La Samaritaine 2 Quai du Port, 13002 Marseille
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Au départ la Samaritaine était un magasin de lingerie crée en 1860, lors du lancement de la rue Impériale, future rue de la République. Marseille est à ce moment en pleine expansion économique.

rue-de-la-republique-marseille-2Dès 1840, Marseille lance un programme de grands travaux sans précédent dans l’histoire de la ville, avec l’aide financière de Napoléon III, du banquier parisien Pereire et d’hommes d’affaires marseillais. Ils décident notamment de créer une très grande artère, bordée de superbes immeubles de style Haussmannien, aujourd’hui la rue de la République, à l’origine rue Impériale.

L’idée était de relier l’ancien port (le Vieux Port) au nouveau port de commerce qui venait d’être lancé à La Joliette.

Les travaux furent titanesques, il fallut creuser dans la colline qui existait à l’époque pour ouvrir cette rue. Cela nécessita la destruction de 935 maisons et la disparition partielle ou totale de 61 rues.

Elle fut inaugurée en 1864. De nombreux commerces vinrent s’installer, dont un grand magasin de lingerie, La Samaritaine.


la-samaritaine-marseille-5En 1910, 3 associés rachètent le grand magasin de lingerie victime de la crise et le transforment en une brasserie. Parmi ces 3 associés il y a un jeune immigré du Piemont, Monsieur Zutta.

Arrivé à l’age de 16 ans à Marseille pour y travailler, fuyant la misère de son pays, comme beaucoup d’Italiens de sa génération, le jeune homme à la constitution pourtant fragile, fera tous les métiers, même les plus durs.

Il portera des sacs de farine de plus de 100 kg dans les minoteries, travaillera dans les huileries si nombreuses à l’époque à Marseille, et sera également docker sur le Port. Petit à petit, il investira ses économies dans des modestes cafés à Menpenti, le quartier de Marseille où sont installés les immigrés italiens.

Et enfin en 1910, il pourra acheter La Samaritaine, dont il deviendra l’unique propriétaire en 1927. Sa femme et sa belle soeur y travailleront puis son fils, Pierre, qui donnera un coup de main le soir et le week-end, dès l’âge de 7 ans.

Pierre Zutta prendra la suite de son père à la barre de la Samaritaine, et s’illustrera dans l’action syndicale, comme Président des cafetiers marseillais. Aux cotés de Paul Ricard, il luttera pendant des années pour que la vente de pastis soit autorisée, elle avait été interdite par le gouvernement de Pétain sous Vichy, mais maintenue à la fin de la guerre. En 1951, ils obtiendront gain de cause. Cela fera la fortune de Paul Ricard.


la-samaritaine-marseilleA la mort de Pierre Zutta en 1961, son fils Ernest Zutta, alors agé de 18 ans et étudiant en pharmacie prendra sa suite, et continuera à marcher sur les pas de son père et de son grand-père.

Il sera également très actif dans l’action syndicale au sein de sa profession et organisera de nombreux événements à La Samaritaine : Cafés littéraires, cafés philo, jazz, expos peintures… passionné par l’art, la brasserie du Vieux-Port verra défiler de nombreux artistes.

En 1945, les occupants allemands sont acculés dans Marseille. Tous les jours, des combats font rage dans la ville entre les résistants marseillais et l’armée du III ème Reich. Le Panier est un de ces foyers de résistance, les allemands finiront d’ailleurs par le dynamiter avant de quitter la ville. Depuis les hauteurs de Notre Dame de La Garde, les allemands bombardent régulièrement les alentours du Vieux-port.

Et un jour de 1945, un obus incendiaire explose juste à côté de La Samaritaine, au 4 quai du Port, un incendie se déclenche, se propage et en quelques heures la brasserie est totalement détruite. La Samaritaine sera totalement reconstruite mais restera fermée pendant près de deux ans. Elle ne réouvrira qu’en 1948.


Dans la première moitié du XXème siècle, Marseille est la capitale des armateurs

la-samaritaine-marseille-4De très nombreuses compagnies se créent et prospèrent autour du Vieux-Port, notamment rue de la République. Compagnie Charles Le Borgne, Paquet, CGM, Freyssinet… tous ces grands noms de l’armement marseillais ont élu domicile autour de la Samaritaine. Et tous leurs employés fréquentent la brasserie, armateurs, capitaines, mais aussi simples employés ou marins, tout le monde vient et se cotoie à La Samaritaine.

Si ces grandes compagnies ont malheureusement presque toutes disparues de Marseille dans les années 60, après l’indépendance de l’Algérie, les transports avec l’Afrique étant quasiment stoppés, la brasserie a su conserver cette tradition de « melting pot ».

A l’image de marseille, La Samaritaine c’est le mélange des nationalités et des classes sociales, tout le monde vient à la Sama, c’est sans doute aussi ce qui fait son charme.


L’origine du nom

Dans la bible, la Samaritaine est cette femme d’une région appelée la Samarie, qui rencontra Jésus près d’une source et lui donna à boire, alors que pourtant les samaritains rejetaient les juifs. D’où l’expression « être un bon samaritain ». La samaritaine fait donc toujours référence à une source d’eau. A Paris , à l’emplacement du grand magasin, il existait une « pompe à eau » dont l’existence remonte à Henri IV.

Même chose à Marseille, où le magasin de lingerie s’était ouvert près d’une source, il existait même à l’époque une grande fontaine, d’ou l’origine du nom La Samaritaine. En 1910, quand le grand magasin s’est transformé en brasserie, les nouveaux propriétaires ont conservé le nom, et ils ont bien fait.


Brasserie
Ouvert toute l’année (sauf le jour de Noel)
Bar : 06:00 – 21:00
Petite Brasserie : toute la journée
Brasserie : 12:00 – 15:00

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SOURCES www.ruedelarepublique.fr
PHOTOS www.la-samaritaine-marseille.fr & Google Maps & Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com

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