Les Dragées de la Maison Rosière, Fabrique de Confiseries depuis 1924 5 avenue Fernandel, 13012 Marseille
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A l’origine des célèbres dragées Rosière lancées en 1948, il y’a une histoire de famille…Au début du XX° siècle, Agop Adjemian et son épouse Philomène exercent le métier d’épicier-confiseur à Ankara en Anatolie turque. Ils y tiennent un salon de thé dont la solide réputation tient à la qualité de leurs douceurs et particulièrement de leurs confitures de roses…En 1923, abandonnant tout, Agop et Philomène débarquent à Marseille et lancent leur nouvelle vie en confectionnant des confiseries orientales : Rahat Loukoum, sucettes, sucres d’orges, confitures, gommes, pralines, petits mimosas, etc …

En 1924, ils fondent la Confiserie à L’arc en Ciel, avenue de la Petite Suisse dans le quartier de Beaumont, près de Saint Julien. Dans les années 30, ils s’installent au 16 avenue de la Rosière à Beaumont et habitent au-dessus de leur fabrique qui prend de l’essor.

En 1948, leurs deux fils Paul-Jean et Clément reprennent l’affaire. En cette période d’après-guerre, l’optimisme s’étend à la France toute entière et les mariages, baptêmes et communions se multiplient. Et les futurs mariés ou jeunes parents demandent des dragées.

Les deux frères créent alors la recette des dragées Rosière qui fera le succès de la Maison, à partir de la meilleure amande, l’Avola Princesse de Sicile, et d’une petite pointe de vanille de Madagascar.

Ils gardent jalousement le secret des proportions…et parcourent la France avec leur mallette d’échantillons !

En 1969, Paul-Jean Adjemian fait construire une nouvelle fabrique au numéro 5 avenue des Trois-Lucs, devenue avenue Fernandel en 1971, car le célèbre comédien résidait non loin de là, au numéro 138, à la Villa les Milles Roses. Certains prétendent même qu’il venait y goûter quelques dragées à ses heures perdues …

Depuis 2000, Rosière sélectionne les meilleurs produits et les meilleurs fournisseurs pour produire la recette unique et exclusive des dragées Rosière, et ces derniers sont bien souvent labélisés EPV (Entreprises du patrimoine Vivant)…Depuis 2000, l’usine des Trois-Lucs a fermée et les dragées ne sont plus produites ici à Marseille mais en Alsace.

Il reste aujourd’hui la boutique du 5 avenue Fernandel, vous retrouverez quelques vieux outils encore imprégnés de l’odeur des confiseries…à découvrir également les confitures, les miels, les chocolats…


Les ingrédients principaux des dragées sont des fruits secs, du sucre et de l’eau. Pour sa fabrication, de nombreuses opérations sont réalisées successivement avec 10 manipulations. Quant  à ses origines, elles sont diverses…

Ancienne fabrique rosière au 5 avenue des Trois-Lucs à Marseille

En grec ancien, le mot τράγημα / trágêma (tragemata en latin) signifie « friandise », et désigne un mets servi à la fin du repas, en guise de dessert. On en trouve aussi des traces à l’époque romaine (vers 170 av. J.-C.), puisque Julius Dragatus, confiseur de la famille des Fabius, l’aurait inventée pour le baptême du fils d’un patricien romain, en laissant accidentellement tomber une amande dans une jarre de miel.

Cette hypothèse est douteuse car le baptême chrétien n’existait pas encore à cette époque. Peut être s’agissait-il de mikvé, mais l’existence d’un patricien juif en -170 av JC paraît peu probable.

La dragée aurait également pour ancêtre une friandise appelée diagragum, fabriquée au Moyen Âge à partir de la sève d’un arbre d’Anatolie.

En France, elle est créée en 1220 par un apothicaire (les seuls autorisés à faire commerce du sucre) de la cité de Verdun, qui cherche un moyen de faciliter la conservation et le transport des amandes qu’il utilise. Il a alors l’idée de les enrober de sucre et de miel durcis à la cuisson, faisant de Verdun un important centre de fabrication et le symbole de la ville.

Le sucre de canne, rapporté du Moyen-Orient par les croisés, est bientôt favorisé à la place du miel dans la confection des dragées en raison de l’apparence lisse obtenue ainsi.

La dragée devient vite une friandise, « une épice de bouche », recherchée notamment pour ses prétendues vertus curatives : bonne pour rafraîchir l’haleine et pour la digestion, elle est surtout réputée pour combattre la stérilité selon la théorie des humeurs3 , d’où sa présence sur les tables françaises à chaque événement familial : mariages, baptêmes, communions, etc. À Verdun, la recette d’origine consiste à enrober de sucre des graines d’anis vert. Elles sont recommandées aux femmes enceintes pour les aider à bien mener leur grossesse à terme.

De Verdun, la dragée se fait connaître en Hollande, à Constantinople et en Russie. Les dragées sont offertes aux magistrats et aux membres de la famille royale. En 1574, Henri III en reçoit à l’occasion de son sacre, ainsi qu’Henri IV, lors de son passage à Verdun en 1603.

Elle est appréciée à la cour de Louis XIV et fait partie des épices de chambre, disposées dans des vases d’or et d’argent appelés drageoirs. C’est la famille de Médicis qui l’introduit dans les grandes cours d’Europe où elle se présente sous la forme d’une praline et peut prendre la forme de graines ou de fruits enrobés de petites confitures sèches au xviiie siècle.

En 1750, un confiseur parisien, Pecquet, invente une dragée lisse en faisant cuire du sirop de sucre autour d’une amande dans des bassines qu’il fait tourner toute une journée.

Ce dragiste, créateur de la dragée moderne, devient le fournisseur officiel de la Cour au point que Paris détrône la capitale des dragées, Verdun.

Ancien atelier Rosière

En 1777, une ordonnance royale retire le privilège du commerce du sucre aux apothicaires pour le remettre aux confiseurs.

Le procédé de fabrication est modernisé vers 1840 par Moulefarine qui invente l’ancêtre de la turbine à dragée qui est créée à la fin du xixe siècle par les confiseurs Peysson, Jacquin et Delaborde. L’ère industrielle sonne la fin des dragistes artisans.

On lance encore des dragées au-dessus des mariés à leur sortie de l’église afin de leur porter chance. L’amertume de l’amande alliée à la douceur du sucre symbolise les joies et les peines de la vie. On en offre également aux invités d’un mariage ou d’un baptême.

La tradition veut que pour un mariage 5 dragées soient offertes pour 5 vœux : fécondité, félicité, prospérité, santé et longévité. Le nombre impair symbolise également l’indivisibilité de l’union des mariés.


SOURCES Rosière & Wikipedia
PHOTOS Rosière

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