Monument à Capazza & Fondere par Castel & Botinelly Rue Curiol, 13001 Marseille
3038
Arrondissement : 1er

Ce monument inauguré le 16 novembre 1930 représente Louis Capazza et Alphonse Fondere partis de la place Jean-Jaurès à Marseille le 14 novembre 1886 pour atterrir en Corse à Appietto après avoir réalisé la première traversée de la méditerranée en ballon…un événement qui marqua l’histoire de l’aéronautique.

Monument à Capazza & Fondere par Castel & Botinelly, MarseilleCette oeuvre est le fruit de la première collaboration entre le sculpteur Louis Botinelly et l’architecte Gaston Castel dont ce fut le septième projet pour arriver au résultat actuel. Cette sculpture se trouve à l’abside du centre paroissial arménien catholique Saint Grégoire l’Illuminateur, en face du Petit Nice et de la place Jean Jaurès 

L’oeuvre a été commandée par le ministère de l’Air et le conseil général des Bouches du Rhône, l’aéro-club de France et les municipalités d’Ajaccio, Bastia et de Marseille. Le monument, a été inauguré le 16 novembre 1930 en par les aviateurs Dieudonné Costes et Maurice Bellonte.

Le récit de la traversée

Dès une heure de l’après midi, la foule envahit la plaine Saint-Michel (Actuellement place Jean-Jaurès) : le Gabizos, ballon sphérique d’un aéronaute déjà connu, Louis Capazza, va s’envoler pour atteindre Cassis.

Musique des pionniers, un détachement militaire et les gardiens de la paix rendent les honneurs. L’émotion est grande…un mistral assez fort gêne le gonflement, et l’on a dû boucher des trous comme on a pu.

A 4 heures, l’aéronaute se déclare prêt à partir, mais il préférerait être accompagné. Un jeune homme se présente…Alphonse Fondère, vingt et un ans, trois de moins que Capazza.

A 4 heures et demie le ballon s’élève, puis s’incline vers la rue de l’Olivier et s’abaisse jusqu’à raser les toits.

Monument à Capazza & Fondere par Castel & Botinelly, MarseilleDéjà des curieux se précipitent, pensant le voir tomber, mais Capazza le relève grâce à un parachute-lest qu’il a récemment inventé. Un poids relié à un parachute attaché lui-même à une longue corde permettant de ramener l’ensemble à bord de la nacelle au moyen d’un treuil.

Le ballon passe ensuite à bonne hauteur au-dessus de Saint-Pierre, puis des collines de Saint-Loup, « semblable à une grosse lune rousse« . En réalité, Capazza avait dans l’idée de tenter la traversée Marseille-Corse. Arrivés à Cassis vers 5 heures, les deux voyageurs décident donc de continuer.

Poussé par le vent, le ballon survole La Ciotat et longe la côte jusqu’aux îles d’Hyères. Mais là, une saute de vent le lance vers le sud, en pleine Méditerranée. La mer gronde, devient houleuse, la tempête se déchaîne. La nuit tombe. Le ballon poursuit sa course vertigineuse dans une obscurité totale…les deux passagers doivent enflammer des allumettes sous une casquette pour consulter leur boussole.

Monument à Capazza & Fondere par Castel & Botinelly, Marseille

A Toulon le canon d’alarme a retenti, L’amiral Krantz, préfet maritime, envoie un bateau, le Robuste au secours des aéronautes qu’il croit en péril. Capazza entend le coup de sirène du bateau à vapeur qui est prêt à lui porter secours mais il continue sa route, malgré les mauvaises conditions atmosphériques.

Le ballon, quoique délesté, frôle les flots; les aéronautes, démunis de ceinture de sauvetage, sont perdus s’ils plongent. Ils suppriment donc la nacelle et se réfugient dans le cercle, où ils s’accrochent aux mailles du filet. Le ballon est à demi dégonflé. Fondère offre alors de se jeter à l’eau, pour sauver au moins son compagnon. Celui-ci refuse, alléguant d’ailleurs que l’appareil, trop allégé, bondirait à une hauteur telle que le survivant serait asphyxié. Aucun recours. C’est la fin…soudain… »un phare à droite« , s’écrie Fondère.

En effet, une lumière oscille mais elle disparaît aussitôt dans un épais nuage. « C’est la terre ! » dit enfin Capazza… « c’est la terre ! le feu de tout à l’heure nous est caché par une colline… voici des taches noires ».

Il s’agissait probablement des Sanguinaires. Le ballon descend et rase les roches granitiques de la côte. A grands coups de soupape, Capazza essaie de vider les derniers gaz; le grand panier d’osier vient heurter le sol et rebondit sur plusieurs centaines de mètres. Lorsqu’il s’arrête, les deux hommes sont vivants mais Fondère est fortement commotionné. En cinq heures et demie, ils ont franchi une distance supérieure à 300 kilomètres à travers la tempête.

Un berger qui passait près des deux rescapés leur apporte les premiers secours et les informe qu’ils sont bien en Corse, sur le territoire de la commune d’Appietto, au lieu-dit l’Alzelli. Il leur donne l’hospitalité pour une nuit et ne veut pas croire que les deux hommes qu’il héberge sont tombés du ciel.

