Cercle des Boulomanes de Monte-Cristo 50, rue de Monte-Cristo 13005 Marseille
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Lancée en 1828, cette première association de pétanque de l’histoire ferait parti des lieux de pouvoir insoupçonnés de la cité phocéenne. Avec un hectare d’aire de jeux dans un superbe cadre sous l’ombrage de platanes centenaires, cet atypique club de pétanque, très fermé, regrouperait professions libérales et chefs d’entreprise…180 membres, exclusivement des hommes et le seul refus de l’un d’eux peut en fermer l’accès à un prétendant…Il y a encore peu, il était interdit d’y venir en jeans, et le bermuda est toujours interdit.

D’après les archives du Cercle, sa formation remonte à 1828. Il siégeait alors dans un terrain à l’extrémité de la rue Barthélemy, formant un cul-de-sac. L’enclos avait deux issues l’une par la rue Saint-Savournin, l’autre par la rue Barthélémy. Une petite maison, avec logement pour concierge, cuisine et salon, le tout très exigu et fort modeste, servait de lieu de réunion. Les sociétaires n’étaient alors que 25.

En 1835, le Cercle voulant augmenter le nombre de ses membres, admit un groupe de joueurs qui faisaient habituellement leur partie sur les terrains qui avoisinaient la guinguette du Grand Platane sur l’emplacement actuel de la gare Saint-Charles.

Le Cercle des Boulomanes eut subit une scission, en 1843, époque où une partie de ses membres alla fonder un Cercle du même genre, rue de l’Olivier. Ce fut de courte durée, les dissidents revirent peu à peu leurs anciens collègues. Cependant, le groupe primitif avait été à la veille d’une dissolution, car les adhérents n’étaient plus qu’au nombre de 16 qui tinrent bon et c’est à eux que le Cercle se doit d’avoir conservé ses titres d’ancienneté.

En 1847 le propriétaire de l’enclos ayant vendu le local, comme terrain à bâtir, offrit en échange une maison de campagne qu’il possédait, au chemin de Saint-Charles. Une commission spéciale conclut au rejet de cette proposition et demanda de louer la campagne Théophile Garcin, au Petit-Camas, pour un loyer annuel de 2 000 Francs et pour une période de trois années. La propriété Garcin est actuellement le Pensionnat Saint-Charles, collège mixte.

Malgré une forte augmentation des quotités, ce loyer de 2 000 Francs, était lourd pour les finances du Cercle ; en 1850 le Cercle loua aux hoirs Olivieri, une campagne contiguë, rue Monte-Cristo sur 10 000 m², par convention de 5 ans au prix annuel de 1 000 Francs. L’acte fut rédigé en Assemblée Générale et signé par les trente membres présents. Ce document est la pièce la plus importante des archives du Club.

Ce nouveau local est celui occupé actuellement. L’installation et l’inauguration eurent lieu le 29 septembre 1850.

En 1887 un membre du cercle, Elie Dussaud, entrepreneur de travaux publics, s’était rendu acquéreur de la propriété Olivieri, avec l’intention de la rétrocéder à la collectivité du Cercle et d’assurer la pérennité de l’œuvre. Malheureusement la mort le surprit avant qu’il ait pu réaliser son projet.

Pendant plus de 20 ans, le cercle a été locataire de l’hoirie Elie Dussaud et à plusieurs reprises la question de l’achat a été envisagée, sans que ce souhait puisse se réaliser.

La crise du logement, consécutive à la guerre de 1914-1918, a eu aussi sa répercussion pour le club et aura été le coup de fouet qui fait démarrer l’association. En effet, l’hoirie Dussaud , désirait vendre la propriété. Le club se trouvait donc dans l’alternative, de devenir eux-mêmes les propriétaires ou de disparaître.

La date du 22 octobre 1922 marque le tournant décisif dans la vie du Cercle. L’association Sportive des Boulomanes de Monte-Cristo a été fondée comme Association déclarée, sous le régime de la Loi du 1er juillet 1901. La déclaration à la Préfecture des Bouches-du-Rhône, et insertion au Journal Officiel, indispensables pour habiliter la nouvelle Association à devenir propriétaire de l’enclos, furent menées avec célérité et l’acte d’achat était signé le 7 décembre 1922.


Selon un article de lopinion.fr, le conseil municipal, mais aussi les autorités civiles et militaires, se pressent pour être invités au « grand aïoli » organisé en juin à l’occasion de la fête du Sacré-Cœur.

