Grottes Loubière, la Tanière du Loup Chemin des Grottes Loubières, 13013 Marseille
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Grottes Loubière, la Tanière du Loup
Arrondissement : 13ème

“Loubières”, écrit avec ou sans “s”, le nom de ces mystérieuses grottes vieilles de plus d’un milliard d’années, découverte en 1829 par J.Simonet, un spéléologue amateur, viendrait de la découverte d’os de loups dans ses entrailles. A la fois écrin pour des trésors historiques, dernière demeure d’un squelette préhistorique “Homo-sapiens”, scène de crime, site de rites sataniques, lieu de tournage, attraction touristique, salle de concert pour le Ballet de Marseille…ces étonnantes grottes, la plus importante station préhistorique de Marseille, furent malheureusement condamnées en 1989 dans d’obscures circonstances sur fond de projet municipal…

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Une expédition en 1895

Ce n’est que 57 ans après sa découverte, dont la date et le nom des grottes sont inscrits sur une concrétion de la Baume Loubière appelée “le Boudha”, qu’eu lieu la toute première prospection scientifique en 1886.

D’étonnantes découvertes y seront trouvées suite aux travaux notamment des professeurs Rivière et Fournier, doyen de la Faculté de Besançon…des couteaux, racloirs, grattoirs, poinçons en os mais aussi des éclats de silex ainsi que de nombreux tessons de poterie (lire le récit en détail).

En 1898, la grotte fut la scène d’un crime qui entraîna sa première fermeture…l’assassinat d’une fillette, découverte par hasard par un berger cherchant son chien. Un drame qui attira trop de curieux et de trop grands risques d’accidents pour la laisser ouverte au tout venant.

17 ans plus tard, en 1915, sur son lit de mort, un vieux berger, soulagera sa conscience et avouera son crime en confession avant de s’éteindre. Un vallon tout proche de la grotte se nomme d’ailleurs le Vallon de la Femme Morte, peut-être est-ce lié à cette affaire ou à un tout autre drame, en effet cette appellation existe également dans le Var à Bormes les Mimosas.

grottes-loubieres-chateau-gombert-marseille-4Parfois le passé semble étrangement rappeler le présent comme notamment avec la bataille pour préserver les vestiges de la Carrière grecque de la Corderie trouvés en 2016…en effet en 1930 une société voulu rentabiliser les grottes. La Société Foncière Phocéenne Durrieux Griffoni & Pellerin firent entreprendre les travaux nécessaires. Ce fut un désastre pour la recherche et les fouilles archéologique furent compromises.

Dans les déblais des travaux, Degerrin-Ricard découvrit en 1931 une hachette triangulaire en roche blanchâtre, des jadéites, des fragments d’autres haches, des éclats de silex, des tessons, céramiques de l’âge de bronze et de fer et aussi de la poterie romaine du 2ème siècle avant Jésus-Christ !

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La Cascade Pétrifiée

De plus, cent kilos d’ossements et des objets de la grotte furent aussi prélevés par un géologue de Montpellier…des vestiges dont on n’entendra plus jamais parler.

Georges Daumas, archéologue, informé par Degerrin-Ricard, se rendit sur les lieux, commença une nouvelle fouille, toujours en 1931, dans les déblais hors de la grotte, l’intérieur ayant été bouleversé. On put néanmoins reconstituer des ustensiles ménagers, bols assiettes, vases, marmites, petites jarres décorées d’incisions et de pointillés, peu de silex, la période en pierre polie étant représentée par une hache en serpentine et des coquilles percées pour la confection des colliers. Ces vestiges sont exposés au Muséum de Longchamp.

Le scientifique déclara que la Baume Loubière était la plus importante station préhistorique de Marseille et de ses environs ! Elle a servi de refuge à une population du Néolithique (9 000 ans av. J.-C. à 3 300 ans av. J.-C), utilisée parfois comme un magasin de réserves.

