Le Vieux Port Vieux-Port, 13001 Marseille
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Le Vieux-Port, en provençal lo Pòrt Vielh selon la norme classique, lou Port-Vièi selon la norme mistralienne est le plus ancien port de Marseille, ainsi que le centre historique et culturel de la ville depuis sa fondation sur ce site durant l’Antiquité.

photo-vieux-port-de-marseille-5Le port était le centre économique de Marseille jusqu’au milieu du xixe siècle, ouvert sur le commerce de la Mer Méditerranée puis des colonies françaises. Les activités portuaires de commerce furent ensuite déplacées vers d’autres sites plus au nord : les bassins de l’actuel Grand port maritime de Marseille.

Le « vieux port » est aujourd’hui un port de plaisance, un lieu de rassemblement populaire et l’un des symboles de Marseille. Le Vieux-Port est aussi un pôle intermodal de transport, avec une station de métro, de nombreux bus et plusieurs services maritimes dont le Ferry Boat, les navettes du Frioul, de Pointe Rouge et l’Estaque.


Antiquité

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Hypothèse de restitution Jean-Marie Gassend, aquarelle, 2009 – Collection du Musée d’Histoire de Marseille

En 600 av. J.-C., les Phocéens débarquèrent dans la calanque du Lacydon, qui forme aujourd’hui le Vieux-Port. Ils s’installent sur la rive nord du port et construisent des temples, un théâtre, une agora. La ville est protégée par des remparts dont certaines parties sont encore visibles au jardin des vestiges situé au centre Bourse. Pour faire face à l’augmentation de la population, le tracé des remparts évoluera jusqu’au xviie siècle.

Le fond du port est occupé par des marais qui sont asséchés progressivement dès l’occupation grecque ainsi que l’ont montré les fouilles archéologiques effectuées, avant la construction d’un parc de stationnement souterrain, place du Général-de-Gaulle.

La rive sud est occupée par des carrières d’où sont extraites les pierres qui servent à l’édification des remparts. C’est également la cité des morts, le lieu où sont inhumés les défunts.


Moyen Âge

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1584

Sur la rive sud, entre les iiie et ixe siècles, est édifié la très puissante Abbaye de Saint-Victor de Marseille. À l’est de l’abbaye, on trouve des salines dès le vie siècle. Elles font partie de la donation du comte Thibert à l’abbé de Saint-Victor au xe siècle.

Possessions de l’abbaye jusqu’à ce que celle-ci les vende en 1512 pour l’extension des tercenaux du roi Louis XII. Les tercenaux sont établis en 1488, sur ordre de Charles VIII afin d’abriter les galères du roi.

Dès le xe siècle, les marais asséchés de la rive est du port prennent le nom de plan Fourmiguier. Y sont installés des entrepôts, des chantiers de charpente et un chantier communal de constructions navales. Des cordiers s’y installent également et travaillent le chanvre pour la fabrication des élingues et cordages. C’est de ce chanvre, canebe en provençal que vient le nom de Canebière.

En 1265, le comte de Provence, Charles Ier commande aux armateurs de la ville, une trentaine de galères complètement équipées. En 1291, Charles II aménage au sud-ouest du port un embarcadère militaire.

En 1296, il obtient de la ville une concession sur le plan Fourmiguier afin d’y installer des chantiers navals. C’est l’origine de l’arsenal des galères.


XVe au XVIIe siècles

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1820

Les quais furent construits sous Louis XII et Louis XIII, entre le xve et le xviie siècle. En 1423, des galères espagnoles vinrent attaquer le port et la tour Saint-Jean et repartirent avec, notamment en trophée, la chaîne barrant l’entrée du Vieux-Port. Cette dernière se trouverait sur le mur de la Cathédrale de Valence (Espagne).

Le quartier de l’Hôtel de Ville

À la fin du xvie sont construites les deux plus vieilles maisons de Marseille, l’hôtel de Cabre et la Maison Diamantée. La loge des marchands, créée en 1599 fait construire la maison de Ville, l’actuelle mairie de Marseille. L’édifice est construit par les architectes Gaspard Puget et Mathieu Portal.

