Caserne des Douanes de Marseille et le Combat Militant de Jean Cristofol 56 Boulevard de Strasbourg, 13003 Marseille
3347
Arrondissement : 3ème

Toujours active depuis sa création, c’est en 1861 que le projet de construction d’une caserne des douanes à Marseille se concrétise dans le quartier de la Belle de Mai. Elle a pour but alors de regrouper les 300 agents des brigades de la Joliette. Cette caserne, comme celle du Havre, constitue d’ailleurs l’une des plus importantes acquisitions historiques de la Masse des Douanes (service de logement du personnel de l’administration des douanes) qui participe pour moitié à l’acquisition du site. Le site abrite également la section syndicale des douanes, un bureau baptisé Jean Cristofol en hommage à ce douanier militant de la caserne, devenu député des Bouches-du-Rhône et seul maire communiste de Marseille à ce jour.

Caserne des Douanes de Marseille et le Combat Militant de Jean CristofolLa construction de la caserne est autorisée seulement à partir de 1901 et la caserne est inaugurée en 1903. Elle symbolise à l’époque le confort et la modernité. L’entrée se fait par le boulevard de Strasbourg, desservi par les lignes de tram qui mènent au port de la Joliette.

C’est sur cette artère que se trouvent les services d’administration : bureaux, logements des officiers. Si l’ensemble des bâtiments est sobre, l’entrée principale, avec sa porte d’entrée décorée d’un haut-relief, témoigne d’un certaine recherche architecturale. Le fronton, réalisé par Raymond Sudre, second Grand-Prix de Rome, représente Neptune et Mercure se détachant sur un horizon de mer sillonné de navires.

La surface du terrain étant limitée par rapport aux besoins, les dix-sept bâtiments sont construits en hauteur, organisés autour de cours facilitant l’aération et la luminosité des logements. Certains sont destinés aux familles, d’autres aux célibataires.

Caserne des Douanes de Marseille et le Combat Militant de Jean CristofolQuant à Jean Cristofol c’était un douanier. Il a été révoqué ici même en 1934 pour avoir incité ses collègues à lutter contre les ligues fascistes. Une fois député, il est arrêté, déchu de son mandat et condamné le 3 avril 1940 par le 3e tribunal militaire de Paris à 5 ans de prison, 4 000 francs d’amende et 5 ans de privation de ses droits civiques, civils et de famille pour être pour être resté fidèle à la ligne du Parti communiste et ne pas avoir dénoncé le pacte germano-soviétique.

En 1941, il est incarcéré à la prison d’Alger. Libéré par les alliés en 1943, il participe à la refonte du Parti communiste algérien et au journal Liberté. Le 15 août 1944, en compagnie de De Lattre de Tassigny, il débarque à Saint-Tropez. De retour à Marseille, il prend la tête du Comité régional de Libération et des journaux Rouge Midi, puis La Marseillaise.

Caserne des Douanes de Marseille et le Combat Militant de Jean Cristofol

Jean Cristofol

Nommé conseiller municipal de Marseille en août 1944, il est élu à cette fonction lors des municipales de 1945, puis en octobre de cette même année, à la suite de la démission de Gaston Defferre, il prend la présidence du conseil municipal.

Après la suppression du régime spécial de Marseille, de nouvelles élections municipales se déroulent en décembre 1946 à l’issue desquelles Jean Cristofol est élu maire de la ville, fonction qu’il occupe jusqu’aux élections d’octobre 1947.

Il siège ensuite jusqu’à sa mort dans l’opposition municipale communiste, sous les municipalités de Michel Carlini puis de Gaston Defferre.

De 1946 à 1957, Jean Cristofol est de nouveau député des Bouches-du-Rhône, membre de la Commission du règlement et du suffrage universel et de celle de l’intérieur puis participant aux travaux de la Commission des finances.

Il est à l’origine de la loi du 20 février 1946 supprimant le régime administratif spécial de Marseille et mettant ainsi fin à la tutelle administrative exercée sur la ville.

Atteint d’un cancer du poumon, il décède le 21 novembre 1957 à Villejuif. Seul maire communiste de Marseille, Jean Cristofol y joua un rôle important dans la reconstruction de la ville. Une rue porte son nom dans le quartier de la Belle de Mai, dans le 3e arrondissement, ainsi qu’un stade à L’Estaque.


SOURCES Wikipédia & musee-douanes.fr
PHOTOS Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com & archives casernesdesdouanes.centerblog.net

FICHE A SUIVRE
Avis
Soyez le premier à donner votre avis !
Laisser votre avis
VOTRE NOTE:

Laisser un commentaire

Autres fiches