63 et 65 de la rue d’Aubagne, l’onde de choc du 5 novembre 2018 63, 65 rue d'Aubagne 13001 Marseille
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Un choc pour toute une ville et une mise en lumière tragique de l’état de vétusté de l’habitat marseillais et de décennie de malversations et de manquements majeurs de la ville et de propriétaires… L’effondrement des immeubles rue d’Aubagne à Marseille se produit le 5 novembre 2018 à 9 h, provoquant la mort de huit personnes, marquant profondément les marseillais et plus particulièrement les habitants du quartier de Noailles.

Les immeubles en 2017

Le n° 63, inoccupé, appartenait depuis 2016 à la société d’économie mixte Marseille Habitat ; le no 65 était une copropriété habitée. Les secours démolissent immédiatement l’immeuble adjacent du n° 67, inoccupé et également fragilisé. La municipalité, débordée par la gestion du drame, évacue dans les mois qui suivent l’accident au moins 4 500 Marseillais habitant dans 578 immeubles dangereux, dont un tiers à proximité de l’accident. La gestion de la crise s’éternise. Un an après l’accident, des centaines de ménages sont toujours relogés dans des hôtels, le Haut Comité au logement parle de crise humanitaire.

Le drame révèle les dysfonctionnements des services de la ville et de la métropole, qui avaient été alertés par des experts à de multiples reprises avant l’effondrement, et la politique d’urbanisme défaillante de la municipalité dont Jean-Claude Gaudin est le maire depuis 1995.

L’association un centre-ville pour tous et le collectif du 5 novembre dénoncent la politique de gentrification du centre-ville. La mairie se défend en rejetant la responsabilité de l’accident sur les fortes pluies qui ont précédé l’accident, l’inertie administrative et les propriétaires privés. Six élus LR sont épinglés pour la location ou la vente de logements insalubres. Une information judiciaire contre X, pour « homicides involontaires » aggravés « par violation manifestement délibérée d’une obligation de prudence ou de sécurité » est confiée trois semaines après le drame à un pôle de trois juges d’instruction. Il reçoivent mi juin 2020 le rapport des experts qu’ils ont chargé d’étudier la structure et l’architecture des immeubles; selon ce rapport, l’effondrement a été déclenché par la rupture d’un poteau supportant le plancher du rez-de-chaussée du n° 65.

Les experts estiment que le drame est la conséquence d’un grand nombre de « manquements majeurs », de la part de la municipalité mais aussi de plusieurs spécialistes informés de l’état des immeubles depuis 2014. Les mises en examen débutent en novembre 2020 avec celle de Marseille Habitat (propriétaire du no 63), de Julien Ruas (proche de Jean-Claude Gaudin et son adjoint en charge du service de gestion et prévention des risques), et du cabinet Liautard (syndic de copropriété en charge du no 65). L’instruction pourrait durer encore de nombreuses années.

Cet accident témoigne de la vétusté de l’habitat marseillais (100 000 marseillais vivent dans des taudis d’après la fondation Abbé Pierre et 13% de l’habitat marseillais est indigne) et de l’inaction de la Mairie.


SOURCES Wikipedia
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