La Chapelle de Sainte Croix Colline de Sainte Croix, 13010 Marseille
3499
Arrondissement : 10ème

Les ruines toujours visibles de la très ancienne chapelle de Sainte-Croix culminent à 310 mètres surplombant la résidence Castelroc haut, à l’emplacement actuel de l’antenne de Radio de la protection civile.

L’histoire du quartier Saint Loup débute officiellement le 24 juin de l’année 840. Les moines de l’Abbaye de Saint-Victor de Marseille reçurent du seigneur Sigofredus, Vicomte de Marseille, et son épouse Erleube, des terres nommées « Carvillanus Ager » composées d’une modeste exploitation agricole et des terres avoisinantes.

Ces terres s’étendaient le long de la rive sud / sud-est de l’Huveaune, de l’actuel Parc Dromel jusqu’à l’actuel Pont de Vivaux et l’actuel Saint Tronc. Ils stabilisèrent les rives de l’Huveaune alors marécageux à cet endroit, rendant ainsi les terres cultivables.

Ils firent construire sept moulins sur les rives de l’Huveaune ainsi qu’un couvent de religieuses qui existait encore en 1240 et à un kilomètre de là cette fameuse petite chapelle.

L’édifice, était de petit taille, seulement cinq mètres de long sur trois de large et deux de haut en dessous de la voûte. Elle n avait pas de mur vers le Nord afin qu on puisse plus facilement entendre la messe en plein air.

En l’an 1645, d’après les anciennes archives de la paroisse de Saint-Loup, on disait encore les messes les dimanches et fêtes dans la Chapelle de sainte-Croix. Les recherches imputent la construction de cette chapelle aux moines de Saint Victor, car le seul un chemin qui y menait était sur les terres de Saint tronc et leur appartenait.

L’accès à la chapelle fut interdit par l’évêque en 1710 et sa destruction fut totale à la révolution.

Le Mont de Sainte-Croix est la colline qui surplombe la résidence Castelroc haut. Contrairement à certaines idées reçues qui lui ont attribué le nom de Rouvière ou de Saint Cyr. Le chemin de procession qui menait à la chapelle Sainte -Croix est encore visible sur le versant de la carrière Ribotta ainsi que sa variante qui part de l’actuel stade de foot.

Ce sentier de procession cheminait en zigzag sur la crête partant à gauche des fours a chaux.

Une partie, non recouverte par la végétation composée de marches stabilisées en calade et bordure permet de comprendre le tracé sinueux du chemin qui menait à la chapelle. Les nombreux virages de la voie d’accès vers le sommet s’expliquent par la nécessité de permettre aux ânes et aux mulets qui transportaient les fidèles invalides de parvenir au sommet sans avoir à affronter de face la forte déclivité.

On peut aussi penser rapprocher la sinuosité du sentier au symbole du Christ montant vers la crucifixion.

Au sommet de la roche blanche calcaire qui compose la crête de Sainte-Croix, on peut lire des inscriptions gravées qui attestent les pèlerinages. Voici la plus nette :  » Timon-David, l’année 1776, à ces deux fils  »

Plus au Nord, on peut trouver les points d’ancrage toujours visibles de l’ancienne chapelle. D’après les recherches de Remy Alacchi et Pierre Bonneil, on peut dire que la chapelle était bâtie à même le roc et sans fondation. Les murs étaient fait de pierre de calcaire et de chaux.

La toiture supportait des tuiles artisanales collées à la chaux et vernies sur la face extérieure. De nombreux fragments de tuiles et de mortier ont d’ailleurs été retrouvés récemment au sommet de Sainte-croix.


SOURCES Remy Alacchi et Pierre Bonneil CIQ des 3 ponts & stokofish Marseilleforum
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