La Chocolaterie de Provence de Fernand Pouillon 43 Chemin Vicinal Milière 13011 Marseille
4044

Construite sur les cendres du château du Marquis de Montgrand, l’usine est occupée de 1952 à 2006 par Nestlé puis par NetCacao. Cette fabrique de chocolat de Saint Menet aux bâtiments signés par l’architecte Ferdinand Pouillon, a été sauvée de la faillite en 2012 et rebaptisée par un groupe d’investisseurs russes. Une renaissance qui perpétue la tradition chocolatière de la vallée de l’Huveaune.

La Chocolaterie de Provence, Fernand Pouillon, Nestlé Netcacao MarseilleLes effluves de chocolat ont failli disparaître à jamais en 2006 quand le groupe Nestlé décide de fermer son usine par manque de rentabilité. Le site est repris par Netcacao et compte alors 180 salariés.

En 2011 Nestlé qui s’était engagé à acheter une partie de la production stoppe ses achats et Netcacao est placée en liquidation judiciaire. Malgré cette situation une poignée de salariés continue à faire tourner les machines pour préserver l’outil de travail.

La Chocolaterie de Provence est alors rachetée en 2012 par les groupes russes Dar (5 M€ de chiffre d’affaires) et UEM (30 M€ de CA) qui en détiennent chacun 50% des parts. Ces deux investisseurs, spécialisés dans l’énergie et la mécanique, s’étaient déjà diversifiés depuis 2008 dans le secteur du chocolat en investissant dans la construction d’un site d’exploitation de fèves de cacao en Côte d’Ivoire.

Ils cherchaient une usine capable de transformer le cacao, géographiquement proche des marchés européens et facilement livrable par bateaux en fèves de cacao ivoiriennes.

C’est une directrice, Yulia Serykh qui a pris alors les commandes de l’ancienne usine en faillite à la barre du tribunal de commerce de La Chocolaterie de Provence, Fernand Pouillon, Nestlé Netcacao MarseilleMarseille. Elle règne désormais sur un site de 4,5 hectares et s’est donné les moyens pour réussir avec 18 M€ d’investis contre 12 M€ promis lors de la reprise.

Une mise aux normes complète des installations et du Système de Management de la Qualité a été réalisé…La Chocolaterie de Provence a ainsi obtenu en 2013 la certification FSSC ISO 22 000 (norme internationale relative à la sécurité des produits alimentaires) ainsi que la norme ISO 9001v2008 (Systèmes de management de la qualité).

En 2015 le bilan économique est positif, une cinquantaine de salariés y travaillent désormais, la production a été doublée et une boutique de vente directe a ouvert ses portes en février 2015…Elle est ouverte au public du lundi au samedi de 10h à 19h (sans interruption).

La Chocolaterie de Provence, Fernand Pouillon, Nestlé Netcacao MarseillePour remettre sa chocolaterie en ordre de marche, Yulia Serykh a sorti de sa manche un atout de taille, le marché du chocolat casher et l’export à l’international. Aujourd’hui, l’export apporte 96% du chiffre d’affaires.

L’usine produit des liqueurs de cacao, du beurre de cacao, de la poudre et fournit l’industrie agro-alimentaire avec plus de 200 recettes différentes. Elle développe aussi sa marque, et fournit l’ensemble de la grande distribution en marque distributeur.

Pour des raisons pratiques, le chocolat a d’abord été testé en Russie qui représente aujourd’hui 2% des parts de marché. Mais, l’Italie demeure cependant le premier client avec 50% des ventes principalement réalisées avec l’industrie agro-alimentaire.


 

Historique de l’usine

Construite en 1952 sur le terrain verdoyant de la bastide de Saint-Menet, l’usine « verte » de Marseille fait partie de la politique de développement de la société Nestlé, qui avait diversifié sa production et souhaitait s‘implanter dans le Midi de la France.

La Chocolaterie de Provence, Fernand Pouillon, Nestlé Netcacao MarseilleA l’époque, Marseille offrait en effet, en tant que port de commerce, l’avantage d’être le lieu de réception des importations de matières premières, et le lieu de départ des exportations, une fois les produits transformés.

La construction de cette usine, confiée à René Egger et Fernand Pouillon, reposait sur un programme ambitieux qui a notamment nécessité le détournement du tracé de l’autoroute reliant Marseille à Aubagne, alors en cours de construction.

Le programme, imposé aux architectes, comportait différents ensembles : une unité de fabrication de chocolat, une unité de café soluble, toutes deux entièrement automatisées, des locaux d’administration, des équipements sociaux, et des logements pour les ouvriers.

Basés sur des structures en béton, les bâtiments comportent des galeries, escaliers ou rampes qui animent les façades, et qui les distinguent des lieux de production, considérés comme purement fonctionnels, et dénués d’éléments décoratifs.

L’organisation soignée des bâtiments autour d’espaces paysagés a donné à cet ensemble son nom « d’usine verte ».



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