Curiosité du bâtiment, il a deux niveaux mais l’escalier se trouve dans le bâtiment d’à-côté. En 1666, le roi Louis XIV ordonne l’extension de la ville. Les remparts sont détruits, la ville s’étend sur toutes les rives du Vieux-Port.

L’Arsenal des galères

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1910

Sur le plan Fourmiguier, le port militaire installé par Charles II est agrandi et englobe le chantier communal. C’est l’arsenal des Galères dont il reste aujourd’hui un pavillon sur le cours Estienne d’Orves.

À la sortie du port, l’antique tour du roi René et l’hôpital de l’ordre hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem sont intégrés dans le nouveau fort qui, construit par le chevalier de Clerville, prend le nom de fort Saint-Jean. Sur l’autre rive, le fort Saint-Nicolas est construit autour de la chapelle de Saint-Nicolas par le même architecte.


XVIIIe

Devant le fort Saint-Jean est construit, en 1719, la consigne sanitaire qui vient compléter le dispositif de quarantaine du Frioul. Ce dispositif sera impuissant à empêcher la peste de Marseille en 1720. Un deuxième bâtiment sera construit à l’identique en 1862.


xixe siècle : construction du nouveau port

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Autour de 1910

L’extension du port était envisagée depuis longtemps, mais au début du XIXe siècle les projets ne se concrétisent pas, comme le projet de 1805 de construire un nouveau bassin vers le sud. Les seuls travaux sont des consolidations, la construction d’un bassin de carénage en 1829 (avec sa machine à vapeur en 1836).

En 1833, l’ingénieur Poirel débute la construction de la digue d’Alger avec la nouvelle technique de grands blocs de béton, qui sont moins coûteux et bien plus résistants aux vagues que les anciens ouvrages de maçonnerie.

Dans les années 1840, le trafic devient trop intense pour les capacités du port (encombrement, capacité d’accueil), et une extension paraît indispensable. Le trafic passe de 1 374 067 tonneaux en 1830 à 2 932 005 tonneaux en 18477. Des projets modestes d’extension se succèdent. Deuxième port de France, l’enjeu devient trop important et la décision échappe à la ville ; par la loi du 5 août 1844 le gouvernement ordonne la construction du bassin de la Joliette, au nord du port, à travers un ambitieux chantier (18 millions de francs).

La construction de la digue du Large reprend les techniques de blocs de béton. Les infrastructures de la Joliette commencent à être utilisée dès 1847, le bassin est achevé en 1853. Le port auxiliaire du Frioul est également agrandi. L’extension du port continue avec la loi du 10 juin 1854 et du décret du 23 novembre 1856 qui ordonnent la constructions des bassins du Lazaret et d’Arenc, puis la construction du bassin Napoléon (1859). Pour relier l’ancien et le nouveau port, la rue Impériale est tracée.


vieux-port-de-marseille-4Le pont transbordeur 

De 1905 à 1944, le pont transbordeur permettait la traversée. Entre la rive sud et la rive nord, en 1905, Ferdinand Arnodin propose la construction d’un pont transbordeur sous réserves d’une concession de 75 ans. Une nacelle suspendue sous le tablier du pont permet de traverser entre le fort Saint-Jean et le bassin de Carenage, à côté du fort Saint-Nicolas.


La halle aux poissons

Sur la rive sud, en 1909, est créée la halle aux poissons qui restera en activité jusqu’en 1975. Elle est alors convertie en théâtre (La Criée), et abrite deux salles de spectacle. Sa façade a été préservée.


La destruction du quartier du Vieux-Port

Marseille, Pont Transbordeur

Avant la destruction de 1943

La Seconde Guerre mondiale bouleverse le cadre du Vieux Port : le vieux quartier sur la rive nord est dynamité par les occupants nazis avec l’aide de la police française durant la « rafle de Marseille ».

