Le (soit disant) dernier lavoir public de Marseille, St Mauront 30 Rue Guichard, 13003 Marseille
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Le (soit disant) dernier lavoir public de Marseille, St Mauront
Arrondissement : 3ème

Réalisé en pierre de cassis, on peut lire que ce lavoir public traditionnel provençal serait le dernier de Marseille encore existant. Mais on en trouve aussi à Château-Gombert construit entre 1722 et 1725 et celui du Barquiou du XIIIe au Panier. Celui de cette fiche se niche dans une petite rue du quartier en plein réhabilitation de Saint-Mauront. Le CIQ local s’est battu pendant des dizaines d’année pour sa sauvegarde et sa restauration. Sa présidente, Claude Tabet en serait la propriétaire.

Le dernier lavoir public de Marseille de la Rue Guichard, Saint MaurontContrairement à une représentation très répandue, les lavandières ne s’y rendaient le plus souvent pas pour laver le linge, mais pour l’y rincer. Le passage au lavoir était en effet la dernière étape avant le séchage. Comme le lavage ne consommait que quelques seaux d’eau, il pouvait avoir lieu dans les habitations ou les buanderies où le linge s’accumulait avant la « grande lessive », mais le rinçage nécessitait de grandes quantités d’eau claire, uniquement disponible dans les cours d’eau ou dans une source captée.

Il existe cependant des lavoirs avec plusieurs bassins, le bassin en amont servant de rinçoir, ceux en aval de lavoir (lavage du linge proprement dit) voire d’abreuvoir. Celui du quartier Saint-Mauront ne comporte qu’un seul bassin.

Lavandières au travail (photo d’illustration)

La lessive dans l’habitat même posant de nombreux problèmes (vapeur humidifiant les murs, écoulement de l’eau), le linge n’est alors lavé que deux fois par an (la lessive devient mensuelle dans les années 1900 et hebdomadaire dans les années 1930), les moins fortunés gardant leurs vêtements jusqu’à complète utilisation.

Ces « grandes lessives », appelées « buées », durent généralement trois jours : le premier, le linge est immergé dans d’énormes baquets de bois pour un premier décrassage ; le deuxième, le linge est lessivé dans ces mêmes baquets ou d’autres cuves, recouvert d’une toile sur laquelle on pratique le coulage, c’est-à-dire le versement de l’eau bouillante à l’aide d’un récipient à long manche sur une épaisse couche de cendres dont le carbonate de potasse constitue un excellent agent nettoyant ; le troisième, le linge est rincé et essoré au lavoir.

Le bord du lavoir comportait en général une pierre inclinée. Les femmes, à genoux dans une sorte de bac en bois, le « garde genoux », jetaient le linge dans l’eau, le tordaient en le pliant plusieurs fois, et le battaient avec un battoir en bois sur la pierre afin de l’essorer le plus possible. En général, une solide barre de bois horizontale permettait de stocker le linge essoré avant le retour pénible en hotte, brouette, carriole ou charrette vers le lieu de séchage.


SOURCES CIQ St Mauront & Wikipedia
PHOTOS Google Street Map & Archive non créditée

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