Lycée Colbert, Les Fresques Sacrifiées de Philippe Sourdive Rue Charras, 13007 Marseille
2339
Arrondissement : 7ème

C’est en 1954 qu’est livré dans le quartier des Catalans, le Lycée Colbert, sous la baguette de l’agence EggerPouillon. Dans la cour de l’établissement, originellement destinée à la pratique du sport, les murs de soutènement Est et Sud sont alors ornés de panneaux céramiques colorés créés par Philippe Sourdive, labellisés tout comme l’établissement «Architecture contemporaine remarquable». Un article signé David Coquille de La Marseillaise a révélé que ces panneaux ont été en partie détruits, dans l’urgence, lors de travaux de mise en sécurité le 19 novembre 2018, suscitant l’indignation. Le conseil régional a justifié sa décision par la vétusté de l’œuvre dont il avait la responsabilité.

Lycée Colbert, Les Fresques Sacrifiées de Philippe Sourdive, Marseille

Au fond les fresques

Philippe Sourdive était céramiste à Aix en Provence et collaborera notamment avec le Corbusier pour le toit terrasse de sa cité radieuse marseillaise et avec son ami Fernand Pouillon, rencontré à 20 ans aux Beaux-Art de Marseille, pour son ensemble d’immeubles du Vieux-Port ou encore le Camp du Grand Arenas.

Les deux architectes témoignent à cette époque d’un rare intérêt pour ces carreaux de faïence colorée afin de jouer avec les mouvements du soleil et pour les claustras en terre cuite conçus par Philippe Sourdive. Ces derniers étaient fabriqués dans les tuileries des Milles où le céramiste sera emprisonné pendant la seconde guerre mondiale…Sourdive sera libéré en 1941 et montera son atelier dans une aile de l’Hôtel Boyer d’Éguilles.

En 1964 Sourdive rachète la fabrique de poteries de Cliouscat dans la Drôme fondée en 1903 par Marius Anjaleras. Cette fabrique poursuit aujourd’hui, avec une dizaine de salariés et les enfants de Philippe, Olivier et Nicolas, une production dont les formes et les décors sont puisés dans la riche collection de la famille Sourdive.

Lycée Colbert, Les Fresques Sacrifiées de Philippe Sourdive, Marseille

Les éléments d’ornementation créé par Sourdive, carreaux de faïence et claustras, marquent aujourd’hui profondément l’ADN et le style des deux célèbres architectes, Pouillon et le Corbusier.

Quant au lycée Colbert dans les années 1990, l’établissement avait fait l’objet d’une rénovation des espaces intérieurs, réalisée par les architectes P. Poissonnier et A. Ferrand. L’Histoire se répète…dans le cadre d’une mise aux normes de sécurité, la galerie qui ornait le mur Est de la cour avait été supprimée.

Le parement de pierre rosée de Lyon qui ornait la façade sur rue a dû également être entièrement déposé en raison de son instabilité. La façade a été réhabilitée en 2006.


SOURCES La Marseillaise David Coquille & Eve Roy, drac paca crmh, 2006 & Jacques Sbriglio, Guides d’architecture & ceramique.comAxel Aucouturier
PHOTOS Lycée Colbert

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