Les établissements Kuhlmann Montée des Usines, 13016 Marseille
4607
Arrondissement : 16ème

En 1916, la Société Minière Métallurgique Pénarroya, spécialisée dans le traitement du plomb cède une partie de terrain située sur les Carrières de la Caudelette, dans le quartier des Riaux, aux établissements Kuhlmann, groupe industriel français fondé par le Pr Frédéric Kuhlmann en 1825, dans la chimie. Il s’agit en 1936 de la onzième plus grosse capitalisation boursière française. Le groupe restera sur le site jusqu’en 1967, période ou il sera absorbé par Ugine (Ugine-Kuhlmann), puis par Péchiney-Ugine-Kuhlmann (PUK) avant de fermer ses portes en 1988…le site est aujourd’hui à l’abandon. 

Frédéric Kuhlmann

À sa mort en 1881, Frédéric Kuhlmann dirige une société qui va encore se développer puis procéder à des fusions pour former l’un des principaux groupes industriels chimiques français au xxe siècle, appelé le plus souvent « Établissements Kuhlmann ».

En 1913, l’entreprise occupe la 40e place au palmarès des plus grandes entreprises françaises.

Mais la Première Guerre mondiale survient et le nord de la France est occupé par les Allemands. Donat Agache, petit-fils de Frédéric Kuhlmann, multiplie les implantations en dehors des zones de conflits, en particulier dans l’Ouest, et aux alentours de Marseille à Port-de-Bouc et dans le quartier marseillais des Riaux.

La production des engrais laisse place à celle des acides sulfuriques monohydratés, qui approvisionnent par exemple la poudrerie de Saint-Chamas par 10 000 tonnes par mois (utile à l’industrie militaire).

La reconversion agricole se fait à nouveau entre les deux guerres. Les nouvelles usines sont financées par une introduction en Bourse et vingt augmentations de capital entre 1916 et 1930, selon les calculs de l’historien Hervé Joly.

La part de la famille diminue, mais les descendants conservent des postes de direction.

En 1924, le groupe fusionne, à la demande de l’État, avec la Compagnie nationale des matières colorantes, elle-même issue d’une fusion en 1917 de la société chimique des matières colorantes de Saint-Denis avec une société du même secteur dans la région lyonnaise.

Les années 1920 voient le développement des matières plastiques et résines synthétiques par le groupe, alors que le pétrole devient plus abondant et moins cher.

Les usines produisent alors notamment des superphosphates, des acides nitriques, du dibromure d’éthylène, du dichloréthane et du bromure de méthyle.

Vue aérienne de l’Estaque et Riaux

Dès 1936, c’est la onzième capitalisation boursière française, après la montée en puissance des sociétés industrielles françaises à la Bourse.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’occupant allemand exige de détenir, via le groupe chimique allemand IG Farben, la majorité des parts dans une nouvelle société regroupant toutes les activités dans les colorants, y compris les Établissements Kuhlmann.

Le groupe deviendra ensuite « Ugine-Kuhlmann » après avoir fusionné en décembre 1966 avec le groupe français d’aciers spéciaux Ugine et la « Société des Produits Azotés ».

En 1971, une autre fusion, avec Péchiney, donne naissance au premier groupe industriel privé français, Pechiney-Ugine-Kuhlmann.

Ce géant de la chimie française produit alors notamment de l’acide brohydrique, du bromure de méthyle, du perchloro-méthylmercaptan, de l’anhydride sulfureux,de la pâte de carbone amorphe, des lessives de soudes et du chlorure de vinyle monomère.

En 1974 (premier choc pétrolier), sa situation financière se dégrade. En 1982, le gouvernement de gauche décide de nationaliser et de financer sa restructuration.

PUK abandonne la chimie et les aciers spéciaux et reprend le nom de Péchiney.

A ce moment-là, Elf-Atochem entre en scène et restera sur le site marseillais jusqu’à la cessation d’activité.

Depuis, c’est une friche industrielle en cours de réhabilitation par l’entreprise Rétia filiale de Total. Sur cette partie du site, il y avait des ateliers chimiques fabricant du sulfate de cuivre, du sulfure de charbon, de l’acide sulfurique. Ils ont été fermés en 1988.

La cité ouvrière Kuhlmann existe toujours à côté du terrain avec quelques maisons encore visibles.

Sous cette usine abandonné se trouve le souterrain du Rio Tinto exploité par la SNCF. Il fait parti d’un tunnel mixte composés de trois éléments distincts :

– Le tunnel de Rio Tinto, côté entrée, d’une longueur de 478 m.
– Une galerie de protection et de liaison (appelée galerie de l’Assiette ou de Rio Tinto) de 29 m de long, avec 7 fenêtres.
– Et, côté sortie, le tunnel de Caudelette, de 124 m.


SOURCES Wikipédia & riotinto.fr & tunnels-ferroviaires.org
PHOTOS Archives & Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com

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