Jardins Ouvriers Coder et l’épopée de l’Usine Coder 35 Avenue du Dr Heckel, 13011 Marseille
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Ces 1,7 hectares de jardins ouvriers coincés entre l’Huveaune, la voie de chemin de fer et l’autoroute Est sont les seuls vestiges restant de la politique sociale avant-gardiste et de l’épopée familiale de Joseph et Louis Coder…d’abord constructeurs de charrettes à Aubagne, puis constructeurs de wagons à Saint-Marcel c’est ensuite à partir des années 30 que l’entreprise Coder construit des appareils pour la route, avec pour grande spécialité les semi-remorques citernes. Coder est alors l’un des leaders français du secteur, réputé pour ses innovations. L’usine a complètement cessé son activité en 1974 ne résistant pas à la baisse des commandes de son unique client, la SNCF. Aujourd’hui propriété de la Ville, le terrain qui avait été mis à la disposition des ouvriers en 1941 accueille une centaine de parcelles très convoitées, de 150 à 200 mètres carrés, essentiellement tenues par des jardiniers retraités.

Jardins ouvriers Coder et l'épopée de l'usine Coder, MarseilleJoseph Coder fabriquait des charrettes et des brouettes à Aubagne. En 1924 avec son frère Louis, il crée une entreprise de construction et de réparation de tramways et de wagons. C’est ensuite à partir des années 30 que Coder construit des appareils pour la route, avec pour grande spécialité les semi-remorques citernes. L’usine de Marcel s’étend alors sur 90 000 m² et accueillera jusqu’à 1200 ouvriers, accompagnés un temps par 1000 chevaux.

La technologie de pointe faisait la réputation de Coder, grâce notamment au nombre conséquent d’ingénieurs au sein de la direction, et des innovations réalisées dans l’entreprise avec la conception de la « citanox », première semi-remorque citerne avec anneaux en inox, la plus légère du marché. Puis dans les années 1965, Coder a commencé à construire des citernes en aluminium, les « citalu », encore plus légères que celles en inox.

Le « caouflex » a également été lancé, il s’agissait d’un nouveau système en caoutchouc pour la suspension des remorques. Coder était également en contrat avec l’armée française pour fabriquer des semi-remorques porte-char et des ponts d’assaut.

Jardins ouvriers Coder et l'épopée de l'usine Coder, MarseilleCoder s’est également développée par sa participation à la découverte du pétrole au Sahara. La société changera de nom à maintes reprise, Établissements Coder Frères, Société Nouvelle de Gestion des Établissements Coder, Saint-Marcel Ferroviaire, Société Métallurgique de Saint-Marcel…

Un département menuiserie/bâtiment a également vu le jour avant les années 60, au moment du boom immobilier. Mais petit à petit, la construction ferroviaire a diminué annonçant le déclin de l’entreprise.

Dès les années 20, Coder est réputée pour sa politique sociale…indemnité aux pères de famille, primes de naissance, secours en cas de maladie, salles d’allaitement, clinique d’entreprise, cantine…Coder permettra aux ouvriers de bénéficier d’un terrain de football (avec l’équipe Coder), d’un gymnase et du jardin ouvrier en 1941. Coder organisait également des tournois de boules et l’usine possédait son orchestre avec l’Harmonie des établissements Coder.

Aujourd’hui, tous les bâtiments de l’usine ont été remplacés. Le bar de la métallurgie, situé en face de l’usine a disparu avec la fermeture du site. Un grand nombre de commerces dans le village de Saint-Marcel vivaient grâce à l’activité de l’entreprise.

Une société de construction de citernes en inox, située à Dole, a récupéré de nombreux cadres de chez Coder une fois l’usine fermée et a su se hisser à la première place du marché européen.

Jardins ouvriers Coder et l'épopée de l'usine Coder, MarseilleIl ne reste plus de nos jours que les jardins ouvriers propriété de la Ville. S’il n’est plus nécessaire d’avoir un lien avec l’ancienne usine, l’accès à ces parcelles est très recherché et plus de soixante personnes seraient sur liste d’attente. L’association des Jardins ouvriers de Coder loue le terrain 7500 euros par an à la Ville.

En novembre 2016 les caprices de l’Huveaune avaient provoqués l’effondrement du soutènement de la seule voie d’accès aux jardins. En février 2018 un nouveau passage a été inauguré après de complexes travaux à hauteur de 200 000 €.

Ici la règle est stricte, contre un loyer annuel de 100 euros, les jardiniers s’engagent à entretenir avec soin leur parcelle. Au troisième avertissement si le terrain n’est pas tenu propre, désherbé et cultivé, la personne est exclue…un cas qui semble rarissime tant les membres des jardins sont attachés à leur petit paradis végétal !



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