Fontaine Beauvau, Hommage à Charles-Juste de Beauvau La Canebière, 13001 Marseille
3351
Fontaine Beauvau, Hommage à Charles-Juste de Beauvau
Arrondissement : 1er

A l’emplacement actuel du Monument des Mobiles aux Réformés, se trouvait encore au 19ème siècle la Fontaine Beauvau, construite dès 1792, hommage à Charles-Juste de Beauvau, 2ème prince de Beauvau (1754) et prince de Craon, maréchal de France (1783), et gouverneur de Provence de 1782 à 1790…12 années pendant lesquelles il saura se faire aimer des ressortissants de la province avec notamment la construction en 1787 du Grand Théâtre de Marseille (actuel Opéra) à l’extrémité de la rue portant aujourd’hui son nom. A Paris il séjourna à l’Hôtel Beauvau, siège aujourd’hui du Ministère de l’Intérieur.

Plan de 1791, la Fontaine est inscrite « Beauveaux » au lieu de « Beauvau »

La fontaine fut commencée en 1782 et même si l’on peut voir sur le plan de Pierron de 1785 ce monument achevé, où est représentée sur un rocher la France appuyée sur l’écusson royal, ce groupe, qui devait y être placé ne l’a jamais été.

Sur le plan, on y voit aussi des lions d’où surgissent l’eau; on ne les a pas mis non plus. La fontaine est telle qu’on la laissée, entourée d’un bassin rond très bas, garni de grenouilles donnant de l’eau pour l’usage public, un simple jet d’eau au milieu.

Lorsque la révolution arriva, rien n’avait été placé sur le piédestal de cette fontaine. En 1793 on prétendit alors achever l’ornementation de cette fontaine.

On simula pour cela une montagne composée de blocs de pierre froide irréguliers. L’eau glissait sur les nervures faites en divers sens.

La montagne a été détruite en 1795 et les pièces qui la composaient ont servi de bornes aux environs des allées des Capucines. Encore présente à la fin du 19ème siècle, la Fontaine disparaîtra ensuite de cet emplacement à une date que je n’ai pu retrouver.

Mais revenons à présent sur le Prince pour qui cette fontaine fut érigée.


Beauvau par Élise Bruyère (1776-1842)

Né en 1720 à Lunéville, Charles-Juste de Beauvau-Craon est le fils de Marc de Beauvau-Craon (1679-1754), 1er prince de Beauvau, et d’Anne-Marguerite de Ligniville (1686-1772), comtesse du Saint-Empire, dame d’honneur de la duchesse de Lorraine, et maîtresse du duc Léopold Ier. Il est le frère de la marquise de Boufflers, la maîtresse en titre du duc-régnant de Lorraine Stanislas Leszczyński.

Entré comme volontaire au service de la France, il est nommé lieutenant de cavalerie le 10 décembre 1738, colonel des Gardes Lorraines le 1er mai 1740, et se distingue sous le maréchal de Belle-Isle au siège de Prague en 1741. Brigadier le 16 mai 1746, maréchal de camp le 10 mai 1748, lieutenant général le 28 décembre 1758, il commande en chef les troupes envoyées en Espagne en 1762.

Il est nommé gouverneur du Languedoc le 12 juin 1747. En 1767, il s’illustre en faisant libérer les dernières prisonnières de la Tour de Constance, dont Marie Durand. Il est ensuite gouverneur de Provence (1782-1790).

Le prince de Beauvau est fait maréchal de France le 13 juin 1783. En 1789, il est secrétaire d’État à la Guerre pendant seulement cinq mois. Partisan des réformes, il n’est pas inquiété sous la Révolution, et meurt dans son lit en plein milieu de la Terreur, laissant une veuve inconsolable.

Distinctions et honneurs
Grand d’Espagne de première classe le 11 mai 1754, il est fait chevalier de l’Ordre du Saint-Esprit (Versailles, 2 février 1757).

Nommé à l’Académie française en février 1771 alors qu’il n’a jamais rien écrit, il participe activement aux travaux académiques. Il est également membre associé de l’Académie des sciences, membre honoraire de l’Académie des inscriptions et belles-lettres (1782) et membre des académies italiennes de l’Accademia Etrusca à Cortone et l’Accademia della Crusca.

Il s’entoure d’un cercle d’hommes de lettres parmi lesquels Jean Devaines, le philosophe Jean-François Marmontel, le poète Jean-François de Saint-Lambert. Le chevalier Stanislas de Boufflers, neveu du maréchal, anima longtemps son salon.


SOURCES Revue de Marseille et de Provence (1860) & Wikipédia
PHOTOS Plan de 1791 & Peinture d’Élise Bruyère (1776-1842)

Avis
Soyez le premier à donner votre avis !
Laisser votre avis
VOTRE NOTE:

Laisser un commentaire

Autres fiches