Elle a pu être un véritable atelier de poteries, l’entrée pouvant être obstruée avec quelques blocs de pierre et la grotte possédant l’eau à volonté. Avec des provisions de viande séchée ces hommes pouvaient vivre là des mois entiers, pendant la période des grandes glaciations.

En 1936, M. Dujardin-Weqer, membre de la Société de Géographie et de Spéléologie fit la découverte d’un squelette préhistorique “Homo-sapiens” extrêmement primitif (généralement apparu il y a environ 315 000 ans).

Des visites guidées permettaient d’admirer dans ces grottes la cascade pétrifiée avec ses chandelles hautes de 7 mètres, d’étonnantes draperies de pierre, des orgues, des formes éléphants, de fauteuils, de jambon ou encore de chêne…

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En 1954 on y tourna avec Jean Richard le film “Peau d’Ours”, réalisé par Claude Boissol, sorti en 1957. En 1966, c’est un drame italien qui l’utilisera comme décor.

L’écrivain Raymond Jean écrira aussi en 1976 sur ces grottes dans “Fontaine Obscure”… Une histoire d’amour et de sorcellerie sur la Provence du XVIIème siècle.

Dans la grotte se seraient déroulées d’effroyables scènes sabbatiques (à l’origine des assemblées nocturnes de sorcières), bacchanales (en l’honneur de Bacchus, dieu romain du Vin, de l’Ivresse et des Débordements, notamment sexuels) et autres débauches sataniques.

En 1986  Roger et Yvelines Werner rachètent le site de la Loubière à Mr Gasquez. La grotte qui connaissait un grand succès accueillait de nombreux touristes et des bus arrivant par la route de la Grande Etoile autrefois ouverte aux véhicules. Le site proposait également un restaurant composé de deux salles et une piscine. De nombreux mariages, séminaires et banquets se déroulaient sur place avec des visites de la grotte.

Grottes Loubière, Grottes Loubières, Baume-Loubière, Marseille, Provence

L’entrée de la Grotte aujourd’hui condamnée

Mais en 1989 la mairie a souhaité récupérer le site des grottes et son domaine afin de réaliser un improbable parc animalier dont un projet est déjà évoqué en 1988. Étrangement et très rapidement les propriétaires des lieux reçoivent un contrôle fiscal aux montants faramineux. Un jour la mairie vient poser sans prévenir des grilles bloquant l’accès aux grottes, interdisant leurs exploitations tout en laissant à la famille Werner le droit de garder ouvert leur restaurant limitrophe…un situation qui ira jusqu’à la saisie de la maison familiale.

Les Werner épuisés tiendront jusqu’en 1994, et laisseront tomber l’affaire. Le restaurant sera rapidement squatté, dégradé et la mairie se chargera de raser les lieux. Au final la famille a perdu son domaine, sans recevoir aucunes indemnités pour au final une grotte sans projet, condamnée par des pierres depuis 1989.

En 2015 parait “L’affaire de la Soubeyranne” de Jean Contrucci…Le ciment censé obstruer l’accès aux grottes depuis des années est mystérieusement encore frais…c’est le point de départ de ce roman historique.

Aujourd’hui on peut encore retrouver les traces des baraquements touristiques qui entouraient la grotte. Celle-ci est entièrement bouchée par de gros blocs de pierre. En 2020 la mairie du 13ème annonçait dans ses promesses de campagne le désir de rouvrir ces grottes…un projet qui sera certainement surveillé de près par la fille des anciens gérants pour qui cette grotte appartiendrait toujours à sa famille. Un lieu chargé d’émotion et de souvenir pour celle qui faisait visiter les lieux à des groupes alors qu’elle n’avait que 7 ans !

Découvrez l’histoire complète des grottes sur l’excellent site gombertois.fr.


SOURCES gombertois.fr & Wikipédia
PHOTOS gombertois.fr & Archives & Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com

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