Mémorial des Rapatriés d’Algérie par César Corniche Président JFK, 13008 Marseille
8023
Arrondissement : 7ème

Sur la Corniche s’élève cette immense pale d’hélice de bateau en bronze maritime mesurant neuf mètres de haut et pesant vingt tonnes. Cette structure, inaugurée en 1970, est l’œuvre du sculpteur César Baldaccini dit « César« . Elle constitue le Mémorial des Rapatriés d’Algérie. L’hélice de bateau symbolise la traversée de la Méditerranée qu’ont du faire les rapatriés en 1962 pour rejoindre Marseille. C’est le lieu de commémoration des Rapatriés d’Algérie.

Mémorial des Rapatriés d'Algérie par César, Corniche Kennedy, Marseille

On peut y lire :

« La Ville de Marseille. A l’armée coloniale qui pendant des années a uni, sans distinction d’origine, de couleur et de race, des hommes de courage et d’abnégation. Ils ont combattu au prix de leur sang pour la liberté de la France. Ils ont porté jusqu’au coeur de l’Europe les drapeaux victorieux des régiments d’outre-mer. Salut à vous qui vous êtes sacrifiés« 

Suite aux accords d’Évian signés le 18 mars 1962 et à la déclaration d’indépendance de l’Algérie le 5 juillet 1962, près de 200 000 « pieds-noirs » souhaitaient rentrer en France. Mises face à un choix qui n’en est pas un : « la valise ou le cercueil« , les familles pieds-noirs attendaient devant les quais, parfois plusieurs jours, pour pouvoir embarquer afin de regagner la France.

Des bateaux surchargés sont arrivés à Marseille. Les arrivants, démunis, ont été accueillis par des pancartes peu engageantes (« les pieds-noirs à la mer« ).

Ces hommes et ces femmes déracinés ont du retrouver un logement, un travail et commencer une nouvelle vie dans un pays qu’ils ne connaissaient pas, où ils n’étaient pas les bienvenus et dans lequel rien n’avait été prévu pour leur réinsertion.

Une aide à l’installation leur a cependant été accordée et un Secrétariat d’État aux Rapatriés a été mis en place.


César Baldaccini, dit César
Mémorial des Rapatriés d'Algérie par César, Corniche Kennedy, Marseilleest un sculpteur, né le 1er janvier 1921 à Marseille et mort le 6 décembre 1998 à Paris. Il fait partie des membres des Nouveaux réalistes, mouvement né en 1960. Il est également le créateur du trophée en bronze de la cérémonie des césar du cinéma français.

Ses parents, Omer et Leila Baldaccini, italiens d’origine toscane, tenaient un bar à Marseille, où César est né en 1921 dans le quartier populaire de la Belle-de-Mai, au no 71 de la rue Loubon, dans le centre. « Je suis fondamentalement un autodidacte absolu », dira-t-il. Il travaille d’abord chez son père, avant de suivre en 1935 les cours de l’École des Beaux-Arts de sa ville natale avec son condisciple Raymond Normand puis, en 1943, de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris avec Michel Guino, Albert Féraud, Daniel David et Philippe Hiquily, comme lui dans l’atelier de Marcel Gimond.

Il occupe un atelier dans un ancien bordel de la « rue de l’Échaudé », dont les chambres, à la suite de la loi Marthe Richard, avaient été attribuées à des étudiants.

Mémorial des Rapatriés d'Algérie par César, Corniche Kennedy, MarseilleDès 1947, il travaille le plâtre et le fer. En 1952, à Trans-en-Provence, il fait ses premiers essais de soudure et ses premières sculptures en ferrailles, en utilisant des matériaux de récupération peu coûteux : ses moyens sont alors toujours modestes, ainsi par manque d’argent pour s’offrir du marbre, César va récupérer dans les décharges de ferraille les matériaux de ses premières sculptures ; des tubes, des boulons, des vis, qui deviennent des insectes, ou se retrouvent dans les courbes puissantes de la Vénus de Villetaneuse.

En 1954, il expose à la galerie Lucien Durand et obtient le prix « collabo » pour une sculpture intitulée Le poisson réalisée à Villetaneuse ; ville où il travaillera une douzaine d’années, grâce à l’aide d’un industriel local, Léon Jacques1. En 1956, il participe à la biennale de Venise ; ensuite à la biennale de São Paulo et à la Documenta II en 1959.

En 1961, il se rapproche de Marino di Teana, et rejoint le groupe des Nouveaux réalistes, mouvement fondé par le critique d’art Pierre Restany2, comprenant notamment Mimmo Rotella, Niki de Saint Phalle et Gérard Deschamps. En 1968, il créera à la Manufacture nationale de Sèvres, un Cendrier en porcelaine édité en 50 exemplaires. Réalisé en porcelaine à couverte nacrée semi-mat, il représente un moule en plâtre utilisé pour la production des pièces, et a été produit à partir d’un modèle original en aluminium.


Les Compressions

Mémorial des Rapatriés d'Algérie par César, Corniche Kennedy, MarseilleÀ partir de 1960, César centre ensuite son travail sur la technique de la « compression dirigée », qui devient sa marque de fabrique : à l’aide d’une presse hydraulique, il compresse des objets divers. La vicomtesse de Noailles lui offre sa première voiture, une Zil soviétique toute neuve, la seule à Paris.

César la renvoie compressée et plate comme une omelette et ayant perdu 90 % de son volume, d’autres automobiles vont aussi subir le même sort.

Cet acte d’appropriation se veut un défi à la société de consommation et le rapproche des Nouveaux réalistes, dont il fait partie aux côtés de son ami Arman, auquel son nom est souvent associé.

À la Fondation Cartier en 1986 il présente ainsi une compression monumentale de Peugeot 205 Turbo 16 accidentées dans des rallyes automobiles (les Championnes). Ce sont les voitures de Jean Todt compressés comme des galettes de maïs. À la Biennale de Venise, il présente une montagne de compressions, œuvre monumentale de 520 tonnes.

En 1998, sa Suite milanaise est une série réalisée avec des voitures Fiat neuves qui, une fois compressées, sont passées dans les chambres à peinture de l’usine Fiat de Turin, aux couleurs de la gamme de l’année. Il compresse toutes sortes de matériaux : tissus, papiers, et même bijoux en or que les femmes du monde lui apportent et qu’il rend compressés en cube à porter autour du cou.

A Marseille on retrouve des œuvres du sculpteur sur le rond-point Pierre Guerre avec Le Pouce de César et non loin de là au MAC.


SOURCES Wikipédia
PHOTOS Warburg & Google Street View

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