Durant toute cette terrible nuit, les Marseillais ont attendu anxieusement des nouvelles. Mais, sur les huit pigeons prêtés par la société « La Colombe », sept ont dû être abandonnés pour délestage et un seul parvient dans la matinée du 15, porteur d’un message de Fondère daté de la veille, 4h55 après midi. Enfin, à 2 heures après midi arrive une dépêche de Capazza :

« Avons atterri. Ballon en bon état« . Le premier voyage intercontinental est réalisé.


Louis Henri Capazza

Monument à Capazza & Fondere par Castel & Botinelly, Marseillené le 17 janvier 1862 à Bastia et mort le 28 décembre 1928 à Paris, est un aéronaute français. Après le lycée à Bastia, il intègre l’administration des Ponts et Chaussées. Avec la collaboration d’un camarade, P. Livrelli, il établit les plans d’un instrument de précision qui permet de supprimer le calcul nécessaire aux courbes de raccordement sur le terrain. Cet appareil retient l’attention de l’inspecteur général de l’administration, de passage à Bastia. Ce dernier permet aux deux jeunes inventeurs de se rendre à Paris, aux frais de l’État, pour mettre au point l’instrument.

En 1883, l’appareil est terminé et présenté à l’Exposition du Travail au Palais de l’Industrie. Il obtient à vingt et un ans la médaille d’or. La même année, il entre au Service de la carte d’État-Major pour étudier les problèmes relatifs à l’installation du réseau de chemin de fer en Corse.

Louis Capazza se livre à de nombreuses expériences de mesures sur la composition de l’atmosphère pour apprendre à lire avec précision les courants aériens et la manière de s’en servir. Il est nommé vice-président de l’Association Française de Navigation Aérienne. Il est également le fondateur de l’Aéroclub de Belgique. Il accomplit au total plus de deux cents ascensions.

Le 14 novembre 1886, avec le dirigeable « Le Gabizos », Louis Capazza et Alphonse Fondère, un jeune homme de 21 ans, réussissent la première traversée en ballon de la Méditerranée. Ils décollent de Marseille à 04h30 et atterrissent cinq heures et demie plus tard à Appietto, en Corse.

S’élançant du parc de La Villette, à Paris, il effectue en 1892 son premier vol en montgolfière.

Il fait de nombreux vols dans les années 1891-92 au Royaume-Uni, et 1893-94 en France. Il conçoit à cette période un dirigeable en forme de « soucoupe volante », et invente un parachute d’un nouveau genre avec lequel il fait deux sauts.

Lors d’une tentative de vol en août 1892, au Brent Reservoir, populairement nommé lac de Welsh Harp, près de Londres, le ballon glisse hors du filet, et s’envole sans lui. Mis en colère par l’échec de la tentative, les nombreux spectateurs présents, dans un mouvement de foule, tentent de le tuer. La même année, il invente un prototype de ballon qui utilise un grand parachute, en lieu et place du traditionnel filet, qu’il lance depuis l’usine à gaz de La Villette. Le ballon est délibérément crevé en vol, le pilote atterrissant avec le parachute en toute sécurité.

Lors d’une tentative le 7 mai 1903, à cause d’une trop forte pression du gaz, son ballon prend feu. Le 26 octobre 1910, il est le second à traverser la Manche en dirigeable. Parti de Moisson (Yvelines) à bord du « Morning-Post », il atterrit en Angleterre à Aldershot (Hampshire).


Hyacinthe-Alphonse Fondère

Monument à Capazza & Fondere par Castel & Botinelly, MarseilleNé à Marseille, rue Buffon, le 26 août 1865 a été un des pionniers de l’Afrique noire française à la fin du xixe siècle. Il décède à Addis-Abeba le 26 novembre 1930. Accompagnant Louis Capazza, il part en ballon de la place Jean-Jaurès à Marseille pour atterrir en Corse, à Appietto, le 14 novembre 1886, réalisant ainsi la première traversée de la Méditerranée en « plus léger que l’air ».

Remarqué à cette occasion par Savorgnan de Brazza, il devient un de ses collaborateurs et sera un des fondateurs du Congo français. Explorateur, administrateur de territoires, initiateur de sociétés commerciales ou bancaires, d’entreprises ferroviaires, minières, conseiller financier au Maroc, il a été nommé membre du conseil de la Banque française d’Afrique, puis du Conseil supérieur des colonies.

En 1911, il est à l’origine du traité mettant fin au différend franco-allemand au Maroc. À Brazzaville, dans le quartier de la Plaine, la « Case des Messageries fluviales », une case coloniale à pilotis, escaliers à double révolution, volets à persiennes et galeries remonte à 1905. Elle abritait les bureaux des Messageries fluviales fondée par Alphonse Fondère en 1900. Elle a par la suite hébergé les bureaux de l’ATC.


SOURCES Wikipédia
PHOTOS Antiochus42 & DRAC PACA Pierrefeu Odile

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