Une grande croix posée au fond du boulodrome couvert du Cercle, où une messe est célébrée chaque année, rappelle en permanence cet héritage. Chrétien, le Cercle des Boulomanes se porte ainsi garant de certaines traditions.

Son grand aïoli succède à la messe du Vœu des échevins qui, affirme la légende, éradiqua en 1722 l’épidémie de peste qui s’était emparée de Marseille deux ans plus tôt.

Mêlant pouvoir politique, économique et, évidemment, religieux, cette messe donnée à l’église Sacré-Cœur du Prado voit, par tradition séculaire, le président de la Chambre de commerce et d’industrie offrir à l’évêque de Marseille un cierge frappé du blason bleu et blanc de la Ville. Un moment solennel pour la cité phocéenne, qui précède l’heure de détente du grand aïoli.

Abonnement annuel 600 euros, qui s’ajoutent aux 300 euros de droit d’entrée. D’autres activités ont lieu au club, notamment billard et cartes, dont une belote bridgée qui est une variante propre au Cercle. Le cercle offre également un service de bar et de restauration pour les membres et leurs invités.


Joueurs de boules, vers 1840, par Charlet

Quant au jeu de boules il aurait été créé en Gaule. Les boules ont d’abord été en argile, en pierre, puis en bois et enfin en acier, mais, après les « bouleurs » du Moyen Âge, l’âge d’or des boules en tous genres fut certainement la Renaissance où la noblesse s’empare du jeu au même titre que le bilboquet et le jeu de paume (qui deviendra le tennis).

Pour des raisons obscures, le jeu est interdit au peuple en 1629, interdiction peu suivie et rapidement levée. Au XVIIIe siècle le jeu reste très populaire, au point que l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert en fait mention. La Révolution Française en abolissant les privilèges de la noblesse légalisèrent à nouveaux la pratique du jeux pour tous.

En 1850, la première société officielle, « le Clos Jouve », fut fondée dans la région de Lyon puis, en 1906, la Fédération lyonnaise et régionale ouvre la voie en 1933 à la Fédération nationale des boules qui deviendra Fédération française de boules (FFB) en 1942. Bien que regroupant nombre de jeux de boules (« boule des berges », « boule en bois », « jeu provençal »), la FFB fut dominée par le jeu de boule lyonnaise (128 000 joueurs en 1945), jusqu’au début du xxe siècle.

Au xixe siècle, alors que chaque région, ou presque, introduit une variante d’usage, les Méridionaux se passionnent pour la longue ou jeu provençal avec des règles simplifiées, le libre choix du terrain, mais où les tireurs font trois pas de course pour prendre leur élan. C’est ce jeu que Marcel Pagnol décrit dans ses souvenirs d’enfance (Le Temps des amours) et qui fut intégré dans le film Le Château de ma mère.

En 1904, un Alsacien du nom de Félix Rofritsch entreprit la fabrication des premières « boules cloutées » (en bois recouvert d’une carapace de métal, formée de clous) dans son atelier de la rue des Fabres, à Marseille, sous le label de « La Boule Bleue ».

Le jeu provençal donnera naissance en 1907 à la pétanque, lors de la partie historique à La Ciotat où un champion de jeu provençal, Jules Hugues dit « Lenoir », ne pouvant plus jouer à son jeu préféré à cause de ses rhumatismes, s’est mis un jour, à tracer un rond, envoyer le but à 5-6 m, et, les « pieds tanqués », à jouer ses boules pour se rapprocher du cochonnet. Ceci se passait sur le terrain de boules d’un café « La boule étoilée » (terrain baptisé ainsi en clin d’œil aux boules cloutées de l’époque) dont les propriétaires s’appelaient Ernest et Joseph Pitiot. Les deux frères comprirent vite l’intérêt de ce sport, notamment Ernest qui s’appliqua à en finaliser les règles.

Il faudra néanmoins attendre le premier concours officiel à La Ciotat en 1910 pour que le mot soit officialisé. Le terme vient des mots de l’occitan provençal pè « pied » et tanca « pieu », donnant en français régional l’expression « jouer à pétanque » ou encore « pés tanqués », c’est-à-dire avec les pieds ancrés sur le sol, par opposition au jeu provençal où le joueur peut prendre de l’élan.


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