Monier, la dernière Tuilerie du Bassin de Séon 16 Impasse Louis Foucard, 13016 Marseille
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Site de production de la célèbre tuile marseillaise poinçonnée d’une abeille, la tuilerie Monier, construite en 1965, est implantée à Saint-Henri, sur l’ancien domaine du Château de Foresta, en raison du gisement d’argile du bassin de Séon. L’argile était auparavant extraite de la colline auquel l’usine est adossée. Mais après la construction du centre commercial Grand Littoral en 1996 et plusieurs tassements de terrains, l’extraction cessa face au risque croissant d’effondrement. Aujourd’hui dans l’usine de 20 000 m2 s’affaire une soixantaine de salariés autour de chaînes automatisées produisant près de 25 millions de tuiles par an. Une production en 3×8, 24 heures sur 24…car le four tunnel de 107 mètres de long ne doit jamais s’éteindre !

La carrière du creux du pilot, emplacement actuel de Grand Littoral

La tuilerie changera 9 fois de noms ou de propriétaires au cours de son histoire ! Elle fait partie à ses origines de la Société Générale des Tuileries de la Méditerranée SA, fondée en 1901, par le regroupement de neuf fabricants du Bassin de Séon.

Dans les années 1920, la SGTM SA intègre le groupe de la Société générale des Tuileries et briqueteries de Marseille et Cie (STGM & cie) fondée en 1894 par les principaux tuiliers de Marseille.

Les usines vont subsister jusqu’en 1965, date à laquelle elles seront détruites les unes après les autres, suite à la construction de cette usine ultramoderne, entièrement automatisée et pouvant produire plus, à elle seule, que toutes les autres réunies. De nouveaux équipements, four, tunnel et séchoirs artificiels se mettent au service d’un nouveau type de produits, la tuile romane.

L’usine produit également deux autres types de tuiles la Galléane et l’Abeille, avec son célèbre poinçon repris aux tuileries Guichard Carvin & Cie aujourd’hui disparues. La création  de cet immense complexe industriel a eu pour effet de regrouper la quasi-totalité de la production marseillaise au sein de la SGTM SA.

C’est après la deuxième guerre mondiale que la colline autrefois vignoble puis parc du Château de Foresta sera transformé en carrière de terre appelée « le creux du pilot ».

On trouvait dans cette carrière de larges chemins qui descendaient en spirale jusqu’à la tuilerie. Les ouvriers creusaient ces chemins à la pioche et y installaient des rails pour faire circuler des wagonnets dans lesquels ils transportaient l’argile. Au fond du creux, on trouvait des couches d’argile blanche ou jaune remplies de coquillages et de squelettes d’animaux fossilisés.

La carrière sera ensuite expropriée dans les années 90 afin de construire le centre commercial Grand Littoral. Selon un des descendants du marquis de Foresta, une des héritières dans le besoin avait négocié toute seule avec la mairie un prix de rachat faible.

La Tuilerie au pied des lettres MARSEILLE

Quant au propriétaire actuel, Monier, l’histoire de la société démarre en 1919 lorsque la société britannique Redland est créée.

En 1954, Redland devient actionnaire majoritaire de la société allemande Braas implantée sur le site de Heusenstamm près de Francfort-sur-le-Main.

En 1997, le groupe français Lafarge rachète Redland pour en faire sa division toitures.

En 2007, le Groupe Lafarge cède 65 % du capital de Lafarge Couverture au fonds de private-equity PAI partners. À partir de 2008, la société commercialise et communique désormais sous le nom de Monier.

En 2013, le groupe change son nom en Braas Monier Building Group.

Pour la petite histoire on comptait quatre-vingt seize tuileries marseillaises en 1895…99 % des exportations de tuiles fabriquées en France le sont alors depuis Marseille !

Le bassin de Séon comptait encore une vingtaine de tuileries à la fin des années 50.

Ayant largement participé à la grandeur de Marseille, les tuileries ont fonctionné notamment grâce à la main d’œuvre bon marché provenant de la succession de vagues d’immigration, comme les Italiens et les Espagnols ou Arméniens qui étaient alors logés dans les cités ouvrières appartenant aux tuileries.

Cette tuile a même été exportée jusqu’en Australie grâce au bateau anglais que la société affrétait à une certaine époque !


Les dates clefs 
1894 : création de la Société générale des Tuileries et briqueteries de Marseille et Cie (STGM & cie)
1901 : fondation de la Société Générale des Tuileries de la Méditerranée SA (SGTM SA)
1965 : construction de l’usine Monier à Saint-Henri
1973 : création des Tuileries de Marseille et de la Méditerranée (TMM)
1983 : fondation de la Société des Tuileries de Marseille et de la Méditerranée-industries (TMM-industries)
1987 : rachat du groupe par Élysée Investissement
1989 : rachat par le groupe Saint-Gobain et fermeture de la carrière du bassin de Séon
1992 : direction par le groupe Redland
1996 : rachat par le groupe Lafarge couverture
2006 : fermeture du site des Milles
2007 : rachat par le groupe Monier


Les appellations de l’entreprise depuis sa création 
La Société Générale des Tuileries de la Méditerranée SA, Tuileries de Marseille et de la Méditerranée (TMM), Société des Tuileries de Marseille et de la Méditerranée-industries (TMM-industries), Générale Française de Céramique, Saint-Gobain, Redland, Coverland, Lafarge couverture et enfin…Monier.


SOURCES Fiche d’entreprise rédigée par Elodie Maniaval en 2016, dans le cadre de la collecte “Histoire sociale du territoire à travers les Mémoires orales des industries Marseillaises » & Wikipédia
PHOTOS Archives & Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com

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