La Chapelle des Trinitaires et le Pensionnat Sainte Marguerite 16 Boulevard Des Trinitaires, 13009 Marseille
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La Chapelle des Trinitaires et le Pensionnat Sainte Marguerite
Arrondissement : 9ème

C’est dans le quartier Sainte-Marguerite que s’établirent ici en 1862 des pensionnaires de la congrégation des Sœurs Trinitaires de Valence. Le site est aujourd’hui devenu la maison de retraite Regain qui abrite au centre de son “Jardin des Trinitaires” une chapelle accueillant autrefois les offices religieux…un lieu qui se visite parfois lors des Journées du Patrimoine…retour sur l’histoire de cette congrégation depuis ses origines en 1660 et à Marseille.

La Chapelle

Ce parc est longé par le boulevard des trinitaires qui rappelle lui aussi par son nom la vocation du domaine. La congrégation des Sœurs Trinitaires de Valence, née en 1660, a pour origine un groupe de tertiaires trinitaires de Saint Nizier en Forez (Lyon) qui prirent comme Règle de Vie la Règle des moniales trinitaires réformées d’Espagne, approuvée par Urbain VIII en 1634. Léon XIII approuva leurs propres constitutions en 1891.

La spiritualité trinitaire anime la congrégation depuis maintenant trois siècles. Hospitalière et enseignante dès sa fondation, avec une attention spéciale pour les pauvres, la congrégation s’est élargie peu à peu à la dimension missionnaire.

L’ancien pensionnat devenu maison de retraite

En effet, après la révolution française, les Trinitaires de Valence vivent une étape d’épanouissement avec l’ouverture de nouvelles maisons pour le service des malades, des vieillards et des jeunes (collèges et écoles).

En 1840 elles arrivent en Algérie pour fonder des hôpitaux, des écoles, des garderies et des orphelinats. En 1886, pour faire face aux lois de sécularisation en France, elles s’établissent en Angleterre et, à la fin du 19ème siècle, en Suisse, en Belgique et en Italie. Depuis 1928 elles collaborent avec les pères trinitaires dans les missions de Madagascar où elles comptent aujourd’hui douze communautés.

En 1964 elles arrivent au Canada et, quelques années après, en Espagne et en Irlande. Puis elles s’établissent au Gabon, en Corée du Sud, en Colombie et en Chine, aux Philippines, au Cameroun, au Congo et au Pérou.

La Congrégation compte actuellement une cinquantaine de maisons dédiées à l’enseignement, aux soins des malades et des personnes âgées, aux prisonniers et immigrés et à l’apostolat missionnaire.

Histoire des Trinitaires de Marseille

La Chapelle

Par leur apostolat si nécessaire à cette époque, les disciples de St Jean de Matha et Saint Félix de Valois les créateurs de ordre des Trinitaires en 1198,  suscitent partout, et à Marseille en particulier, l’enthousiasme et l’admiration. Aussi, Marguerite de Ponteves, de la famille des Seigneurs de Mazargues, les appelle-t-elle dans sa Seigneurie au commencement du 17ème siècle, en 1616.

Les trinitaires avaient entre autre pour mission de libérer les captifs des pirates barbaresques ; et pour les trinitaires, Mazargues est trop loin du Vieux Port, d’où partent les bateaux rédempteurs, ainsi que du quartier de l’Observance, près de la Major où se trouve le « bureau de la rédemption des captifs ».

C’est pourquoi, 30 ans plus tard, ils quittent Mazargues pour se rapprocher de la mer, et s’établissent dans le quartier de la Palud, jadis marécageux, (d’où son nom : du latin palus, paludis : le marais). Ils y bâtissent un couvent et une église, aujourd’hui paroisse de la Trinité, dans la rue de la Palud. Dans la rue de la « Vieille Tour », à proximité de la « Vieille Charité », ce clocher inachevé émerge d’une cour parsemée des restes mutilés du couvent des trinitaires. En sous-sol, se trouve la curieuse chapelle de « Notre Dame du bon remède », particulièrement chère à l’Ordre Trinitaire.

C’est près de là, rue Estelle n° 26 que, deux siècles plus tard, les Religieuses Trinitaires ouvrent en 1859 leur première maison d’éducation à Marseille. La maison prospère si bien que l’ « exiguïté du local engage à établir un pensionnat dans la banlieue » et, en septembre 1862, les Trinitaires s’installent à Ste Marguerite, « dans une belle, vaste et commode maison, ayant jardin, enclos, et dépendances des habitations de campagne » dont profitent leurs 24 premières pensionnaires.

En 1864, à Mazargues, les Religieuses Trinitaires achètent à Mgr l’Abbé Carbonnel, curé de la Paroisse, la maison qui actuellement fait l’angle de l’Ancien Chemin de Cassis et de la rue de la Gendarmerie. Elles y assurent, après avoir passé contrat avec la Municipalité de Marseille, la direction et le fonctionnement de l’Ecole communale de Filles jusqu’en 1904 où les lois anticléricales les empêchèrent d’enseigner.

En 1967, pour son centenaire, Melle Marie pose en compagnie de M. Gaudin, alors jeune conseiller municipal, à qui elle avait appris à lire, à l’Institution Sainte Trinité.

Cette école a été ré-ouverte en 1923, par des institutrices chrétiennes mais non congrégationnistes, dont Mademoiselle Baptistine… Cette école chrétienne a pris en juin 1999 le nom de “‘Ecole St Jean Baptiste”…

En 1865, elles ouvrent une nouvelle maison d’éducation en plein centre de Marseille, à l’angle de la rue des Princes (actuellement rue Stanislas Torrents) et de la rue Sylvabelle n°55. On peut encore y voir au premier étage des croix trinitaires en relief…c’était la chapelle !

En 1871, Mme Veuve Magnan, par testament, lègue aux Trinitaires pour y établir une oeuvre d’éducation, sa « campagne » avec son mas provençal, l’ombre de ses deux gros micocouliers, son puits traditionnel et sa pinède. en 1877, la maison recevait ses 15 premières pensionnaires. Ainsi, cinq maisons d’éducation Trinitaires fleurirent à Marseille.

A la fin du 19ème siècle, et surtout à compter de 1903 où les religieux sont interdits de faire classe, les Trinitaires sont contraints de choisir entre l’exil ou la sécularisation, c’est à dire l’abandon du costume religieux. A Marseille, « Rue des Princes », Religieuses et élèves prennent la route de l’exil et s’établissent à Bordiguera en Italie, à proximité de la frontière.

Le 26 de la rue Estelle est acheté aux Sœurs Trinitaires lors de leur expulsion, par l’Abbé Fouques, qui y installe l‘oeuvre de la protection de la Jeune Fille. Aujourd’hui, encore y est installé un foyer de jeunes filles.

Le pensionnat Ste Marguerite fermé fait place à un Carmel, remplacé aujourd’hui par la maison de retraite, « Association Accueil Regain ».


SOURCES sainte-trinite.fr
PHOTOS sainte-trinite.fr & ARMAPAD EHPAD Regain

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