Les Aciéries du Nord…pour seuls vestiges, un Boulevard Boulevard des Aciéries 13010 Marseille
1046
Arrondissement : 10ème

Dans le quartier de la Capelette, dans la voie portant depuis 1959 le nom de « Boulevard des Aciéries », se trouvaient jusqu’en 1950 les Aciéries du Nord, l’une des plus importantes usines métallurgiques de Marseille.

Usine de Haumont des Aciéries du Nord

Usine de réparation de locomotive des Aciéries du Nord à Haumont

Les « Aciéries du Nord » (ADN), spécialisées dans la réparation des wagons et locomotives, naissent à la fin de la première guerre mondiale à l’initiative de Bruno Roberty qui, ne pouvant livrer sa production faute de moyens de transport, adjoint à son huilerie un atelier mécanique de réparation de wagons.

En 1920, une société distincte de l’huilerie est créée sous le nom de « Chantiers et Ateliers de la Capelette« . Les ADN entrent dans son capital et l’absorbent en 1925. Élément d’un puissant groupe national dont les De Wendel sont l’actionnaire principal, l’entreprise est alors sous contrat avec la SNCF, dont elle répare les locomotives. Située dans la banlieue industrielle est de Marseille, à proximité des ateliers SNCF du Prado, elle emploie des centaines de personnes.

Pendant la deuxième guerre mondiale le contrôle des entreprises constitue un enjeu important pour la Résistance, en particulier communiste, dans le cadre de l’insurrection nationale.

La CGT clandestine est très implantée dans les Aciéries du Nord et les ouvriers ont participé activement aux mouvements de grève sous l’Occupation. Alors que le mot d’ordre était alors de saboter la production, il s’agit, pendant les combats de la Libération, de sauvegarder l’outil de travail. Les Milices patriotiques exercent donc un contrôle strict en ce sens. D’ailleurs, le comité local de Libération prend, à ce moment-là, le contrôle de l’entreprise, arrête la direction collaborationniste et ne tarde pas à relancer, sous sa responsabilité, les réparations de locomotives.

Mais l’après-guerre voit disparaître les Aciéries du Nord qui n’ont pas réussi les tentatives de reconversion de leurs usines alors que les commandes de réparation de locomotives à vapeur diminuaient considérablement : 527 000 heures facturées en décembre 1948, 211.000 heures en décembre 1949 et seulement 36.000 heures en 1950. La SNCF est alors l’unique client des Aciéries du Nord.

Le boulevard des Aciéries en 2019

Des solutions sont tentées : tracteurs, moteurs Diesel, mécanique générale… mais elles ne sont pas satisfaisantes. Les Aciéries du Nord doivent également affronter un climat houleux à la Libération (réquisition et « gestion ouvrière » à Marseille, séquestre à l’usine de l’Horme, administration provisoire pour les autres usines). Les Ateliers de la Capelette ferment en 1950, entraînant une charge de cent millions de francs d’indemnités de licenciement « du fait des conventions très particulières qui avaient été passées par le régime de la réquisition ».

C’en est fini pour les Aciéries du Nord qui ne peuvent plus faire face : le résultat de l’exercice 1951 fait apparaître une perte de 397,5 millions de francs. La liquidation judiciaire intervient en 1951.

Avant de se nommer Boulevard des Aciéries en 1959, cette voie s’est appelée Traverse Uziglio (du nom d’un propriétaire de ce domaine) ou encore Traverse du Moulin (à cause du Moulin de Cabasse qui s’y trouvait).



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