Château Valmante, la Réunion Secrète de 1944 Résidence Valmante, 13009 Marseille
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Le château Valmante, alors appelé « de Redon » fut dès 1855 le lieu de résidence de la riche famille Grandval puis la propriété de Juliette Mante la sœur de l’écrivain Edmond Rostand qui y réalisera de fastueuses soirées en présence notamment de Sarah Bernhardt. La bâtisse devint le lieu d’une réunion secrète majeure du PC de l’armée américaine en 1944. Jacques Brel y posera devant les caméras en 1965. Le terrain acquis par la sécurité sociale dès 1959, abritait un centre de rééducation fonctionnelle depuis 1974. Vendu pour 41 millions d’euros, le domaine du château va intégrer un vaste projet immobilier de 642 logements avec des travaux dès juin 2018.

La construction du château fut décidée en 1855 par Joseph Grandval, riche industriel du sucre (voir sa biographie en fin de fiche), au cœur d’un grand parc composé d’un étang et d’un jardin exotique.

Après des soucis financiers le château de Redon fut vendu en 1893 à Louis Mante, riche négociant marseillais et portera désormais le nom de château Valmante…un mélange des noms de Grandval et de Mante !

Au cours de fastueuses soirées mondaines, le couple Mante, formé en 1872 avec Juliette, sœur cadette d’Edmond Rostand, réunissait des peintres, des musiciens, et tous les noms prestigieux des arts et de la littérature :

Le frère de Juliette Mante auteur de Cyrano de Bergerac, la comtesse de Noailles, Sarah Bernhardt auront ainsi l’occasion de séjourner au château.

Un lieu stratégique pendant la deuxième guerre mondiale

C’est le 27 janvier 1945 que le château de Valmante fut le lieu d’une réunion secrète de l’État major suprême des forces expéditionnaires alliées décidant la poursuite des opérations sur le Rhin. Autour de la table, Eisenhower, Marshall, Bradley et le maréchal britannique Montgomery.

Ici, 5 mois plus tôt, le 24 août 1944, le 10ème Tabor chassait l’occupant, puis participait à la libération de Marseille

Le château de Valmante devient le PC de l’armée américaine de 1944 à 1946.

Le projet immobilier

Abandonné par les militaires en 1946, le château est encore à peu près en état et sa propriétaire, la veuve de Louis Mante meurt en février 1956 à Paris.

En 1965, Jacques Brel déambule devant la bâtisse. Une séquence très courte à découvrir dans une vidéo.

Centre de rééducation depuis 1974, le château va être placé au cœur d’un grand projet imaginé par Bouygues Immobilier…7 bâtiments contemporains répartis autour d’un parc boisé 100% piéton, d’un parcours de santé, d’un terrain de tennis, d’une conciergerie (voir le clip de présentation dans l’onglet vidéo).

L’intérieur du château et ses belles peintures murales ont été expertisées par le commissaire priseur Damien Leclerc. On évoque un lieu ouvert au public tel qu’un  centre médical…à suivre. Les travaux démarreront en juin 2018.


Joseph Grandval

Le Château vu depuis la Crête des Escampons

Fils de Gaspard-Paul Grandval, médecin de Letizia Bonaparte, il commence ses études à Ajaccio, puis dans un lycée de Marseille jusqu’à l’âge de douze ans. Vers 1808-1809, il sera interne au petit séminaire de Reims, avant d’intégrer, en 1814, le collège des Jésuites d’Amiens, sans être toutefois intéressé par la carrière religieuse.

En 1815 il est renvoyé du collège pour sa fidélité à l’Empereur. En 1816, à Toulon il entreprend des études de pharmacologie, et fait la connaissance de César Delestang qui sera aussi son futur associé.

À Marseille, il trouve un modeste emploi de commis de pharmacie. Fort peu enthousiaste pour cette profession, il envisage alors la carrière des armes.

Mais le général commandant la 91e division militaire lui recommande plutôt le domaine du commerce. Le futur industriel dira alors : « C’est pourquoi, d’indécis que j’étais d’abord, je tournais irrémédiablement mes vues du côté de l’industrie commerciale ».

Joseph Grandval

À Marseille, où travaillent plusieurs raffineries au « sucre colonial », Grandval s’aperçoit que les écumes de cassonade sont rejetées à la mer, sous la forme d’une pâte brune et visqueuse, dans des caisses en bois. Analysant ces résidus, Grandval imagine alors que l’on pourrait en faire des sirops.

S’associant avec son ancien ami, Delestang devenu marchand de conserves, et bailleur de fonds, ils créent une petite entreprise. Dessinant lui-même tous les appareils nécessaires au fonctionnement de la distillation, il les fait ensuite réaliser par un chaudronnier. Hélas, faute de capitaux, son projet ne durera pas plus de deux années.

Mais en 1827, Grandval s’associe au meunier Girard, et perfectionne un procédé de fabrication : le noir animal qui possède des propriétés de filtration et de blanchiment du sucre. C’est alors que sa société prospère rapidement, et, dès lors, le nom de l’industriel se trouve étroitement lié à l’industrie sucrière de Marseille.

En 1829, Grandval persuade Girard de racheter une raffinerie toute proche. Avec un emprunt de 200 000 francs et un apport de chacun des deux associés de 50 000 francs chacun, Grandval passe de l’artisanat à l’industrie.

Dès 1830, la production des raffineries double, tout en conservant leurs structures commerciales et techniques connues sous l’Ancien Régime. Il met en marche « le processus de destruction créatrice », qui vise à améliorer les techniques et les rendements, en supprimant les plus faibles. Ainsi, en 1844, il ne reste plus que sept raffineries à Marseille, sur les vingt existantes au départ. La production ayant triplé et les emplois étant passés de 600 à presque 900.

Enfin, en 1860, il ne restait plus que trois raffineries à Marseille, avec 2 000 ouvriers, dont 1 500 chez Grandval.

En 1862, Grandval expose à Londres, assurant les trois quarts des exportations marseillaises sur tout le pourtour méditerranéen.

À leur apogée, les raffineries Grandval produisaient quotidiennement 120 tonnes de sucre, soit encore 15 000 pains de 8 kg, au total une production annuelle de plus de 40 000 tonnes.

Grandval devint, sous le Second Empire, l’un des plus grands capitaines d’industrie. Son affaire était à son apogée alors qu’atteignant soixante-six ans, il tomba malade. C’est à ce moment qu’il décida de se retirer des affaires et de vendre à Charles Rostand qui fera faillite.

Son patrimoine immobilier reste considérable et un portefeuille de titres des principales affaires maritimes, industrielles et bancaires de Marseille constitue la succession de ce grand industriel. Il passe les dernières années de sa vie à Cannes. Là, perdant peu à peu la vue, il devint aveugle en 1869. Il s’éteint le 12 mai 1872.


SOURCES terredetresors.com La Marseillaise & ugecam-pacac.fr & France 3
PHOTO Evelyne Thibault & seloger.com & sudwall.superforum.fr & Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com & Bouygues Immobilier

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