Les Cahiers du Sud, Cours Jean Ballard 10 Cours Jean Ballard, 13001 Marseille
4686
Arrondissement : 1er

Le Cours Jean Ballard doit son nom au fondateur en janvier 1925 des Cahiers du Sud, établi au n°10 de la rue. Une revue littéraire et poétique, visionnaire pour sa faculté à dénicher et publier des écrivains et intellectuels de talent pour la plupart alors encore inconnus du grand public…une publication créée à l’origine en 1914 par Jean Ballard et Marcel Pagnol et d’anciens camarades du Lycée Thiers sous le nom de « Fortunio« …une revue disparue en 1966 qui va renaître de ses cendres 45 ans plus tard sous le nom de Phoenix ! Le Cours Ballard aussi se remet au goût du jour et va bénéficier de grands travaux de réaménagement démarrés fin février 2019 (plantation d’arbres et traverses piétonnes).

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Jean Ballard dans le grenier des Cahiers du Sud aux alentours de 1970

Jean Ballard né le 13 novembre 1893 à Marseille était un poète, écrivain et éditeur français. Jusqu’en 1947, cet autodidacte qui n’avait pas poussé ses études au-delà de son Baccalauréat au Lycée Thiers, gagnait sa vie en tant que peseur-juré sur le Cours Julien à Marseille, une corporation qui avait pour but de peser et mesurer les marchandises qui circulaient par le Port de Marseille.

À l’automne 1913 un petit groupe de lycéens et anciens du Lycée Thiers de Marseille, animé par le jeune Marcel Pagnol, fonde une revue littéraire intitulée Fortunio (et non « Fantasio » comme on le trouve écrit souvent). Le premier numéro sort le 10 février 1914.

Quelques mois plus tard le déclenchement de la Première Guerre mondiale interrompt la publication. En 1920, Marcel Pagnol relance la revue, avec le concours, notamment de Jean Ballard qui démarche des entreprises marseillaises pour trouver des publicités assurant le difficile équilibre financier de la revue.

Pagnol parti à Paris en 1922, c’est Jean Ballard qui assure désormais la direction de la revue jusqu’en 1966 et qui sous son impulsion assuma de nouveaux défis, changea de nom et puis surtout d’ambition.

Pendant plusieurs décennies, été comme hiver à partir de quatre heures du matin, Jean Ballard passait les premières heures de ses journées parmi les arrivages des marchands de Marseille. Après quoi, il regagnait le quatrième étage du numéro dix du Cours qui porte son nom depuis le milieu des années soixante-dix : il avait transféré en 1923 son bureau dans un grenier des anciens entrepôts de la douane.

Ses journées étaient consacrées aux Cahiers du Sud pour lesquels il devait rédiger quotidiennement un abondant courrier et dont il fallait assurer la vie matérielle. Son épouse Marcou dactylographiait ses lettres, corrigeait les épreuves et expédiait les numéros de la revue aux abonnés.

cahiers-des-suds-10-cours-jean-ballard-13001-marseille-2Entre 1926 et 1929, l’influence d’André Gaillard est déterminante dans l’ouverture au surréalisme de la revue qui publie des textes de Paul Éluard, Robert Desnos, Henri Michaux, Antonin Artaud, Jules Supervielle. Le contact est noué également avec Joël Bousquet et le groupe de Carcassonne.

La revue publie des textes poétiques de jeunes auteurs, dont certains deviendront célèbres, elle consacre des numéros spéciaux au romantisme allemand ou au théâtre élisabéthain, mais elle se veut aussi un lien entre les deux rives de la Méditerranée avec le numéro sur l’Islam et l’Occident, et les collaborations régulières de Louis Brauquier et de Gabriel Audisio, ce dernier contribuant à la diffusion en Afrique du Nord.

Les Cahiers du Sud furent longtemps mensuels, leur publication ne fut presque jamais interrompue, excepté pendant les débuts de la seconde guerre mondiale : après sa démobilisation et dés janvier 1940, en dépit de la pénurie de papier et des contraintes de la censure vichyssoise, Jean Ballard fit reparaître sa revue. Cette dernière avait connu son premier vrai développement à la fin des années 20.

les-cahiers-des-suds-10-cours-jean-ballard-13001-marseille-3Jean Ballard mourut le 18 juin 1973 dans son domicile du 9 de la rue du Bailli de Suffren. Il avait préféré arrêter le cours de sa revue en 1966, quelques mois après que fut célébré le cinquantenaire des Cahiers du Sud.

En Janvier 2014 Jean-Baptiste Jaussaud, entrepreneur marseillais dépose le nom de marque « Les Cahiers du Sud » puis en mars 2015 un nouveau logo. Il se présente comme engagé pour sa ville, le savon de Marseille (il est le président de La Grande Savonnerie et fondateur du Musama) et la défense de la Liberté.

Ancien élève de l’ENA, où il a étudié la gestion des risques, il est également diplômé en Droit, en Economie et en Communication d’Aix-Marseille Université.

Sur son blog il se présente comme « le repreneur de la revue Les Cahiers du Sud fondée par Marcel Pagnol et Jean Ballard ».

Ce sera finalement La revue Phœnix qui se propose de poursuivre et développer un travail entrepris de longue date et qui, sans remonter peut-être jusqu’à l’ancêtre Fortunio, en 1914, prenne en compte ce que furent successivement Les Cahiers du SUD, puis SUD, et enfin Autre SUD.

Accordant sa plus grande part à la poésie, française comme étrangère, la revue Phœnix se donne pour projet de servir la littérature vivante sans exclusive, dans sa vitalité et sa diversité, et souhaite développer de fructueux échanges avec les autres littératures, les autres formes d’expression créatrice. Par-là, elle espère témoigner de la nécessité, pour l’écrivain comme pour le poète, de faire résonner dans son travail les grandes questions que lui pose son temps.


Vidéo de l’INA, 06 décembre 1981


SOURCES Wikipédia & galerie-alain-paire.com & jbjaussaud.fr revuephoenix.com
PHOTOS galerie-alain-paire.com & Google Street View & jbjaussaud.fr & © AMP Métropole / Tangram / so-images

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