Bassin de Carénage Bassin de Carénage, 13007 Marseille
2699
Arrondissement : 7ème

Depuis l’Antiquité, à Marseille, comme dans tous les ports, on construit des bateaux que l’on doit entretenir. Ces activités de construction et de réparation navales se situent, au Moyen Age, au bas de l’actuelle Canebière, espace qu’on appelle alors le plan FourmiguierAvec l’Arsenal des Galères imposé par Louis XIV, l’activité de construction et de réparation est repoussée sur le quai de Rive-Neuve.

Au début du XIXe siècle, Les chantiers de Marseille et de La Ciotat sont les principaux du département. On y construit des navires de toute grandeur jusqu’à des frégates inclusivement. Les radoubs, doublages et gréements y sont l’objet d’un travail également important.

Pour l’année 1825, cinq navires sont construits à Marseille et 101 radoubés : 57 français et 44 étrangers. Le secteur occupe 1550 ouvriers et cette observation laconique est portée en marge d’un tableau : « Chantiers constamment occupés« ; ils n’ont pu suffire.

On a construit à La Ciotat, Toulon, La Seyne et Saint-Tropez, pour compte marseillais, 18 à 20 navires de 100 à 400 tonneaux. En 1826, ils sont 2200 ouvriers qui construisent 13 navires et en réparent 176.

Déjà, le plan Fourmiguier rassemblait autour de lui toutes sortes de métiers : scieurs de bois, perceurs, chevilleurs et mâteurs, calfats, cordiers, voiliers et poulieurs, sans parler des corps de taillandiers, fondeurs, fabricants d’ancres.

Le maître corps, réorganisé par Louis XIV, était celui des charpentiers de marine qu’on appelait à Marseille « maîtres d’hache ». Ses maîtres étaient réputés pour leur habileté. Ils avaient, venant d’une vieille pratique, des tours de main à eux, possédaient des secrets.

bassin-de-carenage-vieux-port-de-marseille

Le Bassin du Carénage avant 1943

Des calfats dépendait la sécurité des navires en mer. Les compagnons du corps besognaient à l’angle du port, devant les Augustins, suspendus aux bordages ou debout au ras de l’eau sur des radeaux flottants. A grands coups d’un gros maillet de bois cerclé de fer, ils repoussaient l’étoupe insinuée au ciseau dans les joints de la coque.

Pour remettre en état les fonds, ils couchaient le bateau sur le quai et, avec de longues torches garnies de sarments de vigne et de bois sec, ils brusquaient les carènes à la flamme pour fondre le vieux brai. Sur le quai ou sur de vieux rafiots appelés pégoulières, ils préparaient avec un mélange de suif, de goudron, de résine, un brai nouveau qu’on coulait sur les deux parois de la coque.

Du chantier résonnant du tonnerre des marteaux s’élevaient des colonnes de fumée jaune et âcre. Des flammèches qui s’envolaient en brasillant achevaient de donner à ce coin du port l’aspect d’un antre diabolique.

Pour restaurer une coque – ou carène – on doit l’extraire de l’eau. Une petite embarcation est émergée sans problème, une plus grande doit être abattue en carène, c’est-à-dire couchée sur un flanc, à l’aide de palans. Le bateau sera ensuite renversé de l’autre côté. Cette opération a, en outre, le mérite d’écarter les joints de bordé.

La première étape est le bruscage de la coque. Le nettoyage, au moyen d’un bouquet de branches de buissons ou de rameaux enflammés, tire son nom du mot occitan brusc (la bruyère). L’utilisation de bouquets de bruyère a donné le verbe brusquer, de l’occitan bruscar, nettoyer à la flamme. Ce verbe s’utilise également dans le sud de la France pour une volaille après l’avoir plumée : on brusque un poulet.


De nouveaux travaux débutent en 1829

Lors du percement du tunnel du vieux-port en 1965 (pakhomoff.net)

Une fois la coque débarrassée des végétaux et coquillages qui y adhéraient, on retire l’ancien calfatage au bec de corbin pour refaire l’étanchéité. Dans l’interstice entre les planches comblé par de l’étoupe, on coule de la poix, la pega (prononcer : pègue), obtenue à partir de la pegola (pr : pégoule) la résine de pin. La poix s’obtenant par distillation dans un fourneau ou four, la pegoliera (pr : pégoulière). La distillation se faisait directement dans les collines où l’on prélevait la résine de pin.

Cette opération de bruscage, comme les brasiers allumés en plein air pour liquéfier la poix, en bord de quai ou sur un radeau et par tous les temps, représentaient une menace permanente dans des ports saturés de navires.Partout, l’entretien des carènes était un danger d’incendie permanent pour des bateaux en bois, accolés les uns aux autres.

Lorsque le feu se déclarait sur un bateau, il s’étendait non seulement aux autres mais également aux maisons situées à seulement quelques mètres.

Au XIXe siècle, avec l’accroissement des relations commerciales et l’augmentation du tonnage des navires, le Vieux-Port devient trop petit et on cherche à lui créer des annexes.

On décide de creuser un bassin mitoyen au port dans lequel seront pratiquées les activités dangereuses du carénage. Les travaux débutent en 1829 : on creuse la roche en-dessous de l’abbaye Saint-Victor pour créer un bassin qui sera achevé en 1840.

bassin-de-carenage-vieux-port-de-marseille-2Au pied de Saint-Victor , un bassin de radoub présente aux vaisseaux malades son hôpital en plein vent. Ils sont là, couchés sur le flanc, offrant aux regards des plaies béantes que l’on recoud, des déchirures de cuivre que l’on ferme, des affections du derme que l’on panse. Un joyeux bruit de marteau monte toute la journée vers la vieille basilique ; parfois, un convalescent redresse avec lenteur ses mâts inclinés ».

Pour la première fois, les activités de construction et de restauration des navires sont séparées. Le nouveau bassin est appelé bassin de Carénage. C’est le premier lieu, à Marseille, spécialisé dans la réparation navale.

Le projet du Parc du Glacis, abandonné en 2015 devait entièrement recouvrir le Bassin du Carénage d’une colline de verdure.


SOURCES lamarseillaise.fr & Wikipédia
PHOTOS Archives & Dominique Milherou Tourisme-Marseille.com

FICHE A SUIVRE
Dominique Milherou
Avis
Soyez le premier à donner votre avis !
Laisser votre avis
VOTRE NOTE:

Laisser un commentaire

Autres fiches