L’Hospice des Insensés, Asile d’aliénés, la Timone La Timone, 13005 Marseille
3753
Arrondissement : 5ème

Achetée en 1654 par Louis David, chargé d’affaires de France à Gênes, la propriété de 4 hectares, plantée en vignes et oliviers, est donnée en cadeau de mariage à Jean Timon, neveu des David, à condition que lui-même et sa descendance portent les armes des David et accouplent le nom des David à celui des Timon. Jean Timon-David fait construire en 1765 la bastide de la Timone, un nom qui lui restera malgré plusieurs changements de propriétaires.

asile-des-insenses-hopital-de-la-timone-marseilleEn 1869, la Timone, achetée par la ville, permet d’agrandir la propriété voisine des Roux-Labaume où la municipalité a déjà installé depuis plusieurs dizaines d’années son asile d’aliénés ou « hôpital des insensés ».

Cette bâtisse est ornée d’une sculpture de Stanislas Clastrier (1857-1925) représentant des génies découvrant la science.

Prendre le tramway 54, terminus « la Timone », sera pendant longtemps une source de plaisanteries entre Marseillais.

Les facultés de médecine et de pharmacie y sont construites de 1955 à 1958. Le CHU de la Timone fera l’objet, en 1970-1973 et en 2015 d’importants agrandissements.

Plan représentant en noir le nouvel Hospice et en pointillé le futur boulevard Baille pas encore construit

Stanislas Clément Clastrier,
dit Stanislas Clastrier, né à Montagnac le 5 mai 1857 et mort à Marseille le 13 août 1925, est un sculpteur français, l’auteur du fronton de la bâtisse des Roux-Labaume.

Stanislas Clastrier fait son apprentissage de sculpteur à Marseille puis se rend à Paris pour suivre les cours à l’école des beaux-arts de Paris où il est l’élève de François Jouffroy et d’André Allar. Il expose au Salon de 1878 à 1889 et s’établit à Marseille en 1883.

Il exécute les portraits de Camille Pelletan (1891), Hyppolite Pépin pour la chambre de commerce de Saint-Étienne, Érasme Guichet à Châteauneuf-les-Martigues, Augustin Fabre pour les archives communales de Marseille.

Charles Jean Marie Barbaroux marseille

Charles Jean Marie Barbaroux, Façade ouest de la Préfecture des Bouches-du-Rhône

Il sculpte également des frontons pour divers monuments publics ou privés. Après la Première Guerre mondiale il sculpte de nombreux monuments aux morts : Les Pennes-Mirabeau, Peypin, Rognac, Saint-Zacharie, Vitrolles et pour les quartiers de Saint-André et Saint-Antoine à Marseille.

Travaux de restauration
Professeur à l’école des beaux-arts de Marseille entre 1904 et 1926, il réalise pour cette ville divers travaux de restauration.

En 1913 il remplace par un moulage les armoiries de la ville sculptées par Pierre Puget qui étaient placées au-dessus du balcon de la façade principale de l’hôtel de ville.

Ce moulage ne pourra pas être conservée et sera remplacée en 1968 par une copie réalisée par le sculpteur Mérindol.

Il procède au démontage du plafond de la bibliothèque du couvent des prêcheurs qui se trouvait près de l’église Saint-Cannat et le reconstitue au pavillon des arts du parc Chanot.

Le panneau central représente saint Dominique chassant l’hérésie avec aux angles les quatre évangélistes (saint Matthieu, saint Marc, saint Luc et saint Jean) et sur les panneaux latéraux les quatre pères de l’Église (Grégoire le Grand, saint Ambroise, saint Jérôme et saint Augustin).

Archéologie
Membre de la Société préhistorique de France, Stanislas Clastrier s’adonne également à l’archéologie. Il achète un terrain dans le 15e arrondissement de Marseille et, à l’occasion de travaux de débroussaillement, il y découvre l’ancien oppidum de Verduron. Ses travaux font l’objet de diverses communications.

Tête de Mercure du fronton de la compagnie de navigation Fraissinet Place du général de Gaulle à Marseille

Œuvres
Portraits en médaillons de Charles-Augustin Coulomb, Alessandro Volta, André-Marie Ampère et Michael Faraday sur la façade de l’hôtel des postes de la rue Colbert à Marseille.

L’Eau et Le Feu, mascarons des deux portes principales de la caserne des marins pompiers du boulevard de Strasbourg à Marseille construite par l’architecte Léonce Muller.

Victor Gelu, haut-relief en bronze. Le poète marseillais est représenté derrière une table qui lui sert de tribune, le bras droit tendu, en train de déclamer un de ses poèmes. Cette œuvre qui était située place neuve, rebaptisée place Victor Gelu, a été fondue en 1943 par l’occupant allemand pour la récupération du bronze.

Fronton de l’immeuble de la Compagnie de navigation Fraissinet située place du Général-de-Gaulle à Marseille.

Statue de Charles Jean Marie Barbaroux sur la façade ouest de la Préfecture des Bouches-du-Rhône à Marseille : cette statue a remplacé celle de saint Trophime détruite par un obus le 4 juin 1871 lors de la tentative de création d’une commune révolutionnaire à Marseille.

L’obus a été tiré par les canons du général Henri Espivent de La Villesboisnet qui avaient pris position sur la colline de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde ; les communards sont obligés de se rendre et disent que la Vierge a changé de non et qu’elle est devenue « Notre-Dame de la Bombarde ».


SOURCES Wikipédia
PHOTOS Rvalette & Philippe Alès & Plan ancien

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