L’Oeuvre du Refuge, Albertine Sarrazin et les filles de “mauvaise vie”, 145 Bd Baille 145 Bd Baille, 13005 Marseille
1862
L'Oeuvre du Refuge et les filles de mauvaise vie, 145 Bd Baille, Marseille

Marie-Euphrasie Pelletier fondatrice de la congrégation des Sœurs de Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur

L’Oeuvre du refuge recevait les filles et femmes qu’on qualifiaient à l’époque “de mauvaise vie”. Il fut crée en 1848 au 145 du Bd Baille en remplacement du couvent du Refuge, situé dans le quartier du Panier, qui fut transformé en hôpital pour vénériens. Le site accueille aujourd’hui une extension de l’Hôpital de la Conception spécialisé dans la psychiatrie.

La congrégation de Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur, dite des Sœurs du Bon Pasteur d’Angers, également appelée les Sœurs de Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur, a été fondée en 1835 par Marie-Euphrasie Pelletier (canonisée en 1940), pour venir en aide aux femmes et aux enfants en difficulté.

L’oeuvre marseillaise de la place du Refuge, fut et restera au grès de ses déménagements, un centre de redressement disciplinaire établi à l’encontre des femmes. Après le Panier il fut d’abord transféré en 1838 rue Paradis, à l’angle de la rue Sainte-Victoire, puis 10 ans après au 145 Bd Baille qui disposait, comme le montre le visuel sur cette page, d’un grand terrain agricole difficilement imaginable au vue de l’urbanisation dense de l’artère de nos jours !

Les religieuses, de l’Ordre de Notre Dame de la Charité du Bon Pasteur, vendirent une partie de leur domaine à l’Assistance publique en 1973, en vue d’agrandir l’hôpital de la Conception mitoyen. Les travaux seront terminés en 1987.


L'Oeuvre du Refuge et les filles de mauvaise vie, 145 Bd Baille, Marseille

Le site de nos jours

En France, sous la Troisième République, et même jusque dans les années 1960, la congrégation se verra attribuer par l’État et notamment le Ministère de la justice, la mission de rééduquer les « filles de justice », jeunes mineures qui, pour diverses raisons, sont passées devant un juge et sont alors considérées comme « filles difficiles », susceptibles de sombrer dans la délinquance ou la prostitution.

Selon les témoignages de pensionnaires des années 1950 et 1960, de nombreux abus y ont été commis (pas spécifiquement sur le site de Marseille) : discipline carcérale, agressions physiques, négation du féminin, emprise psychologique sous couvert d’éducation religieuse, isolement. Le film “Les diablesses”, tourné en 2007 est basé sur des faits réels, montre cet état de chose.

Les religieuses de cette congrégation catholique sont aujourd’hui présentes dans soixante-dix pays et sont au nombre de quatre mille. La maison-mère est à Angers, et la maison généralice à Rome, depuis 1966. Découvrez un autre lieu lié à cet ordre, à Marseille, Notre Dame de Charité du Bon Pasteur.


Un roman raconte l’enfer de cette oeuvre marseillaise, “l’Astragale” signé Albertine Sarrazin. Née le 17 septembre 1937 à Alger et morte le 10 juillet 1967 à Montpellier, cette femme de lettre est la première à raconter sa vie de prostituée, de délinquante et son expérience en prison pour femmes, elle meurt à 29 ans, après avoir passé huit années en prison.

En 1952, elle est interne au lycée, où ses enseignants se plaignent de son indiscipline ; son père l’oblige à voir un psychiatre qui l’estime normale mais recommande un éloignement familial. Le juge accorde alors « la correction paternelle », qui autorise le père à mettre son enfant en maison de correction. Albertine est donc envoyée de force à la prison du Bon Pasteur à Marseille. À son entrée, elle est rebaptisée Annick, comme toutes les pensionnaires arrivant dans cet établissement. Son séjour devra durer six ans, jusqu’à sa majorité (21 ans). Parallèlement, son père tente de révoquer son adoption et demande à cet effet une enquête sociale.

En 1953, Albertine Damien passe la première partie du baccalauréat qu’elle obtient avec la mention bien et s’enfuit à Paris. Elle retrouve une camarade du Bon Pasteur, avec qui elle a de nombreuses aventures, se prostituant, chapardant dans les voitures et les magasins. Fin juillet 1953, elle revient à Marseille voir son père puis retourne à Paris après lui avoir volé son pistolet de service. Ainsi équipée, elle tente un hold-up où son amie blesse une vendeuse d’une balle à l’épaule droite.

En octobre 1956, elle s’inscrit au certificat d’études littéraires générales classiques, pour la session de juin 1957. La même année elle est mise au cachot, pendant dix jours, pour avoir embrassé une autre détenue sur la bouche. Le 19 avril 1957, elle s’évade en sautant d’un bastion d’une hauteur de dix mètres et se brise l’astragale d’où le nom de son ouvrage.

En 1966, ses livres connaissent un grand succès tant critique que populaire, elle reçoit le prix des quatre-jurys 1966 > Lire la biographie complète


SOURCES Wikipedia
PHOTOS leclere-mdv.com & peinture auteur inconnu & Google Street View & Couverture l’Astragale aux éditions Pauvert

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