Chapiteau ionique d’un Temple Grec Avenue Saint Jean, 13002 Marseille
2092
Arrondissement : 2ème

En 1952, le creusement d’une tranchée pour l’installation du tout-à-l’égout en contrebas de la butte Saint-Laurent a recoupé un mur à l’intérieur duquel se trouvaient deux fragments jointifs d’un grand chapiteau ionique. Cet élément monumental (1,80 m de long pour 1,12 m de large et 0,66 m de haut, pesant plus d’une tonne) taillé dans du calcaire blanc des carrières de Saint-Victor provient d’un grand temple grec qui devait, selon toute probabilité, se situer à proximité.

Fernand Benoit, alors directeur des Antiquités historiques et responsables des fouilles, lors de la découverte du chapiteau ionique en 1952. © SRA, DRAC PACA, archives Benoit

Ce temple pourrait être celui d’Apollon, d’Athéna ou d’Artémis d’Éphèse, les principales divinités vénérées dans Marseille grecque, dont les sanctuaires sont mentionnés par les auteurs antiques.

Ainsi le géographe grec Strabon, au Ier siècle avant notre ère, fait état de sanctuaires dédiés à Artémis d’Éphèse et à Apollon. Et, au IIIe siècle de notre ère, l’historien latin Justin, relatant des faits s’étant déroulés au IVe siècle avant notre ère, cite le temple d’Athéna, qu’il localise sur l’acropole.

L’emplacement exact de ces monuments, dont la construction remonte à la période grecque archaïque, nous est encore inconnu puisqu’aucun vestige n’en a, jusqu’à présent, été découvert. Selon toute vraisemblance, ils se situaient sur les éminences de la ville : butte Saint-Jean, butte Saint-Laurent et/ou butte des Moulins.

Le chapiteau ionique retrouvé en contrebas de la butte Saint-Laurent, à proximité du promontoire Saint-Jean, pourrait en être un témoignage.

Les trois grands ordres architecturaux grecs – dorique, ionique et corinthien – correspondent à des chronologies différentes, mais également à des proportions et des ornementations spécifiques.

De style ionique, et donc orné de volutes latérales, le chapiteau découvert à Marseille est daté, selon les spécialistes, vers 540-530 avant notre ère ou du tout début du Ve siècle.

L’« œil » surcreusé au centre des volutes accueillait en son temps un cabochon de marbre. L’ensemble était vraisemblablement stuqué pour cacher les imperfections et réhaussé de couleurs vives (rouge, bleu ou or).

© P. Magontier 2013, Musée d’Histoire de Marseille

Les proportions entre la taille d’un chapiteau, la largeur et la hauteur des colonnes répondent, dans chacun des ordres, à des équilibres précis, impliquant ici une hauteur de colonne de 8 m. De la même façon, la hauteur de la colonnade reflète les dimensions au sol du monument.

Par conséquent, les proportions et les dimensions du chapiteau ionique marseillais le font attribuer à un temple périptère, c’est-à-dire entouré de colonnes sur ses quatre faces, de 20 à 25 m de large sur 45 à 50 m de long.

Cet unique élément architectural a permis de restituer un des édifices majeurs de la parure monumentale de Marseille durant la période grecque archaïque.


SOURCES inrap.fr
PHOTOS P. Magontier & © SRA, DRAC PACA

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