Obélisque de Mazargues, la Concorde Marseillaise Rond-Point de Mazargues, 13009 Marseille
4404
Arrondissement : 9ème

Cette copie de l’obélisque de Louxor, érigé à Paris place de la Concorde, est une oeuvre du sculpteur Penchaud, datant de 1811, réalisée en pierre de Cassis. Cette oeuvre singulière dans un paysage méditerranéen finit l’artère du boulevard Michelet pour commencer l’Avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny. C’est à son retour de la campagne d’Egypte que Napoléon avait mis à la mode les obélisques.

Obélisque de Mazargues, MarseilleC’est après la naissance du fils de Napoléon Ier, le Roi de Rome, que le maire proposa au conseil municipal de dédier un obélisque à ce Prince naissant et héritier de l’Empire français.

Un texte fut voté qui devait être gravé dans la pierre. Puis les événements suivirent leurs cours; successivement l’obélisque fut dédié au Duc de Bordeaux, au Comte d’Artois, à la révolution de Juillet. Les diverses inscriptions furent maquillées en 1860, lors de la visite de l’Empereur Napoléon III.

Celle-ci fut déménagée sans bassin de la place Castellane à Mazargues en un seul bloc en 1911 pour permettre l’exécution sur la place de la fontaine offerte par Monsieur Cantini.

Un des textes gravés

L’AN MDCCCXI (1811) ET LE XXIIème JOUR DU MOIS D’AVRIL, LE CONSEIL MUNICIPAL DE LA VILLE DE MARSEILLE A DÉLIBÉRÉ D’ÉRIGER CET OBÉLISQUE EN MÉMOIRE DE LA NAISSANCE DE SA MAJESTÉ NAPOLÉON FRANCOIS JOSEPH ROI DE ROME NÉ LE XX MARS DE CETTE ANNÉE, FILS DE NOTRE GLORIEUX NAPOLÉON LE GRAND ET DE MARIE LOUISE D’AUTRICHE SON ÉPOUSE. CETTE PIERRE VOTIVE A ÉTÉ POSÉE LE XX MAI MDCCCXI (1811). THIBAUDEAU, COMTE DE L’EMPIRE, CONSEILLER D’ÉTAT, ÉTANT PRÉFET DES BOUCHES DU RHONE ET ANTHOINE IGNACE BARON DE SAINT JOSEPH MAIRE DE MARSEILLE.

Obélisque de Mazargues, Marseille

Abattage de l’obélisque original à Luxor. Estampe, Léon de Joannis © A. Fux Musée national de la Marine

Quant à l’obélisque original, à Paris, c’est Méhémet Ali, vice-roi d’Égypte, en signe de bonne entente qui, avec l’accord du baron Taylor puis de Jean-François Champollion, offre à Charles X et la France au début de 1830 les deux obélisques érigés devant le temple de Louxor.

Mais seul celui de droite (en regardant le temple) est abattu et transporté vers la France.

En échange des obélisques, Louis-Philippe Ier offre en 1845 une horloge en cuivre qui orne aujourd’hui la citadelle du Caire, mais qui, pour l’anecdote, ne fonctionna jamais, du moins aux dires des Cairotes, ayant été probablement endommagée lors de la livraison.

Le deuxième obélisque a été officiellement rendu à l’Égypte par le président François Mitterrand, lors de son premier septennat.

Marseille compte ainsi deux obélisques avec celui de la place des fainénants, ramené d’Egypte par Napoléon.


Michel-Robert-Penchaud Obélisque de Mazargues, MarseilleL’architecte Michel-Robert Penchaud
Né à Lhommaizé, près de Poitiers le 25 décembre 1772 et mort à Marseille le 16 décembre 1833, il est le fils aîné de Robert-Louis Penchaud, architecte de la province du Poitou avant la Révolution, et le petit-fils d’un compagnon maçon décédé à Paris en 1756. Après lui, son fils ainé Antoine-Xavier-Robert (Marseille, an XIII- Neuilly, 1854) sera également architecte.

Les troubles révolutionnaires et son enrôlement forcé dans l’armée de l’Ouest l’empêchant de poursuivre ses études d’architecture normalement, ce n’est qu’en 1796 qu’il est admis à Paris dans l’atelier ouvert par Percier et Fontaine.

En même temps, il est recruté comme dessinateur par le Conseil des Bâtiments civils, et participe à plusieurs concours nationaux d’architecture organisés par le ministère de l’Intérieur.

En 1803, il est nommé à Marseille architecte de la Ville à la demande du préfet Thibaudeau. Son premier grand projet est la serre du jardin botanique. Mais il se trouve au centre des querelles opposant le préfet au nouveau maire de Marseille, Antoine-Ignace d’Anthoine, qui le destitue pour le remplacer, de 1807 à 1812, par un autre architecte, Michaud.

C’est bien Michaud et non Penchaud, qui dessine en 1811 l’obélisque-fontaine de la place Castellane. Le même Michaud dirige suivant les plans de Penchaud, la transformation de l’hôtel Roux de Corse en préfecture.

Michel-Robert-Penchaud Obélisque de Mazargues, MarseillePendant cette période, le ministère de l’Intérieur voit en Penchaud le spécialiste à qui confier des missions d’arbitrage jusqu’en Languedoc, mais aussi l’étude et la restauration des monuments antiques du Midi : le Pont Flavien de Saint-Chamas, les Antiques à Saint-Rémy-de-Provence, la maison Carrée de Nîmes, le temple romain de Vernègues, le théâtre d’Arles. L’architecte envisage alors la rédaction d’un ouvrage descriptif des monuments du Sud de la France qui serait un contrepoint au voyage en Italie, alors jugé obligatoire pour tous les artistes et amateurs d’art.

Ces études sont le prélude aux articles qui paraîtront plus tard dans la « Statistique du département des Bouches-du Rhône ».

Le préfet Thibaudeau, voulant s’attacher durablement ses services, le nomme architecte du département en 1808, et Penchaud retrouve en 1812 son poste d’architecte de la Ville à la fin du chantier de transformation de l’hôtel Roux de Corse en Préfecture, au cours duquel Michaud s’est discrédité. Il occupera ces deux fonctions jusqu’à sa mort en 1833.

La carrière marseillaise de Penchaud est un choix réfléchi de sa part car, s’il est à plusieurs reprises attiré par les honneurs parisiens, il a bien conscience d’être en Provence le seul capable de conduire les grands travaux du premier tiers du xixe siècle. Peu de monuments d’époque napoléonienne nous sont parvenus, ceux qui restent datent de la Restauration, et sont tous dignes d’intérêt. Ce sont à Marseille :

L’arc de triomphe (1re pierre en 1825) appelé porte d’Aix,
L’hôpital Caroline sur l’île de Ratonneau,
Le temple protestant de la rue Grignan
La porte du lycée Thiers



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Dominique Milherou
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