Les Tuileries de l’Estaque & Saint Henri Allée Sacoman, 13016 Marseille
6519
Arrondissement : 16ème

Le paysage actuel ne révèle pas que l’Estaque et Saint Henri ont été des quartiers grands producteurs de tuiles et briques exportées dans le monde entier des années 1880 jusque dans les années 1960… Il ne reste que peu de vestiges de ce passé industriel si ce n’est des rues portant le nom d’anciens exploitants ou faisant référence à l’activité telles que les allées « Sacoman » ou encore la fontaine « aux tuiles ». Monier est aujourd’hui la dernière Tuilerie du Bassin de Séon.

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Cette activité était concentrée sur un territoire assez restreint à l’Est du village de l’Estaque. Il s’agissait là d’un territoire peu construit et à l’écart de la grande ville, idéal pour une activité extractive. Le gisement d’argile était exceptionnel tant par sa qualité que par sa quantité.

Il existait cent-cinquante tuileries sous le Second-Empire et elles ont largement contribué à la prospérité de Marseille. Les navires sortant du port ont longtemps été lestés de tuiles qui représentaient de loin le plus fort tonnage de produits marseillais exportés.

Ces tuiles ont protégé d’innombrables toitures aux quatre coins du monde et ont très largement contribué aussi à la renommée de la ville. La production en 1910-1911 a atteint 345 000 tonnes !

L’histoire des tuileries de l’Estaque s’inscrit dans le contexte plus large des tuileries du bassin de Séon, dont le secteur de l’Estaque est la partie septentrionale :

En 1805, vingt-et-une tuileries-briqueteries, employant en tout quarante-cinq ouvriers, existaient dans le bassin de Séon (l’Estaque, Saint-Henri, Saint-André).

Le cadastre de 1819 mentionne vingt-sept tuileries, appartenant en 1827 à une douzaine de propriétaires, parmi lesquelles apparaissent les noms de Fenouil, Icard, Sacoman, Tamisier, Fareine. Ces petites tuileries artisanales sont toutes en piémont de colline, souvent en bord de mer, dans les quartiers de l’Estaque, de la Fontaine-des-Tuiles, de la tour Saumaty (quartier Saumaty) et des Guérites (quartier de l’Estaque-Gare).

Sans doute sont-elles situées au plus près des poches d’argile qu’elles exploitent et n’ont-elles qu’une activité saisonnière. Le milieu du 19e siècle est un moment de développement de l’activité, favorisée par une conjonction de facteurs : la découverte de grandes carrières d’argile lors du percement de la voie ferrée Avignon-Marseille, la nécessité de fabriquer des briques pour le tunnel ferroviaire de la Nerthe, l’arrivée des eaux du canal de Marseille dans le bassin de Séon qui pallie la pénurie d’eau.

La voie ferrée permet l’approvisionnement en charbon. Les innovations techniques (invention du four continu Hoffmann et de la tuile plate à emboîtement) vont de pair avec l’ouverture d’un marché local avec le développement urbain de la ville, et d’un marché mondial avec le développement de la navigation maritime et l’expansion coloniale, les productions céramiques constituant un fret retour.

Dans la seconde moitié du 19e siècle, des tuileries du début 19e siècle disparaissent, d’autres plus importantes sont construites et la façade maritime de l’Estaque se hérisse d’embarcadère de tuileries. Ces tuileries se concentrent sur des parties des quartiers de la Fontaine-des-Tuiles, de l’Estaque-Gare et surtout dans le quartier Saumaty. Occupant le bord de mer ou les abords immédiats de la gare, les principales tuileries étaient celles des familles Roux, Sacoman, Fenouil et Pierre.

Elles se regroupent en société à partir de la fin du 19e siècle. Ce sont les seules qui continuent à fonctionner dans l’entre-deux-guerres, les tuileries artisanales qui ont pu subsister jusqu’à la fin du 19e siècle ayant disparu.

Tuileries Monier encore existantes

En 1946, en dehors du quartier Saumaty où se regroupent les grandes tuileries, ne subsistent que la tuilerie Pierre au quartier de la Fontaine-des-Tuiles et la tuilerie de la Plata et la Grande Tuilerie à l’Estaque-Gare. L’activité céramique s’arrête complètement dans les années 1970.

Aucune tuilerie ne subsiste sur l’étendue du secteur de l’Estaque-Les Riaux. Le seul vestige architectural de toutes ces tuileries est un bâtiment qui faisait partie de la tuilerie Sacoman (construite en 1865, reconstruite en 1883, démolie en 1947 – quartier de la Fontaine-des-Tuiles).

Cependant les tuiliers ont laissé d’autres traces, dans la toponymie, dans la construction de logements (par exemple des constructions réalisées par les Sacoman, voire dans la topographie très chahutée de la zone de piémont où les trous d’exploitation d’argile et les dépotoirs de tuiles participent au relief du secteur de l’Estaque-Eglise, de l’Estaque-Gare et de la Fontaine-des-Tuiles.


SOURCES Marseilleforum par CocoB & culture.gouv.frdarcussia
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