Fabrique de Pipes Marseillaises Bonnaud Fils 4 Pont de Vivaux, 13010 Marseille
2285
Arrondissement : 10ème

Le grand port de commerce de Marseille voit transiter toute sorte de marins, et avec eux, toute sortes d’objets. L’île du Frioul, servira de quarantaine aux bateaux venant du moyen orient, et la calanque des pipes regorge de vestiges de pipes en terre jetées là par les marins ! Mais Marseille a aussi fait partie des villes ayant eu sa part dans la production européenne de pipes. De 1693, avec la Manufacture Royale de Pipes jusqu’en 1956, date de la fermeture de la dernière Fabrique de Pipes en terre, celle d’Hippolyte Léon Bonnaud, fondée en 1824 et située sur la propriété « Les Frènes » au 4 Pont de Vivaux en bordure de l’Huveaune.

Fabrique de Pipes Marseillaises Bonnaud Fils, MarseilleLes créations d’Hippolyte Léon Bonnaud avec notamment ses formes de visages antiques, sont alors très réputées en France mais aussi à l’international comme le prouve cette publicité américaine pour l’usine marseillaise. Ces documents commerciaux vantaient les 3 grands atouts des pipes Bonnaud, les formes originales, le plaisir du goût et l’argile utilisé qui provenait des falaises rouges du Cap Estérel.

Du xviie siècle au xixe siècle, l’immense majorité des pipes fumées en Occident étaient faites d’argile. En français elles sont appelées pipes en terre. Elles doivent être fabriquées avec une argile de haute qualité, fine et claire que l’on appelle ball clay. Une argile de mauvaise qualité fera une pipe poreuse qui donnera un goût désagréable au tabac.

L’argile est d’abord roulée à la main. On place dans le rouleau ainsi obtenu une tige métallique (pour faire le futur passage de l’air dans le tuyau). Puis la pièce est placée dans un moule en métal et passée sous une presse servant à former la tête de la pipe.

Celle-ci est ensuite signée par l’artisan, puis on retire la tige métallique précautionneusement avant de cuire la pipe dans un four entre 900 °C et 1 100 °C.

La pipe cuite est mise à refroidir et l’artisan lui enlève ses défauts (coulures d’argile, grains…) en la grattant et en la limant à l’aide d’outils spécifiques. Il peut aussi aléser le fourneau. La pipe peut ensuite être émaillée. Le métier de fabricant de pipes en terre est très proche de celui de potier.

De nombreuses pipes de la société marseillaise dont le siège se trouvait au 1 place Castellane, se retrouvent aujourd’hui sur des sites de vente aux enchères avec des mises à prix entre 10 € et 100 €.

Les autres “Pipiers de terre” de Marseille s’appelaient Christophe Chabert, Louis Coulomb, Henri Rester, Guillaume Blanc, Louis Marius Bernard, Jean-Baptiste Morelli, G.Blanc de Plumier, Etienne Vautrain, Félix Mazet, Antoine Izouard ou Alphone Bonnaux, Hippolyte, Marius Joseph…


Les plus anciennes traces de pipes cérémonielles ont été retrouvées sur les bas-reliefs de temple maya, datés du VIème siècle, mais leur usage devait probablement rester d’ordre magique ou religieux..

Des vestiges de pipes ont aussi été retrouvés dans les fouilles d’anciennes cités romaines, mais leur analyse révèle qu’elles devaient servir à fumer des herbes à usage médicinal.

Les historiens s’accordent à localiser l’apparition du tabac et de la pipe sur le continent nord américain dans les différentes tribus indiennes, notamment les sioux, avec le calumet ou les « petum », sorte de gros cigares composés d’une feuille de tabac roulée sur elle même.

Il faudra attendre Christophe Colomb pour faire découvrir le tabac à l’Europe, d’abord comme plante médicinale, avant de connaître un succès populaire qui s’étend à l’ensemble du globe.

En Europe, le développement de la pipe commence en 1575 en Angleterre à Broseley avec des pipes en terre imitant celles importées du nouveau monde qui ne suffisent plus à alimenter le marché européen.

Par la suite, des pipes en fer et en argent voient le jour apportant un gage de solidité aux soldats en campagne.

En 1617, le piper William Baernelz crée la première manufacture de pipes à Gouda et commercialise ses pipes en terre dans toute l’Europe.

En France les manufactures de Dunkerque, Saint-Malo et Marseille voient alors le jour.


SOURCES La pipe en terre à Marseille par Maurice Raphaël & Archives Bonnaud Fils & Wikipedia
PHOTOS Archives Bonnaud Fils & worthpoint.com

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