Prison Départementale Chave, un siècle d’histoire Rue George, 13005 Marseille
6277
Arrondissement : 5ème

La prison Chave était un ancien établissement pénitentiaire marseillais construit en 1852, à l’angle du boulevard Chave et de la rue George, dans le 5e Arrondissement, sur l’emplacement d’anciens terrains vendus au département par les familles Rousell-Dorin, Ferrari et Jeanbernet. La prison départementale de Marseille existera un siècle de 1857 à 1958, année de sa destruction.

Vue aérienne de la prison en 1953, cl. Raymond Delvert

Les travaux ont débuté en 1852, menés par les architectes Barrel et Martin. La prison qui ouvrit ses portes en 1857 était entourée par un mur d’enceinte de 105 mètres de côté.

Au centre de la prison s’élevait une chapelle autour de laquelle se trouvaient quatre corps de bâtiments formant une croix de Saint André desservant les 144 cellules équipées d’un lit en fer, une table et une chaise.

Les exécutions avaient lieu près de la prison, place Sébastopol, puis la guillotine, fut installée à compter de 1912 devant l’entrée de la prison. Le premier détenu à être exécuté devant la prison fut le satyre Rosa.

Cinq autres condamnés subiront leur peine au même endroit. La dernière exécution eut lieu le 30 avril 1934. Par la suite, les Baumettes eurent ce triste privilège.

Ainsi, de 1857 à 1936, la prison Chave est une maison de correction et une prison cellulaire séparant ainsi les détenus le jour comme la nuit.

La Prison Chave est utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale pour incarcérer des Juifs et des résistants.

Ces derniers s’organisent et fabriquent, à l’intérieur même de la prison, un petit journal patriotique manuscrit, L’Aube de la Liberté. Plusieurs évasions permettent à certains d’entre eux de retrouver la liberté.

Quelques-unes concernent des individus comme Jean Gemälhing, responsable du service de renseignements de Combat, puis des Mouvements unis de Résistance (MUR), qui s’enfuit le 11 février 1943.

D’autres sont collectives comme celle organisée, dans la nuit du 22 au 23 mars 1944, par les Groupes-francs des MUR.

Douze résistants qui ont franchi les murs d’enceinte peuvent alors reprendre le combat

En 1958, la prison a été démolie. Aujourd’hui, on peut voir à cet emplacement une école primaire et les bâtiments de la Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail. La mémoire des lieux est symbolisée par une plaque retraçant l’histoire la prison.


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  • Guérin-Houssement Christiane dit : Signaler ce commentaireDétails
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    29 septembre 2017 aà 16:38

    Mon grand père Louis Scotto di Perta a été enfermé dans cette prison Chave dés décembre 1943 aprés avoir été dénoncé parce qu'il écoutait "Radio Londres". Il a été ensuite livré en avril 1944 aux nazis puis convoyé à Compiègne et déporté à Mauthausen-Gusen d'où il n'est jamais revenu. Il avait été blessé (perte d'un oeil) à la guerre de 14-18.

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