Château la Verdière, les déportés de la Maison de la Rose 40 rue de la Rose, 13013 Marseille
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Château la Verdière, les déportés de la Maison de la Rose
Arrondissement : 13ème

Détruit en 1994, évoqué dans les expositions du Mémorial des Déportations à Marseille, le Château de la Verdière appelé aussi la Maison de la Rose a été loué par l’UGIF (Union Générale des Israélites de France) sur l’ordre de la Gestapo et ouverte le 24 mai 1943 pour installer des femmes et des enfants arrêtes et “bloqués” à Marseille. 30 enfants et 9 mères y sont placés temporairement en résidence surveillés après avoir été sauvés une première foi des rafles et de la déportation par les autorités de l’UGIF…mais le 20 octobre 1943, la Gestapo investît le château et arrêta tous ceux qui s’y trouvaient, soit 31 enfants, 6 de leurs mamans et la directrice de l’établissement, Alice Salomon. Ils furent déportés à Auschwitz et périrent dans les chambres à gaz. Une stèle leur rend hommage depuis 1995.

Famille Arrovas

L’ouvrage Provence Auschwitz de Robert Mencherini évoque sous la plume de Suzette Hazzan l’histoire préalable de ce château. Avant guerre, la demeure était un hôtel-pension de famille, ouvert toute l’année, desservi par une ligne de tramway qui le reliait au centre-ville. Ce vaste bâtiment était équipé de façon moderne avec le chauffage central et l’eau courante. De nombreux divertissements, tels le tennis, le ping-pong, les jeux de boules et de croquet étaient ainsi proposés aux résidents. Sa cuisine soignée, son beau salon et son grand parc attiraient les grands rassemblements familiaux ou amicaux, pour des repas de noces ou de banquets.

Mais revenons à la sombre année 1943. Raymond-Raoul Lambert, le directeur général de l’UGIF sud, notait alors dans son journal : « Dès le 19 avril 1943, les autorités allemandes ont procédé à des arrestations massives d’Israélites français dans la région de Nîmes et d’Avignon, de Carpentras et d’Aix. Des interventions quotidiennes de la police allemande n’ont d’abord pour effet que d’obtenir des renseignements sur les familles frappées, concentrées à la prison Saint-Pierre, à Marseille et dirigées ensuite sur Drancy, à la cadence moyenne de 40 personnes par semaine, soit deux départs de 20 personnes, le mardi et le vendredi »

Le Château de la Verdière, résidence surveillée, fut alors loué dans sa totalité par l’UGIF afin d’y placer notamment les familles Chicheportiche, Tordjman, Arrovas, Ben Dayan et Kaddouche, arrêtées lors des rafles et placés ici temporairement. L’établissement était alors dirigé par Alice Salomon aidée de Claude Lehmann, jeune étudiant en médecine. Selon le récit de Suzette Hassan “Les mères et enfants « libérés » par les autorités allemandes et confiés aux soins de l’UGIF se sentaient en sécurité à la Verdière et y séjournaient dans des conditions confortables et sereines“.

Mais ce semblant de vie familiale n’allait durer que quelques mois avant que la situation se dégrade.

Famille Tordjman

Depuis novembre 1942, la situation avait changé en zone sud et l’étau se refermait. La Gestapo remarqua rapidement que l’UGIF et ses œuvres s’orientaient de plus en plus vers des activités clandestines sous le couvert de la façade officielle. Les brimades de la Gestapo s’accentuèrent, entraînant perquisitions et arrestations très nombreuses. Les Allemands n’hésitèrent pas à faire arrêter et déporter ses dirigeants estimés trop rebelles.” écrit Suzette Hassan.

Le 20 octobre 1943, 44 personnes furent arrêtées. Parmi elles, 30 enfants et 9 mères. Le centre au complet de la Verdière fut déporté à Drancy puis à Auschwitz-Birkenau. L’établissement continua à recevoir des pensionnaires après la rafle du 20 octobre.

En 1944, le Château de la Verdière a servi de lieu de résidence à des soldats allemands puis français. En 1945, ce sont des prisonniers allemands qui y résidèrent, puis, en 1947, des juifs en instance de départ pour la Palestine. La Verdière devint une clinique en 1956. puis détruit en juin 1994 laissant place aujourd’hui à une pharmacie.

En 1996, les étudiants de l’UEJF ont apposé une plaque sauvage à l’emplacement de la maison avant que le 29 janvier 1998 une stèle fut officiellement élevée par le sénateur-maire, Jean-Claude Gaudin.



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