Entre le 22 et le 24 janvier 1943, 30 000 personnes habitant les vieux quartiers sont expulsées. Le vendredi 22 débute une rafle qui vise la population juive des quartiers du Vieux-Port : plusieurs milliers de personnes sont arrêtées, dont plusieurs centaines de Juifs qui sont envoyés vers les camps d’internement français puis les camps d’extermination.

Maison par maison, les 1 500 immeubles du Vieux-Port sont ensuite dynamités, laissant un champ de ruines. Le Pont transbordeur est détruit en 1944.


Après-guerre

Le quartier rive nord est reconstruit par l’architecte Fernand Pouillon en 1948. À cette occasion, des dolia datant de l’époque romaine sont trouvés et sont exposés in situ dans le Musée des docks romains.

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1960

En 1976, toutes les activités de pêche et La Criée aux poissons sont transférés dans le port de Saumaty. Le trafic de passagers et de marchandises est effectué au Grand port maritime de Marseille (ancien Port autonome) dans les bassins situés au nord du Vieux-Port, ou bien du côté de Fos-sur-Mer.

Le Vieux-Port est aujourd’hui essentiellement un port de plaisance municipal, complété dans cette fonction par les ports de La Pointe Rouge, du Frioul et de L’Estaque.

Les seules activités de passagers correspondent aux navettes touristiques (à destination du Château d’If, des Iles du Frioul et des calanques de Marseille), et les navettes de transport (batobus) mises en place en 2012 vers la Pointe Rouge et l’Estaque.


Aménagement de 2013

À l’occasion de la capitale européenne de la culture à Marseille en 2013 , la Communauté urbaine a lancé un councours international de réaménagement et de réorganisation du Vieux-Port.

2015

C’est le projet développé par l’architecte Norman Foster et le paysagiste Michel Desvigne qui est retenu. Selon le journal Le Moniteur ce choix en faveur du concepteur du viaduc de Millau a provoqué quelques remous dans la cité phocéenne, dans la mesure où le projet lauréat avait été classé en seconde position, fin octobre, par un jury regroupant la commission d’appel d’offres de la communauté urbaine et des personnalités qualifiées.

Ce jury avait accordé une voix de plus (8 contre 7) au projet concurrent porté par la marseillaise Corinne Vezzoni associée à l’urbaniste Christian Devillers. Tout en reconnaissant que le maître d’ouvrage n’a aucune obligation de suivre le choix du jury, plusieurs personnalités politiques locales, notamment Renaud Muselier (UMP) ou Philippe San Marco (Convention citoyenne) ainsi que des décideurs économiques ont déploré que le projet Foster-Desvigne propose une version minimaliste de la reconfiguration du Vieux-Port.

La question de la semi-piétonisation de l’espace public n’y serait abordée que de manière graduelle et limitée. C’est précisément la dimension « réalisable rapidement d’ici 2013 » qui aurait conduit Eugène Caselli à pencher en faveur de la star anglaise.

Ombrière de Norman Foster

Le patron de la communauté urbaine a d’ailleurs été conforté dans cette décision par Jean-Claude Gaudin, le maire (UMP) de Marseille, et Jean-Noël Guérini, le président (PS) du conseil général des Bouches-du-Rhône

Le Vieux-Port est alors dit semi-piétonnisé, car les piétons gagnent une surface considérable, bien que les voies de circulations ne disparaissent pas (il reste deux couloirs de bus et deux couloirs pour le trafic automobile – contre six couloirs automobiles avant le projet). La première phase des travaux est estimée à 36 millions d’euros. Le Vieux-Port de Marseille a remporté le prix de Meilleur Espace Public Européen de l’année 2014.

La deuxième étape a commencé en septembre 2015 sur le Quai de Rive Neuve pour une livraison en juin 2016.


SOURCES Wikipédia & Le Moniteur
PHOTOS Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com & Archives

Dominique Milherou
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