La Brasserie de la Valentine, Phénix & Heineken Avenue François Chardigny, 13011 Marseille
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C’est à la suite de la reprise d’une ancienne brasserie en faillite qu’est née La Brasserie de la Valentine en 1821. Les installations actuelles datant en partie de 1872 auront successivement brassées les créations de La Brasserie Phénix de 1881 à 1968 avec la Phenix Flash, Phenix Pic, Phenix Top 12, Extra Dry 85, Pils 13, Spéciale 14…ou encore le premier panaché en bouteille en 1979. La Brasserie fait partie du groupe Heineken depuis 1988 avec la production de sa marque éponyme mais aussi la Pelforth Blonde, Amstel, 33 Export, Cruzcampo, Edelweiss, Foster’s, George Killian’s et Panach’. En 2016 le groupe néerlandais surfant sur la mode des bières locales relance la marque historique de sa brasserie marseillaise avec la Phénicienne…cette brasserie était alimentée jusqu’en 1970 par l’eau d’une surprenante grotte préhistorique !

La Brasserie de la Valentine, Phénix & Heineken

Cours d’entrée de la Brasserie Phénix et sa fontaine

En 1881 l’institution prend le nom de Brasserie Malterie Moderne de la Valentine, puis en 1886 elle devient la S.A. Brasserie et Malterie du Phénix. Ce fabuleux oiseau de la mythologie égyptienne est toujours présent à l’entrée du bâtiment administratif et de la salle de brassage.

La Brasserie de la Valentine, Phénix & Heineken, Marseille

Salle de germination du malt, Brasserie Phénix

C’était à l’époque la plus grande brasserie du midi, face à ses concurrentes qu’étaient les brasseries marseillaises Marx (1876) et Zénith, la brasserie Niçoise Rubens et la brasserie de Monaco.

La Brasserie fabrique à ce moment la moitié de ses besoins en malt par ses propres moyens. Les deux tourailles de la Brasserie, tours carrées, sont pourvues de deux plateaux formés par des claies métalliques sur lesquels on étend le malt vert…

A la sortie de la touraille des appareils dégermeurs débarrassent les malts et les radicelles désséchées qui altéreraient le goût pour être ensuite stockés dans les grands silos de la Brasserie, où ils peuvent rester de nombreux mois sans se détériorer…

La salle de brassage est logée dans un long bâtiment de trois étages. Dans l’ancien temps, valets et servantes réunis autour de cette cuve, brassaient à l’aide de longues fourches, le malt avec de l’eau, ainsi que l’on fait avec la salade, et c’est pourquoi encore, de nos jours, dans certaines brasseries du Nord, on appelle cette opération  « Faire la salade ».

La Brasserie conserve les fleurs de houblon dans les chambres froides, à une température de +2, jusqu’au moment de leur emploi…La cuisson du houblon demande deux à trois heures. Le liquide de la chaudière s’écoule, puis est élevé dans un bac refroidisseur qui se trouve à 30 mètres de haut, dans un bâtiment contigu au bâtiment de la salle de brassage…

La Brasserie de la Valentine, Phénix & Heineken, Marseille

Le Laboratoire, Brasserie Phénix

A la Brasserie, un tiers de la totalité des bâtiments de l’usine est occupé par des caves glacières qui se trouvent dans un sous-sol, un rez-de-chaussé et un premier étage…

Etant donné les conditions très spéciales de la consommation de bière dans le Midi où les ventes pendant les mois d’été sont plus de trois fois plus fortes qu’en hiver, les caves de garde de la Brasserie sont comparativement beaucoup plus conséquentes que celles d’une brasserie de la même importance dans le Nord ou l’Est…

Quelques années après sa fondation, la Brasserie Phénix a acquis la belle propriété « La jouvène », car on avait découvert, dans l’immense parc qui entoure la maison du maître, de nombreuses sources. L’eau est maintenant amenée à l’usine par des conduites souterraines…

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Lac des Grottes Monnard

Plus tard, lorsque la production a pris une grande envergure, ses dirigeants, soucieux de la mettre à tout jamais à l’abri du besoin d’eau, ont acquis le lac des Grottes Monnard.

Ce lac se trouve à 60 m. de profondeur dans une grotte aux Trois Lucs, à 3 kms de distance de l’usine. Le débit normal de ce lac est de 50 à 60 m3 à l’heure…le plan d’eau est pompé jusqu’en 1970.

En été, la production journalière atteint alors jusqu’à 150.000 bouteilles…Les publicités de l’époque montrent une consommation familiale, avec en personnage central femmes et enfants. « La bière de table en tête des meilleures ».

En 1960, 500 000 hectolitres de bière sont produits. En 1969, la brasserie se joint à l’« Union de Brasseries », avec diverses brasseries françaises, et brasse pour la première fois la bière 33 Export, bière des colonies alors très populaire. En 1979, Panach’, premier panaché en bouteille du marché, est créé.

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Brasserie Heineken

En 1988, la brasserie entre dans le groupe Heineken, à la suite du rachat par le brasseur néerlandais de la « Française de Brasserie », dont faisait partie la Brasserie de la Valentine.

Entre 1988 et 1996, Heineken investit plus de 80 millions d’euros dans la brasserie, afin d’en faire un site vaste et moderne à même de faire face à la croissance du marché. L’unité marseillaise a d’ailleurs gagné le concours de la meilleure Heineken du monde, sur 80 brasseries !

Entre 1995 et 1997, la Brasserie de la Valentine débute la production de la bière Amstel, du Monaco de Panach’, et finalement de la bière Heineken qui représente aujourd’hui 70% de sa production.

En 2016 le groupe néerlandais surfant sur la mode des bières locales relance la marque historique de sa brasserie marseillaise avec la Phénicienne distribuée dans les cafés et restaurants de la région.

Fin 2018 le groupe Heineken annonce un investissement de 29 millions d’euros sur l’usine de la Valentine pour brasser sa célèbre bière Desperados à Marseille qui était pour le moment produite uniquement en Alsace. Cette bière aromatisé à la Tequila a été lancée en 1995 par la brasserie Fischer installée à Schiltigheim dans le Bas-Rhin.

La brasserie Fischer a été rachetée par Heineken en 1996 et fermée fin 2009. Selon le site internet Heineken, son nom provient du fait qu’après l’avoir créée, elle était toujours sans nom et l’entreprise était désespérée de ne pas lui en trouver un ! Les bières Desperados sont désormais produites par la brasserie de l’Espérance, également installée à Schiltigheim, et par la brasserie du Pélican de Mons-en-Barœul dans le Nord.


SOURCES marque-alcool.com & Wikipédia & M. Audry, Editeur Marseille, année 1945
PHOTOS Fr.Latreille & Archives

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