
En juillet 2016 s’ouvrait dans le parc national des Calanques, au cœur des ruines de l’ancienne usine à plomb, la première exposition de la Friche de l’Escalette, un surprenant parc de sculptures et d’architectures légères ! Des créations originales apparaissent à présent chaque été, dont certaines très rares, disséminées dans ce superbe domaine industriel et insolite face à la mer. On a pu voir ici, au gré des années et des éditions, entre autres Les Cabanes perchées de Marjolaine Dégremont, La Bête endormie de Lilian Daubisse, L’Été de la forêt de François Stahly, les chiffonnages d’acier Corten de Pierre Tual, ou encore Rakus et Savons, deux installations poétiques de Myriam Mihindou.
L’Œil du chat, un guetteur de bronze signé Marjolaine Dégremont, de sa série Touching the Sky.
Galeriste parisien, Éric Touchaleaume est un fervent défenseur du patrimoine moderniste en danger. En 2007, il cède sa galerie du 54 rue Mazarine à Paris pour l’hôtel Martel de Mallet-Stevens, appartement du sculpteur Jan Martel, occupant les deuxième et troisième étages qu’il restaure, puis le vaste Atelier Martel du rez-de-chaussée. Amoureux de la ville de Marseille, il s’est porté acquéreur en 2011 de la Friche de l’Escalette, afin d’y créer ce projet inédit. C’est un spécialiste de longue date des architectures préfabriquées, désireux de partager avec un large public sa passion pour l’œuvre d’un des maîtres en la matière, Jean Prouvé (1901-1984), et pour l’architecture en général.
Des expositions de sculpture moderne et contemporaine présentant une sensibilité relationnelle avec les lieux sont également présentées… avec, pour l’ouverture des lieux en 2016, deux œuvres de la série Touching The Sky signées Marjolaine Dégremont.
« Habitat Tropical Cameroun », à charpente acier, œuvre de collaboration entre Jean Prouvé et l’Atelier LWD, 1958-1964.
Une de ces créations fut installée dans la fosse de la concasseuse qui abritait jadis un monstre de vapeur broyant le minerai… une échelle filant vers le ciel, construite en branches de buis écorcées et longuement polies. De surcroît, ce patrimoine industriel remarquable, constitué des ruines cyclopéennes d’une ancienne usine à plomb active de 1851 à 1925, est ouvert à la visite et présenté par des guides d’école d’architecture. Ce projet, qui a pour cadre un site très protégé, partie intégrante du parc national des Calanques, est une initiative privée qui, bien qu’ambitieuse, se veut également résolument modeste et simple, afin de ne pas nuire à la dimension poétique des lieux et de cultiver cet esprit de philosophie du cabanon si cher à Jean Prouvé et à ses compagnons de route, Charlotte Perriand, Pierre Jeanneret et Le Corbusier. Pour sa première exposition, en juillet-août 2016, la Friche de l’Escalette a présenté le prototype, jusqu’alors inédit, « Habitat Tropical Cameroun », à charpente acier, œuvre de collaboration entre Jean Prouvé et l’Atelier LWD, 1958-1964.
La Friche de l’Escalette ouvre au public chaque été sur réservation. Pour la saison 2026, les visites guidées de l’ancienne usine à plomb et du parc de sculptures étaient proposées du 2 juillet au 30 août, pour une durée d’environ 1 h 20. Tarif : 10 €.

























































