Galerie Béatrice Soulié, « Outsider-Art », 2020-2026, ex Maglione,

11 place aux Huiles, 13001 Marseille
990
Galerie Béatrice Soulié, « Outsider-Art », 2020-2026, ex Maglione,
Catégorie : Culture & Art / Galeries d'Art
Arrondissement : 1er

Pendant plus de 60 ans, on franchissait le seuil du 11 place aux Huiles afin de dénicher chez « Maglione » la petite pièce introuvable pour son bateau, parmi plus de 10 000 références d’accastillage, d’équipement nautique et de quincaillerie de marine. De fin août 2020 à la fin 2026, l’adresse a abrité un tout autre cabinet de curiosités : la galerie d’Outsider-Art de Béatrice Soulié. Un nouveau concept doit aujourd’hui y prendre place.

Les « bonnes mères » revisitées de Pierre Amourette

On y trouvait encore l’incroyable mur de tiroirs colorés de 7 mètres de long, confectionné en 1947 et conservé dans son jus ! Béatrice Soulié, qui devint la maîtresse des lieux, avait annoncé un jour à l’ancien propriétaire « si un jour, vous prenez votre retraite, je vous achète le mur ! ». C’est finalement le fameux mur de tiroirs et son très bel écrin que cette amoureuse de Marseille résidant au Frioul s’est offerts, afin d’accueillir une collection d’une trentaine de ses artistes et des coups de cœur, tous issus du mouvement « Outsider-Art ». Ces créateurs marginaux, autodidactes, élaboraient leurs œuvres en dehors de l’influence du milieu artistique, avec un résultat tout à fait étonnant, proche parfois de l’ambiance des films de Tim Burton !

Ici on n’est pas dans une galerie d’« Art Comptant Pour Rien », comme aimait à le dire Béatrice Soulié avec malice, mais dans un véritable cabinet de curiosités contemporain, avec des créations aux techniques très intéressantes, tout autant que les parcours atypiques de leurs artistes.

Sabrina Gruss

On y découvrait notamment les œuvres de Sabrina Gruss, récompensée en 2019 par le Prix Paul Niclausse de l’Académie des Beaux-Arts de l’Institut de France. Dans son travail, elle collecte en forêt des animaux morts, piégés par un chasseur ou encore fauchés par la nature, les enterre pendant des années, récolte leurs ossements avant de « remettre debout des choses couchées », d’imaginer dans le secret de son laboratoire une nouvelle créature, et de s’interroger sur la vanité de l’existence, la douleur de la perte, le côté bouleversant de la mort. On y a dégusté également les « bonnes mères » revisitées de Pierre Amourette, les poupées nues de Terry Curling, les décortications d’anatomie d’Hélène Lagnieu, les cabanes imaginaires de Sylvain Corentin, les locomobiles de Gérard Cambon, les encres de Chine de Christelle Lenci, les coloriages énigmatiques de Joël Lorand… Et exploré les vestiges pacifistes d’Agnès Baillon, les cocons transparents d’Anne-Marie Vesco, les scénettes en papier découpé de Béatrice Elso, les flacons de Muriel Belin, les collages de Séverine Gambier et les créations d’Isabelle Jarousse, Marina Ho, Marie Morel, Pétra Werlé, Stéphanie Sautenet ou encore Audrey Quittet…

Honneur aux Dames, l’exposition inaugurale de la galerie, était consacrée aux artistes singulières sélectionnées par Béatrice Soulié, avant de faire place à de nouvelles thématiques comme « Louis Pons – Rétrospective » ou encore « Bois et Charbons – Marina Ho : fusains & Marc Bourlier : bois flotté ». Un lieu qu’il fallait voir et écouter, car on ressentait dans les paroles de Béatrice Soulié sa passion et son amour pour ses artistes, presque comme une mère parlant de ses enfants, ou de sa propre famille. On pouvait même y acheter l’excellente huile d’olive produite par son mari (son « dieu ») !

Dans le même esprit, poussez la porte du Laboratoire des Métamorphoses de Franck Garam, rue Adolphe-Thiers.


SOURCES Galerie Béatrice Soulié
PHOTOS Dominique Milherou
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