9 Bd Montricher, Art Nouveau et le Préfet Alexandre Labadié 9 Bd Montricher, 13001 Marseille
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9 Bd Montricher, Art Nouveau et le Préfet Alexandre Labadié
Arrondissement : 1er

Face au Palais Longchamp, le très bel immeuble du 9 boulevard Montricher détonne par son style Art Nouveau, ses bow-windows et ses balcons orientalistes. C’est ici que vivait la famille Labadié. Un de ses membres, Alexandre, négociant en draps, a été quelques semaines préfet des Bouches du Rhône, président du conseil général de 1871 à 1874 et dirigeant du journal marseillais La vraie République.


9 Bd Montricher, Art Nouveau et Alexandre Labadié, MarseilleL’immeuble relié par un pan en angle au 129 Rue Jean de Bernardy est un très intéressant exemple de construction en structure bois particulièrement travaillée. Une façade qui allie vitrail, boiserie, brique, pierre et fer forgé. Son architecture est de style Art nouveau ou style nouille, un mouvement artistique de la fin du xixe et du début du xxe siècle qui s’appuyait sur l’esthétique des lignes courbes. L’immeuble côtoie une série de bâtisses quant à elles de style Art Déco, le n°11, le n°13 de 1931 signé de l’architecte Édouard Rambert, le n°21 du début 1900 et enfin le n°36.

Le résidant le plus célèbre du n°9 était Alexandre Labadié, né le 12 avril 1814 à Lézignan-Corbières dans l’Aude et décédé le 2 janvier 1892 à Marseille. Le frère aîné de Osmin Labadié, également homme politique, s’établit vers l’âge de 20 ans négociant en draps à Marseille.

Républicain opposé au gouvernement impérial, il devient membre de la commission municipale de Marseille dès 1848 puis conseiller municipal en 1865.

9 Bd Montricher, Art Nouveau et Alexandre Labadié, MarseilleEn 1870, il participe activement à la campagne contre le plébiscite de Napoléon III. Après la défaite de Sedan et la constitution du gouvernement de la Défense nationale le 4 septembre 1870, il exerce quelques semaines les fonctions de préfet des Bouches-du-Rhône et s’en démet le 24 septembre.

Il dirige alors un journal avec Henri Fouquier, La Vraie République (qui ne paraîtra que 17 fois en novembre 1870) et entre en 1871 au Conseil général des Bouches-du-Rhône dont il est élu président. Ses positions politiques l’amenèrent à avoir des démêlés avec les préfets du département dont Jacques de Tracy en 1874. Le conflit avec ce dernier s’envenime au point de donner lieu à un échange épistolaire très vif entre Alexandre Labadié et le duc de Broglie alors ministre de l’Intérieur.

Battu en novembre 1874 aux municipales avec la liste de républicains qu’il conduisait, il démissionne de son mandat de conseiller général. Poursuivi puis condamné au civil pour avoir fait arrêter l’ancien commissaire central de Marseille (lequel s’était suicidé en prison) durant son exercice de préfet, il se porte candidat aux sénatoriales du 30 janvier 1876 et y échoue.

Ensuite candidat aux législatives il est élu le 20 février suivant sous l’étiquette de la gauche républicaine. Le 18 mai 1877, il fait partie des 363 parlementaires qui votent la motion de censure contre le duc de Broglie.

Après la dissolution du parlement par Mac Mahon les nouvelles élections sont une victoire pour la gauche et il retrouve son siège. Très vivement combattue par le parti radical sa nouvelle candidature à la députation échoue lors des élections du 21 août 1881.  



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