a été initiée sur l’îlot de Planier au mois d’août 2017 et s’est terminée fin septembre 2017.

Bien qu’inoccupé depuis de nombreuses années, ce site conservait de nombreux vestiges de son occupation avec, en particulier, des installations et déchets pouvant présenter un risque de pollution.

Ainsi, l’ensemble des cuves, réservoirs et autres récipients contenant des produits dangereux comme des hydrocarbures, huiles de vidange, batteries et bouteilles de gaz ont fait l’objet d’un traitement spécifique.

Avec le concours de la Direction Inter Régionale de la Méditerranée (Phares et Balises) et du Parc National des Calanques, la DDTM13 a effectué au préalable une reconnaissance qui a permis d’établir que la majeure partie des contenants se trouvait dans un état dégradé, susceptible de présenter à terme des risques de fuite.

Face au risque de pollution accidentelle et d’atteinte à la qualité des milieux marins, la DDTM13 a mandaté une entreprise spécialisée pour l’enlèvement de l’ensemble des produits dangereux (batteries, bouteilles de gaz) et une dépollution préventive consistant à vidanger les fluides polluants encore présents sur l’îlot.

Le transfert des fluides s’est opéré vers un navire par pompage gravitaire, pour être ensuite réacheminé vers des centres agréés de traitement des déchets dangereux.

Quantité de déchets évacués :
– 5 bouteilles de gaz,
– 24 batteries, soit 250 kg
– 721 litres d’huile de vidange, soit 620 kg
– 3 750 litres d’hydrocarbures, soit 3 300 kg.


SOURCES Wikipédia & Drac Paca & Préfecture des Bouches du Rhône
PHOTOS Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com

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