1775, la 1ère Crèche Française fut Marseillaise Place Général de Gaulle, 13001 Marseille
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Arrondissement : 1er

La première crèche connue en France date de 1775 à Marseille mais difficile de savoir où la placer sur la carte de ce site, elle se trouve donc par défaut près de la Foire aux Santons…ce que l’on sait par contre c’est qu’elle fut créée par un dénommé Laurent. Elle était constituée de mannequins articulés, vêtus de costumes provençaux. Pour y ajouter un brin d’exotisme, le créateur avait placé dans la crèche des girafes, des rennes et même des hippopotames.

L’Epiphanie par Roland Delplanque

L’écrivain Jean-Paul Clébert (1926-2011) raconte : « À l’époque du Concordat, Laurent montrait même un carrosse qui s’avançait vers l’étable ; le pape en descendait, suivi des cardinaux. Devant eux s’agenouillait toute la Sainte-Famille et le pape lui donnait sa bénédiction. Pendant l’adoration des bergers, un rideau se levait, dévoilant la mer sur laquelle voguait un bâtiment de guerre. Une salve d’artillerie saluait l’enfant Jésus qui, réveillé en sursaut, ouvrait les yeux, tressaillait et agitait les bras ».

L’origine de la crèche provençale vient paradoxalement d’Italie, du village de Greccio, située dans la province de Rieti. En effet, dès le XIIème siècle, dans les églises italiennes, on représentait la scène de la Nativité avec des sculptures mobiles, non fixées au sol. Traversant les Alpes, la crèche provençale a pris de plus en plus d’importance dans les célébrations de Noël, pour devenir à ce jour l’une des coutumes les plus suivies de certains provençaux.

Elle a donné la vie aux Pastorales, représentations théâtrales de la Nativité.

Pour préparer la crèche, de nombreuses foires aux santons s’organisent dans toute la Provence dès mi Novembre. Le vrai santon du provençal « Santoun » (petit saint) est en argile non cuite, crée artisanalement à la main. Le tout premier a été imaginé à Marseille par Jean-Louis Lagnel (1764-1822).

Il fut au début concurrencé par les santibelli, d’origine italienne, réalisés en plâtre. Dans les années 1830, ils étaient vendus par des marchands napolitains dans les rues du Vieux-Port. Les santons doivent ensuite prendre figure humaine, une allure, un caractère et même un rang social.

La tradition veut que chaque année, la crèche soit mise en place peu avant Noël pour n’être défaite qu’au début février, à la Chandeleur. Chacune se singularise par le choix de ses santons, des accessoires utilisés, des représentations des maisons villageoises et par la variété de la végétation choisie (mousse, lichen, houx, branches de pin, etc.).

Foire aux Santons de Marseille en 1850

Pour harmoniser la crèche et simuler la perspective, des santons de différentes tailles sont utilisés. Les plus grands sont placés sur le devant, ce sont traditionnellement le berger et son troupeau, qui seront ensuite rejoint par les rois mages.

Les santons puces sont mis dans le fond de la crèche figurant le lointain. Au début du xixe siècle, après le Concordat de 1802, les crèches traditionnelles retrouvent leur place dans les villes, notamment avec l’arrivée des crèches provençales et de leurs santons.

La commune de Paris a souvent mis à l’honneur ce type de crèches dans divers lieux de la capitale, en particulier sur le parvis de la Place de l’Hôtel de Ville avant que l’espace vert bordé de voies de circulation qui existait naguère devant la façade du bâtiment ne devienne la place goudronnée actuelle.

Cette tradition est présente dans chaque département de la Provence mais plus forte dans les Bouches du Rhône. Il existe une centaine d’ateliers de santons entre Marseille, Aubagne, Aix en Provence, Arles.

Crèche installée dans l’Hôtel de Région en 2017

Depuis quelques années le débat se pose au sujet des crèches…Tradition ou religion ? Les crèches de la Nativité catholiques se heurtent à la laïcité en France, certains établissements et lieux publics étant condamnés à les retirer au nom de la neutralité de l’Etat et sa séparation avec l’Eglise.

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier a installé en décembre 2017 une crèche provençale géante dans le hall du siège de l’Hôtel de région à Marseille.

Une première qui a suscité de nombreuses réactions. Celui-ci a assumé son choix en évoquant une tradition de Noël bien ancrée en Provence, loin de toute question de religion.

Une décision qui va à l’encontre d’une décision de justice prise la même année. Le Conseil d’État stipulant une interdiction de crèches dans les bâtiments publics, sauf si cette installation se justifie par des circonstances « culturelles, artistiques ou festives« .

Des élus présentent de ce fait les crèches comme des expositions culturelles pour éviter toutes représailles.


SOURCES Wikipédia & France Bleue
PHOTOS Archives & Véronique PAGNIER & Région PACA

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