Ancienne Carrière Pierre Honoré et la Trouée de Vauban Rue du Bois Sacré, 13006 Marseille
998
Arrondissement : 6ème

En 1905 Pierre Honoré lance l’exploitation d’une carrière dans la roche de Notre Dame de la Garde. Au fur et à mesure des années la colline est grignotée, quasiment menacée de disparition, suscitant la colère de marseillais et d’associations demandant l’arrêt immédiat de « cette oeuvre abominable ». Un message entendu le 25 novembre 1919 avec la parution du décret du Président de la République déclarant d’utilité publique la conservation de la colline…mais les carrières perdureront encore 30 ans jusqu’à leurs fermeture et la percée de la trouée de Vauban et l’établissement de la rue du Bois Sacré.

Ancienne Carrière Pierre Honoré et la trouée de Vauban, MarseilleCertains historiens prétendent que se trouvait, en ce lieu, la forêt sacrée des ligures que Jules César n’a pas hésité à détruire pour se procurer du bois en 49 avant notre ère.

Un lieu emblématique sur laquelle la présence d’une carrière lancée officiellement le 26 novembre 1915 (mais exploitée depuis déjà 10 ans) a le don d’irriter nombre de marseillais. Le 18 juillet 1915, Odysse Richemont, auteur du livre « La légende dorée de Notre-Dame de la Garde » adresse ainsi une lettre au maire de Marseille de l’époque, Eugène Pierre :

« Vous savez quelle oeuvre abominable s’accomplit…Vous avez vu ces chantiers collés aux flancs de la colline comme d’affreuses plaies, ces carrières qui la rongent sur quatre fronts : la mine et le pic s’acharnent avec rage contre la colline bien aimée… la colline est en danger… Monsieur le Maire, arrêtez le bras des vandales ! « .

Ancienne Carrière Pierre Honoré et la trouée de Vauban, Marseille

Un mois plus tard c’est le poète marseillais Xavier Maunier qui écrira « Non, il ne faut pas qu’on s’incline devant ces criminels assauts et qu’on regarde la colline s’en aller en petits morceaux !…Notre colline bien aimée. Pouvons-nous songer que bientôt elle peut-être supprimée toute entière à coups de marteau !… »

Les voix se multiplient réclamant la fermeture des carrières comme celles d’associations telle que la Société forestière provençale « Le Chêne« , qui, avec les services municipaux, s’est donnée la tâche de reboiser la colline et a déjà planté des arbres de différentes essences, principalement des pins.

Ces efforts aboutissent, puisque le 25 novembre 1919 paraissait le décret du Président de la République déclarant d’utilité publique la conservation de la colline Notre Dame de la Garde. Ce qui devait mettre fin à l’exploitation de la roche de la colline.

Ancienne Carrière Pierre Honoré et la trouée de Vauban, Marseille

Le 15 janvier 1920, l’ensemble du domaine est classé par le ministre des Beaux-Arts parmi « les sites naturels de caractère artistique« . Si l’on n’avait pas cessé l’exploration de ces carrières, le fort de Notre-Dame de la Garde aurait pu selon le site desinroc.free.fr « se retrouver un jour juché sur une petite plate-forme triangulaire reposant sur un gigantesque pilier de rocher et entouré d’à-pic« .

L’exploitation continuera cependant encore jusqu’à la fin des années 50 ! Pendant la deuxième guerre mondiale sur ordre de la Défense Passive, la Direction de la Carrière Honoré creusa dans la roche un abri à double accès. Cet abri contenait une cinquantaine de personnes, l’oeil de bœuf que l’on distingue permettait son aération. Après la guerre, il fut utilisé pour abriter un compresseur facilitant la perforation mécanique de la roche.

Les carrières du Bd Notre-Dame, du Bd Tellene et la carrière de la rue Point à Pitre sont finalement ouvertes pour permettre la liaison, par la future voie dite du « Bois Sacré », du quartier Vauban et du Roucas Blanc. Ces carrières seront abandonnées au fur et à mesure à la fin des années 50.



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